TOME II
« Duquel Toumoy sont chiefs très haulx et très puissans princes et mes très redoubtez seigneurs le duc de Bretaigne pour appellant et le duc de Bourbon pour defFendant;
« Et pour ce fait-on de rechièf assavoir à tous princes, seigneurs, barons, chevaliers et escuiers des marches dessus-dites, et autres de quelsconqnes nations qu’ils soient, non bannis ou ennemys du Roy, nostre dit seigneur, qui auront vouloir et désir de tournoyer pour acquérir honneur, qu’ils portent des petis escussons que cy présentement donneray, ad ce qu’on congnoisse qu’ils sont des tournoyeurs. Et pour ce en demande qui en vouldra avoir; lesquels escussons sont escartelez des armes desdits quatre chevaliers et escuiers juges diseurs dudit Toumoy.
« Et audit Toumoy y aura de nobles et riches prix par les dames et damoiselles donnez.
« Oultre plus, je anonce à entre vous tous princes, seigneurs, barons, chevaliers et escuiers qui avez entencion de tournoyer, que vous estes tenus vous rendre ès haberges le iiije jour davant le jour dudit Tournoy, pour faire de vos blazons fenestres, sur peine de non estre receus audit Toumoy; et cecy vous fois-je assavoir de par messeigneurs les juges diseurs, et me pardonnez s’il vous plaist. »
Icy après s’ensuit la façon et manière dont doivent estre les harnoys de teste, de corps et de bras, timbres et lambequins que on appelle , en Flandres et en Brabant et en ses haulx pays où les toumoys se usent communément, hacheures ou hachemens, cottes d’armes, selles, houes et housseures de chevaulx, masses et espées pour tournoyer.
Et pour mieulx le vous déclarer, icy dessoubs sera figuré l’une pièce après l’autre ainsi qu’ elles doyvent estre.
C’est assavoir, tout premièrement le timbre doibt estre sur une pièce de
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(Bibliothèque royale)
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cuir boully, laquelle doibt estre bien faultrée d’ung doy d’espez, ou plus par le dedens; et doibt contenir ladite pièce de cuir tout le sommet du heaulme, et sera couverte ladite pièce du lambequin, armoyé des armes de cellui qui le portera. Et sur ledit lambequin au plus hault du sommet sera assis ledit timbre, et autour d’icellui aura ung tortis des couleurs que vouldra ledit tournoyeur, du gros du bras ou plus qu moins à son plaisir.
Item, le heaulme est en façon d’ung bacinet ou d’une cappeline, réservé que la visière est autrement, ainsi que cy dessoubs est paint. Et pour mieulx faire entendre la manière du timbre, du cuir bouilly et du heaulme, ils seront cy dessoubs pourtrais en troys façons.
Icy après s’ensuit la façon et manière du bacinet du cuir boully et du timbre.
Item, le harnoys de corps est corne une cuirasse ou comme ung harnoys à pié qu’on appelle tonnellet. Et aussi peult-on bien tournoyer en brigandines qui vueult; mais en quelque façon de harnoys de corps que on vueille tournoyer, est de nécessité sur toute rieus, que ledit harnoys soit si large et si ample que on puisse vestir et mettre dessoubz ung porpoint ou courset; et fault que te porpoint soit faultré de troys dois d’espez sur les espaules, et au long des bras jusques au col, et sur le dos aussi, pourceque les coups des masses et des espées descendent plus voulentiers ès endrois dessus dis que en autres lieux. Et pour veoir la principalle et meilleure façon pour tournoyer, sera figuré cy dessoubs une cuirasse pertuisée en la meilleure et plus propre façon et manière quelle peut estre pour ledit Toumoy.
Icy après est pourtraicte la manière et la façon de la cuirasse et ta forme des armeures de bras propres pour tournoyer.
C’est assavoir, gardebras, avantbras et gantelez; lesquels avantbras et
gardebras fait en voulentés tenans ensemble , et y en a de deux façons : dont les ungs sont de harnoys blanc et les autres de cuir boully, lesquelles deux façons tant de hamoys blanc que aussi de cuir boully sont paintes cy dessoubs
Icy après s’ensuit la forme et manière des gardebras et avantbras tant de harnoys blanc que de cuir boully.
La forme et façon des gantelez est telle que on peult veoir cy dessoubs en figure.
Icy après est pourtraicte la façon et la manière des gantelez
Item, l’espée rabatue doibt estre en la forme et manière cy après painte, et semblablement la masse.
Icy après est pourtraicte la façon et la manière de l’espée et de la masse.
De la mesure et façon des espées et des masses, n’y a pas trop à dire , fors que de la largeur et longueur de la lumelle; car elle doibt estre large de quatre dois, à ce qu’elle ne puisse passer par la veue du heaulme, et doibt avoir les deux tranchans larges d’un doy d’espez. Et alfin qu’elle ne soit pas trop pesante, elle doibt estre fort vuidée par le meilleu et mosse devant et toute d’une venue se bien pou non depuis la croisée jusques au bout, et doibt estre la croisée si courte quelle puisse seulement garentir ung coup qui, par cas d’aventure descendroit ou viendroit glissant le long de l’espée jusques sur les doiz , et toute doibt estre aussi longue que le bras avec la main de celluy qui la porte, et la masse par semblable. Et doibt avoir ladite masse une petite rondelle bien clouée devant la main pour icelle garentir. Et peult-on, qui veult, atacher son espée ou sa masse à une déliée chaesne, tresse ou cordon autour du bras, ou à sa sainture, à ce que se elles eschappoient de la main on les peust recouvrer sans clieoir à terre.
Au regard de la façon des pommeaulx des espées, cela est à plaisir; et la grosseur des masses, et la pesanteur des espées doyvent estre revisitées par les juges la vigille du jour du Tournoy, lesquelles masses doivent estre signées d’ung fer chault par lesdicts juges, à ce quelles ne soient point d’oultrageuse pesanteur ne longueur aussi.
Le harnoys de jambes est ainsi et de semblable façon comme on le porte en la guerre, sans autre différance, fors que les plus petites gardes sont les meilleures, et les sollerez y sont très bons contre la poincte des espérons.
Les plus cours espérons sont plus convenables que les longs, à ce que on ne les puisse arracher ou destordre hors les pieds en la presse.
La cotte d’armes doibt estre faicte ne plus ne moins comme celle d’ung hérault, réservé qu’elle doibt estre sans ploicts par le corps , affin que on congnoisse mieulx de quoy sont les armes.
En Brabant, Flandres et Haynault, et en ces pays-là vers les Almaignes, ont acoustumé d’eulx armer de la personne autrement au Tournoy; car ils prennent ung demy pourpoint de deux toilles, sans plus, du faulx du corps en bas, et l’autre sur le ventre; et puis sur cela mettent unes bracières, grosses de quatre dois d’espez et remplies de couton; sur quoy ils arment les avantbras et les gardebras de cuir boully, sur lequel cuir boully y a de menuz bastons cinq ou six, de la grosseur d’ung doy, et collez dessus, qui vont tout au long du bras jusques aux jointes. Et quant pour l’espaule et pour le coulde, sont fais les gardebras et avantbras de cuir boully comme cy devant est devisé , fors qu’ils sont de plus lorde et grosse façon; et sont dedans bien faultrez, et de l’un en l’autre est une toille double cousue qui les tient ensemble comme une manche de mailles : Puis ont une bien légière brigantine dont la poitrine est pertuisée comme cy dessus est devisé. Et quant à leurs armeures de teste , ont ung grant bacinet à camail sans visière, lequel ils atachent par le camail dessus la brigandine tout autour, à la poictrine , et sur les espaules à fortes agueil-
letes ; et pardessus tout cela mettent ung grant heaulme fait d’une venue, lequel heaulme est voulentiers de cuir boully et pertuisé dessus, à la largeur d’ung tranchoires de bois, et la veue en est barrée de fer de trois dois en troys dois, lequel est seulement atachié devant à une chaesne qui tient à la poictrine de la brigandine , en façon que on le peult gester sur l’arczon de la selle pour soy refréchir, et le reprandre quant on veult. Et pendant que on a ledit heaulme hors de la teste , nul ne ose frapper jusques ad ce que on l’ait remis en la teste; sur lequel heaulme on mett le lambequin des armes, la rorte ou torteis de la devise, et le timbre des armes du toumoyeur, atachié à agueilletes comme d’avant est devisé. Et sur la brigandine mettent la cotte d’armes. Et quant tout cela est sur l’ome, il semble estre plus gros que long, pourquoy me passe de plus avant en parler. Et au regard de leurs selles, elles sont de la haulteur dont on les souloit porter à la jouxte en France anciennement, et les pissières et le chanfrain de cuir aussi ; et même d’eulx a len veu en cest habillement, lesquels quant ilz estoient à cheval, ne se pouvoient aider ne tourner leurs chevaulx, tellement estoient goins. Et pour revenir à la vraye et plus gente façon, la manière d’armer les personnes, ainsi que dessus est touchié, est d’assez plus belle et plus seure; et les selles de guerre aussi sont bonnes pour tournoyer, quant elles sont bien fort closes derrière, et veullent pas estre trop haultes d’arczon davant.
Et au regard de leurs masses, espées et harnoys de jambes, elles sont semblables de celles dont devant est divisé,
Oultre plus, y est très nécessaire une façon de hourt que on atache davant à l’arczon de la selle, tant bault que bas, en plusieurs lieux le mieulx que on peult et le plus seurement; et descend le long des aulnes de la selle davant, en embrassant la poictrine du cheval, lequel hourt est bon pour garentir le cheval ou destrier d’espauler contre le hurt quant on vient de choc, et préserve aussi la jambe du tournoyeur de toutes estorses.
Ce hourt est fait de paille longue entre toilles fort porpoinctées de cor-
3nj après cet pourtraiete la façon et la manière lut sac pour mettre DrDans le Ijourt.
3nj cet pourtraiete l’istoirc t)u Ijourt à l'enuere
3nj cet pourtraiete l’istoirc î»u Ijourt à l'enîiroit.
3cij après cet pourtraiete l’istoirc De la eounerte Du Ijourt.