A PERSÉVÉRER DANS L'ESPRIT DE SACRIFICE
Prélude. — Un regard du cœur à la Crèche et au Temple, à la Croix, à l'autel : c'est toujours la même victime. Le sacrifice commence à Bethléem, il se prolonge pendant trente-trois ans, il se consomme au Calvaire, il trouve sa réalisation perpétuelle à l'autel. Adorer et remercier du fond de l'âme cette divine Victime se sacrifiant perpétuellement pour notre exemple.
Le Sauveur Jésus ne connaît pas ces fluctuations de volonté, ces inconstances, ces vicissitudes du cœur qui font de notre vie une éternelle contradiction, et de nos sacrifices une trame incessamment rompue et renouée. Son sacrifice une fois offert continue et persévère de lui-même ; pas un instant de sa vie, dit saint Paul, « où il a eu égard à ses attraits et à ses goûts » ; toujours, en toute circonstance, il
n'avait en vue que le bon plaisir de son Père L'esprit de sacrifice, il l'a porté « jusqu'à la mort et à la mort de la Croix ». Victime de pauvreté à la crèche, victime de souffrances physiques sous le
couteau de la circoncision, victime de cœur au
Temple victime d'obéissance à Nazareth,., victime de mépris et d'ingratitude pendant sa vie publique, victime de délaissement et d'abandon dans
le cours de sa Passion, victime en tout au Calvaire, il perpétue son sacrifice à l'autel. (Isolement, froideur, mépris, blasphèmes, sacrilèges, le Dieu eucharistique, la Victime divine de l'autel, souffre tout chaque jour sans se plaindre et quelquefois de la part de ses enfants de prédilection. ... )
O mon âme, pourrais-tu ne pas trouver dans un tel exemple l'énergie dont tu as besoin pour vaincre tes répugnances et surmonter tes penchants ? Ne cesse donc, suivant le conseil de l'apôtre saint Paul, de regarderie Sauveur Jésus, « l'auteur et le consommateur de la foi ». Pense à lui, mais pense sérieusement à ce qu'il a souffert et à ce qu'il souffre sans cesse, lui, le Fils de Dieu, livré à des pécheurs qui sont armés contre lui de toutes les haines de l'enfer Cette pensée te rendra fidèle comme les saints
à pratiquer toujours la science du sacrifice.
Me sacrifier toujours et à toute heure, c'est, en effet, ce que vous me demandez, Seigneur. 11 faut que je sois toujours dans l'état de victime. Ma nature est toujours corrompue, toujours entraînée au mal par la concupiscence, il est donc indispensable que
je la surveille, que je la réprime, que je la sacrifie toujours, que je l'immole continuellement. Les incli nations de cette nature sont comme les flots d'un torrent qui m'entraîne loin de Dieu ; si je ne résiste, je suis emportée. N'est-ce pas là, hélas ! ce que m'a appris une triste expérience ? Que de fois je me suis sacrifiée à mon Dieu : au sortir d'une exhortation touchante, dans les douceurs d'une communion fervente, me sentant subjuguée, émue, transportée,
je me suis immolée à Dieu avec abandon. (Se rappeler certains moments de ferveur de la vie passée,
principalement ses retraites ). Vivre alors pour
Dieu me paraissait facile ; mourir même pour lui ne
me paraissait pas au-dessus de mes forces Mais
hélas! ô mon Dieu, je le reconnais à ma confusion, la ferveurdu moment a bien vite passé, et je me suis
retrouvée avec mes faiblesses, mes langueurs ;
mon sacrifice n'avait été qu'un sacrifice temporaire ; et c'est ainsi que ma vie s'est passée jusqu'à présent, donnant à Dieu quelques rares instants, et à mes penchants naturels la presque totalité de
mes jours. (S'humilier, demander pardon )
O mon Dieu, ô mon Maître, ô vous qui tenez dans vos mains puissantes les fragiles volontés de vos enfants, daignez fixer la mienne et l'affermir dans le bien. Je me sacrifie à vous aujourd'hui, je veux être votre victime demain, tous les jours de ma vie, jusqu'à ma dernière heure
Résolution. — S'offrir à Notre-Seigneur dans la sainte Communion pour tous les jours, toutes les heures, toutes les circonstances de la vie ; demander, avec une confiance tout expansive et toute filiale, la
persévérance dans l'esprit de sacrifice ; donner au bon Maître, dès le jour même, une preuve de bonne volonté pour l'avenir, en lui faisant le sacrifice de la chose vers laquelle la nature se sent le plus vivement portée.
PURIFICATION DE LA SAINTE-VIERGE
(2 février)