SCÈNE II
LES PRÉCÉDENTS; POLIGNI, habillé en noir, entrant du fond. POLIGM , après avoir salué profondément d'un ton froid et solennel.
Mesdames , l'objet de ma visite va sans doute vous surprendre, et de moi-morac je n'aurais peut-être pas eu la hardiesse de nie permettre une pareille démarche, si je n'y avais été encouragé et presque autorisé par Dorbeval , mon meilleur et mou plus ancien ami.
HERMÂ.NCE , à madame Dorbeval.
Vous l'entendez ! ( Elle va pour sortir. )
POLIGNt.
De grâce , madenïoiselle , daignez rester. Vous pouvez , en présence de votre cousine , de votre tutrice , assister à une conversation dont vous êtes j'objet.
HERMANCE, baissant les yeux.
Monsieur, je ne comprends pas.
POLIGNI, gravement.
Je venais, mademoiselle , demander votre main.
HERMANCE , jouant la surprise.
0 ciel ! que dites-vous ?
MADAME DORBEVAL.
Il est donc vrai ! vous , monsieur !
POLlGNI , froidement.
Oui, madame, j'ai l'honneur... d'aimer mademoiselle , et de vous la demander en mariage.
( Un instant desilence. ) HERMANCE, bas, à madame Dorheval,
Mais , ma cousine , répondez donc !
MADAME DORBEVAL , regardant alternativement Poligni et Ilerraance.
Je vous avoue, monsieur, que je suis très-surprise, je veux dire très-flattée de votre recherche; mais elle me semble un peu prompte. D'ailleurs l'âge d'Hermance , qui a à peine dix-huit ans,..
HERMANCE , bas.
Et demi,... ma cousine.
MADAME DORBEVAL.
Enfai , je pensais qu'on ne pouvait mettre trop de réflexion...
POLTGNI.
Toutes les miennes sont faites, madame; il ne nous manque plus que l'aveu de mademoiselle ; et s'il est vrai que ses sentiments...
HERMANCE, baissant les yeux.
Monsieur, ce n'est pas moi , c'est ma famille que cela regarde , et ma cousine vous dira...
MADAME DORBEVAL, vivement.
De ce côté-là, monsieur , je vous atteste que ses sentiments sont conformes aux vôtres , et que tout ce que vous éprouvez elle le partage.