AU PAPE PAUL IL
An château de notre Tille de Rangé, le XXV dn mois d'avril, l'an de la Nativité MCCCCLXV1H.
Thés-Saint-Père,
Nous avons appris, depuis longtemps, que l’évêché de Glandèves, dans notre comté de Provence, étoit vacant, par la mort du titulaire qui l’occupoit. Nous désirons que cet évêché soit conféré à notre cher et conseiller Monmeillan (Monmeyano), versé dans la connoissance des décrets , docteur et chanoine de l’église d’Aix , envers lequel nous sommes fort redevable. C’est un homme d’une fidélité reconnue, de mœurs pures , versé dans les lettres sacrées , et l’un des ornements de l’église de Dieu ; il a bien mérité de nous , c’est ce qui nous fait dire qu’il est réellement digne de cette faveur. Cet évêché, d’ailleurs, étant situé vers l’extrémité de la province, en est comme une sorte de rempart,
et il ne seroit pas à propos de le confier à tout autre qu’à un homme éprouvé; c’est pourquoi nous ne pensons qu’a lui seul, nous n’élevons notre voix qu’en sa faveur, parce que notre esprit et notre volonté ne se reposent que sur lui seul; nous supplions, en conséquence, aussi humblement, aussi soigneusement qu’il est possible, Votre Sainteté de pourvoir ledit Monmeillan de cet évêché, tant à cause de nous, qu’à cause de ses vertus; ainsi seront satisfaits, en même temps, les besoins de l’église et les nôtres , et notre gratitude sera sans bornes.
Que Dieu tienne sous sa protection sa vénérable personne.
Votre humble fils,
René.
P. PU1G