‹ Œuvres choisies du roi RenéChapitre 130 sur 155 · II. Le même ouvrage · texte numérisé non relu

II. Le même ouvrage

Vol. in-f magno, écrit sur soixante-huit feuillets de vélin, avec de très belles miniatures , vers la fin du XVe siècle.

Il fut également exécuté par l’ordre de Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse , qui le réservoit pour sa collection particulière. Mais quand il cessa de lui appartenir, on ajouta une imitation de la miniature de présentation, qui ornoit l’exemplaire présenté à Charles VIII. Puis, sur la ire page du texte, on ajouta l’écu de France

Une lettre, également ajoutée sur la seconde feuille de garde et adressée , en 1616, par Hector Le Breton , sieur de la Doyneterie, et roy d’armes de France, à son fils , qui avoit alors la survivance de sa charge de roy d’armes , nous apprend que le dit Hector l’avoit, peu de temps auparavant, « acquis d’un ancien person- » nage aussi curieux que sçavant.... » « Je m’en suis accommodé à prix d’argent. » Et d’aultant plus volontiers me suis-je porté à cette honneste despense qu’après » avoir soigneusement observé l’inclination du Roy nostre maistre... j’ay cru qu’il » pourroict arriver un jour que sa Majesté croissant en aage et se sentant animée » et de Mars et de l’Amour, aultant pour le contentement des Dames que pour le » sien particulier, vouldroit par bienséance, sinon se présenter en personne au )> milieu d’un Tournoy, du moins le permettre à quelques princes, seigneurs et » gentilhommes de sa court.... »

Le volume passa ensuite à un certain M. d’Omonville , peut-être faux nom de Gaignières, qui, cédant aux offres réitérées de la Bibliothèque royale, nous le vendit enfin, le 9.9 avril 1707, pour la somme de i5o francs, et par l’entremise de M. Le Hay. C’est ce que M. Van-Praet n’avoit pas suffisamment éclairci dans la notice qu’il a donnée de cet exemplaire (Bibl. delaGruthuyse, p. 3i8.) Gaignières, auquel il avoit certainement appartenu, après Le Breton, avoit ajouté un nouveau dos à la précédente reliure faite en maroquin rouge , pour Hector Le Breton , et ornée des armes de ce dernier.

On trouve dans ce manuscrit la reproduction du texte et des ornemens du manuscrit précédent.

III. Volume in-/° magno de 102 feuillets, écrits ou peints sur papier. Relié en maroquin rouge , à labyrinthes sur le dos. Provenant de la bibliothèque de Jean-Baptiste Colbert, dans laquelle il portoit le n° d’ordre 34- Écriture du XVIIe siècle.

Voici le titre : « Portraicts du Tournoi de monseigneur de la Gruthuse appe- » lant, et de monseigneur de Ghistelle defïfendant, 1392. — L’ordre et la manière » comment les Tournois doivent estre faicts et conduis par Mre René d’Anjou, roy » de Sicile, duc de Lorraine. » Ce titre est dans un encadrement doré, formé de deux pilastres réunis par un ceintre, au-dessous duquel est peint l’écu de France. Vers la partie supérieure des deux pilastres sont les deux écus de Bretagne et de Bourbon.

Ce volume reproduit le texte et les ornemens du n° 835 1 , mais il offre pourtant, sous ce dernier rapport, des particularités précieuses. On savoit jusqu’à présent que le célèbre Peiresc avoit eu le projet, dans les premières années du XVII0 siècle, de publier une édition de l’ouvrage du roi René ; la mort l’avoit surpris au moment où ce projet commençoit à se réaliser. Ainsi il avoit déjà fait graver un certain nombre des miniatures originales, et ces gravures, devenues extrêmement rares, sont pourtant conservées par la Bibliothèque du Roi, et dans les livres imprimés , et dans le cabinet des Estampes. Un troisième exemplaire est renfermé dans ce n° 835 1 . 2. 2. , mais colorié et gouaché avec le plus grand soin : ce qui le rend le plus précieux de tous.

Ces planches, gravées et coloriées, se rapportent aux miniatures 7e, 10e, 11e, 21e, a5e, 3oe, 3ie et 32e. (Voy. la description précédente du n* 835i.) Les autres peintures sont dessinées à la main , et le modèle des gravures aussi bien que des miniatures semble avoir été le n® 835 1 , ou le n° 835 1 . 2.

IV. Ce manuscrit semble contemporain du roi René. Il portoit à la fin une si-

ex

gnature autographe que l’on a complètement radiée; et nos anciens inventaires ne nous apprennent rien sur son origine et sur l’époque de son entrée dans la Bibliothèque du Roi.

Ce volume passe généralement pour être l’original même du Roi René. M. Champollion, dans la belle et savante reproduction qu’il en a faite, cherche à fortifier cette opinion , que nous regrettons cependant de ne pouvoir partager. Les ratures que l’on allègue, dans le texte écrit, semblent prouver, au contraire, que c’est un copiste vulgaire auquel on le doit, les corrections se rapportent à des mots oubliés ou mal lus, et dans tous les cas, ni les ratures, ni l’écriture courante ne rappellent la main du roi René. Les dix lignes autographes, conservées dans le n° ao3, du fonds Notre-Dame (Bibliothèque du Roi) ne peuvent laisser, sur ce point, aucun doute.

Quoiqu’il en soit, au v° de la troisième feuille de garde, on lit d’une main du XVII® siècle : « Ce présent livre a esté dicté par le Roy René de Sicille et painct de » sa propre main. »

Le papier porte deux marques; le monogramme du Christ dans un rond; ou bien un écu coupé par un chevron , avec deux étoiles en chef et une feuille de trèfle en pointe. La reliure, en maroquin noir, semble remonter au commencement du XVIIe siècle.

Ce volume ne contient que le traité du Roi René, sans la moindre mention des additions postérieures du seigneur de la Gruthuyse. En conséquence la ire miniature répond à la 7e du n* 835 1. En comptant les feuilles blanches interposées, le volume contient 109 feuillets. Il faut avouer que les dessins offrent un air d’originalité que nont pas les autres volumes.

V. Exemplaire sur papier, d’une fort bonne écriture, avec des dessins corrects, mais coloriés plus rapidement que ceux du volume précédent. Il ne contient que le traité du roi René, et provient de la bibliothèque de Gaston , duc d’Orléans, frère de Louis XIII. Au bas de la 59e et dernière feuille, on voit la signature autographe de l’un des plus anciens propriétaires : R. de Salmore. — La reliure est en veau fauve au chiffre couronné G. Pau lu* Paris.

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