SCÈNE III
DE JORDY, CAROLINE ( H\nAMK m: Néris. )
CAROLINE , entre en lisant.
L'insipide promenade ! ce parc est si grand et si triste ; tout oc qu'on y lit estennuj'eux : ce sont pourtant des romans nouveaux. m: JOKDV.
Me permettrez-vous , madame , de vous présenter mes hommages ?
CAROLINE
C'est vous, M. de Jordy ; venez donc à mon secours : je ne sais que faire, que devenir, et vous m'abandonnez ! cela n'est pas bien.
DE JORDY
Notre conversation d'hier soir, ces comptes de fermage avaient l'air de vous fatiguer tellement...
CAROLINE
C'est égal, je l'aime mieux; il n'y a rien de plus terrible que de s'ennuyer sans savoir pourquoi; et au moins, quand vous êtes là, c'est un motif, un motif raisonnable.
DE JORDY, parcoiiiaiil les papiers.
Vous êtes bien bonne. Voici les différentes notes que je voulais vous soumettre.
CAR0LI\E
Est-ce bien long?
DE JORDY
Une ou deux petites heures seulement. (Lisaut.) « Ferme d'Hau- « terive. Le fermier Simon n'a payé, cette année, que six mille « francs. » Mais, comme je l'ai augmenté d'un quart en sus...
CAROLINE
Vous l'avez augmenté! Et pourquoi ?... Il a une si jolie tille; Marguerite, ma petite fermière, qui ce matin m'apportait du lait.
DE JORDY
Ah ! Marguerite ; celle qui est brouillée avec Julien, son amoureux ?...
CAROLINE
Marguerite est brouillée avec son amoureux!... Je me charge d'arranger tout cela, de les raccommoder. Cela me fera une bonne matinée; c'est à vous que je le devrai. C'est plus amusant que je ne croyais de parler d'affaires. Et puis, nous aurons ensuite une
noco de village, un grand repas, un bal. La jarretière de la mariée , c'est gentil ; et je sais quoiqu'un qui va ctre heureux.
DE lOUDV.
Qui donc ?