TABLEAU DE L’ADORATION DES MAGES
Millin dit dans son Dictionnaire des beaux-arts : • Les ouvrages des artistes antérieurs à Léonard de Vinci ne sont estimables que par comparaison avec ceux qui ont été exécutés dans les temps de barbarie qui ont précédé cette période. •
Voilà ce que tous les savants esthéticiens enseignaient depuis trois siècles. Ainsi les divins artistes: Giotto, Memmi, Massaccio, Lippi, étaient des barbares ou peu s’en faut. Est-il donc étonnant que René, le digue contemporain de ces immortels génies, n’ait pas été traité avec moins de sans façon ? Et pourtant que de beautés dans ses tableaux ! Il est vrai que les peintres modernes, tout occupés des formes matérielles, font peu de cas de cette beauté idéale.
Dans le tableau qui nous occupe, la grâce toute charmante de la Vierge ne rachèterait pas à leurs yeux les fautes qu’un écolier aujourd’hui éviterait ; la beauté de la tête du [roi mage, habillé en moine , ne ferait pas pardonner l’excessive longueur de ses doigts. Dans les arts pourtant, n’a-t-on pas atteint le but quand on s’est élevé jusqu’au beau ? (P. Hawke).