ACTE r, SCF.XE I
sa bclle-mcre , la superbe Césarine, je la déteste,... et elle me le rend bien !
M. DE MONTLICAR.
Raison de plus!... Un sage a dit que nous avions dans le monde trois classes d'amis : les amis qui nous aiment, les amis qui ne nous aiment pas , et les amis qui nous détestent. Ce sont ces derniers qu'il faut soigner le plus. Aussi, ma femme, je vous prie d'inviter madame de Miremont et do l'aimer si c'est possible.
Non , monsieur ! «
M. Dli MO.NiLLOAK.
Faites cela pour moi ,... je vous en supplie en grâce !
ZOÉ
Eh bien , monsieur, car je suis trop bonne,... je consens à la traiter comme une amie... de la troisième classe;... mais je fais mes conditions.
M. DE MO.NTLUCAR.
Toutes celles que vous voudrez.
ZOÉ
D'abord , quand il y aura chez vous une lecture de quelque génie de votre connaissance,... je ne serai pas obligée d'applaudir ni de m'exlasier comme vous.
M. DE MONTLUCAR.
Accordé. '
ZOÉ
Je pourrai même , si je le veux , ne pas y assister,... et pendant ce temps aller au bal ou en soirée,.... car depuis une année entière que j'entends tous les jours des chefs-d'œuvre, je ne serais pas fâchée de m'amuser un peu.
M. DE MONTLUCAR.
Accordé.
ZOÉ
Et pour commencer, il y a ce malin un concert charmant au Conservatoire; vous m'y mènerez.
M. DE MONTUCAR.
Volontiers... Ah ! mon Dieu, non,... je ne peux pas... J'ai ce matin un déjeuner de garçons.
ZOÉ
Vous le refuserez.