ACTE I, SCENE I
NEUBOROUG.
Je vois que là-dessus lu ne me contraries pas... Si au moins j'avais pu adoucir mon refus par quelques bonnes nouvelles , si j'avais assez de crédit pour l'aider dans cette place qu'il sollicite...
MARCtERlTF. , iippiocliant la table à gaucLe et laisaiille thé.
Si vous le vouliez, cela vous serait bien facile...
MilBOROLG.
Comment cela ?
MARGUERITE
Un seul mot de vous à votre ancien camarade de collège,... à Robert Walpole...
NEIBOROCG.
Au premier ministre? Jamais!
MARGUERITE
Eh pourquoi donc ? Votre père le docteur Neuboroug n'a-t-il pas été son précepteur? n'avez-vous pas été élevés ensemble à Cambridge? n'éliez-vous pas amis intimes?
NEUBOROUG.
Oui, autrefois,... lorsque lui, simple étudiant en théologie, et moi étudiant en médecine , nous faisions bourse commune ; mais depuis...
MARGUERITE
Depuis ! ... Quelle injustice ! vous n'habitiez pas alors la capitale, vous étiez loin de lui, et cependant , dans les commencements de son élévation , il vous écrivait bien souvent.
NEUBOROUG.
Je ne dis pas non; mais il me semble à moi que ma plume ne restait pas oisive; et le seul écrit qui s'éleva alors pour le défendre, ces lettres qu'ils ont attribuées depuis à Congrève et à Addison , ces lettres irlandaises dont personne , pas même Walpole , n'a jamais connu l'auteur, de qui étaient-elles? de moi!... car alors, en butte à la rage de tous les partis , tout le monde l'attaquait, et il luttait seul en homme démérite et de cœur, en grand homme : ... il l'était alors ; je puis en convenir, il était malheureux, on pouvait l'aimer ! Mais quand il a vu ses ennemis renversés, quand il s'est vu maître du pouvoir , ou plutôt souverain absolu des trois royaumes,... a-t-il trouvé un souvenir pour son vieux camarade? ne m'a-t-il pas oublié depuis longtemps, moi qui ne voulais de lui ni place, ni honneurs, ni pensions ;... moi qui ne
^°* L'AAJBIÏIEUX.
demandais rien au ministre,... rien que mon ami !... ol le minisire me ra enlevé ; voila ce que je ne lui pardonnerai jamais :
MARCLEniTE.
Mais n y a-t-il pas aussi un peu de votre faute?... et depuis cina ans que vous êtes à Londres , pourquoi n'avez-vous pa tit u près de lui la moindre démarche.' ^
-NELBOROIC.
al "T V ^"''' ^"" ''' "^he et que je suis pauvre ! parce qu d est grand se.gneur et que je ne suis rien... C'était à iSi de
^..relesprem,erspas,...cï.taitàluideveniràmoi;...à pac^ da mens, je n'y aurais pas manqué ; j'aurais quitté mon p at e'se ra s accouru a pied chez mon ami pour l'embrasser et u te lie h
ro. Mais \\aipole mamtenantne comprendrait plus cela car yo.s-lu, mon enfant, Walpole est un ambitieux, et l'am bU o,
Pr:r,;ihn:^r;^r' ^^-^—' - 'e mente pas.
MAr.«ER,TE , s'assevant à la table et serv.nnt le tl,é à so., père
auil ?T "••• ™"'^'' >-^ P-'--'- -près de lu de; gens qu le mentent,... qui sont dignes de votre amitié,... et je su s b "a jure c,ue s. vous vous adressiez à lord Henri'shori:;, . 1
^F-lBOROLC , prenantdu ilié >îARGif:RiTr, de même,
KElBOROrc.
njes confrères raunaien. g„cV. encore lu. e, pl^, .'o^n.e
MARGUERITE
soufLTfZ t "' ''' ''"""'^'^ ' '' pauvre jeune homme, qui souffrait tant et qui avait tant de courage.' Mais comme j'ai eu