‹ Œuvres choisies du roi RenéChapitre 96 sur 155 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

priant la garde de sceaulx desdicts contrats, que à la relation desdicts notaires, pardevant lesquels les ordonnances et choses dessusdictes ont été faictes, divisées et ordonnées, ils mettent lesdicts sceaulx desdicts contracts. Ce fut faict et donné ez présences de Thibault de Cossé escuyer, capitaine de Beauffort, maistre René Breslay, et Jean Richehomme licencier ez loix, seneschal et lieutenant d’offices, le vingt cinquiesme d’aoust l’an mil quatre cens quatre vingt dix huict. Et nous à la garde desdicts sceaulx à la relation desdicts notaires, pardevant lesquels, et des presens cy dessus nommez, ont esté faictes, ordonnées et advisées les choses dessusdictes, contenues à cedict testament, codicille et derniere volunté, ausquels en ce pour graigneur chose, ajoustons et ajousterons plaine foy, avons mis et apposé à cesdictes présentes les sceaulx establis, et dont l’on use ausdicts contracts de Beauffort, les jour et an que dessus.

Ainsi signé sous le reply desdictes lettres, Jehan du Pont et Morrau; et nous à ce présent transcript ou vidimus, en témoing de ce avons signé le scel de ladicte prevosté de Paris, les an et jour premier dessusdictz.

Dessus le reply est escript :

Fait par moy Berrault , et par moy Seneschal.

Scellé d’un petit sceau de cire verte à doubles pendans.

Parmi les monuments écrits, que nous a laissés le moyen-âge, aucun ne peint plus fidèlement les mœurs et l’esprit de ces grands siècles que les testaments. Dans toutes les classes et à tous les âges, à l’ombre du cloître de l’abbaye, au logis du riche marchand et du simple bourgeois, sur le trône ou les créneaux du manoir féodal, un même esprit inspire toujours ce dernier acte de la volonté humaine. Partout le testateur adore le Dieu qui l’a racheté, confesse sa loi sainte, implore mercy et pardon pour ses crimes, répare ses injustices, fait l’aumône aux églises et aux pauvres nécessiteux. Malade de corps ou plein de vie, il n’a soucy d’honneurs terriens , qui ne sont que vent et brouèe , et semble n’ambitionner que

le désiré royaulme de la gloire éternelle. Puis, à l’exemple du bon chevalier Bayard, il prend la mort en gré , et n’a pour elle aulcune desplaisance.

Les testaments de René et de Jeanne de Laval sont des modèles en ce genre. Nous les avons cités textuellement, comme une derniere et admirable page où brillent avec éclat la foi sincère, la douce piété, l’esprit d’équité et de justice, la générosité et toutes les vertus des royaux époux. Le sang de saint Louis ne coulait pas en vain dans leurs veines. On voit qu’ils se souvenaient des instructions tracées par leur immortel aïeul sur les ruines de Carthage ; sublime leçon descendue du ciel , avec le pardon que le roi martyr en mourant implorait pour ses bourreaux.

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