ACTE V , SCENE IV
IIEiNRI.
Grand Dieu !
WALI'OLE, revenant à lui.
Ah!... je l'effraye;... tu doutes de ce que tu entends, tu ne peux concevoir la violence d'une p.ission qui, loin de s'amortir avec l'âge, prend chaque jour de nouvelles forces. Mais cette passion est la seule que j'aie éprouvée,... je n'en ai jamais eu d'autres ; laissela moi, ne me l'envie pas : elle rend si maJiieureux! Jamais je n'ai connu comme toi les illusions de la tendresse,... jamais l'amour d'une femme n'a fait battre mon cœur,... on ne m'a jamais aimé,... je n'ai aimé personne!...
HENRI
Mon pauvre oucle!...
Ah! tu me hais!
Non;... je vous plains !
WALPOLE
WALPOI.E.
Et tu as raison ;... car dès que j'ai abattu à mes pieds l'ennemi qui me résistait,... semblable au soldat dont la colère s'éteint quand le combat est fini, mon ressenliment tombe avec celui qui l'avait fait naître. J'ai honte de moi,... je roui;is de ma frénésie,... je m'en veux de mon triomphe que je cherche à expier!... Toi, par exemple,... à peine renversé, je t'ai tendu la main; je t'ai rendu mon amitié, j'ai couru te défendre auprès du prince;... j'aurais bravé pour toi sa vengeance, sa colère, sa disgrâce peut-être! car je t'aime maintenant, tu es redevenu mon tils, mon neveu bien-aimé ! Demande-moi ma fortune, mon sang,... je te les donne; mais le pouvoir !... je ressayerais en vain , c'est au-dessus de mes forces ! Et tiens, ceNeuboroug, ce vieil ami,... si honnête homme,... si peu redoutable,... eh bien! dans ce moment, j'ai beau me raisonner et me combattre,... je ne l'aime plus... Que dis-je?... tout à l'heure, pendant qu'il me parlait,... j'éprouvais contre lui des mouvements de jalousie et de haine; celte intimilé, celle confiance dont le roi l'honore,... tout cela le rend mon ennemi mortel!... et malgré moi, dans ce moment, je cherche déjà en mon esprit les moyens de le renverser. (Voyant Henri qui faituu geste d'ctonnement. ) Tais-toi, le voici !