‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 28 sur 102 · FÊTE DES CINQ PLAIES DE NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

FÊTE DES CINQ PLAIES DE NOTRE-SEIGNEUR

(Vendredi après le IIIme dimanche de Carême)

Prélude. — Me figurer voir le Sauveur entrer dans mon oratoire, et, se posant en face de moi, me dire, comme autrefois à Thomas son apôtre : « Ma fille, mets tes doigts dans les plaies de mes mains et de mes pieds, et plonge ta main dans la blessure de

mon côté » Répondre avec l'Apôtre, en s'incli-

nant dans le respect et l'adoration : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Puis, par un double regard jeté successivement au tabernacle et au Ciel, contempler le Sauveur conservant les stigmates de ses cinq plaies tant dans son corps eucharistique, sous les symboles qui les cachent, que dans son corps glorieux à la droite de son Père. Baiser amoureusement de cœur ces adorables plaies du Dieu de l'autel et du Dieu du Ciel.

Interroge, ô mon âme, ce Dieu dont tu vois les mains, les pieds et le coeur percés, demande-lui pourquoi ces plaies sur son Cœur divin ; il te répondra par son Prophète que c'est pour les péchés du genre humain et en particulier pour les tiens qu'il les a reçues. C'est pour expiernoscrimes qu'il aété blessé...

broyé « Vulneratus est propler iniquitates nos-

tras » Apprends donc, à cette vue, à détester et

à craindre le péché, quel qu'il soit, comme le grand mal, le mal souverain. Entends ton Sauveur te dire par chacune de ses plaies, comme par autant de bouches : Ma fille, veux-tu savoir quel est celui qu'il faut craindre? Je vais te l'apprendre. Crains Celui à qui le péché fait injure ; crains Celui qui a étendu jusque sur moi, son Fils, jusque sur moi qui n'avais pourtant que « la ressemblance du péché »,les coups terribles de son bras vengeur et n'a pu être apaisé

que par le sang sortant de mes plaies Crains le

Dieu des justices, car, s'il punit en moi des iniquités que je n'ai pas commises, que mérites-tu, toi, qui t'en

es rendue coupable ? (Jeter un regard rapide

sur les fautes de la vie passée ; remercier le Sauveur de ce qu'il a bien voulu en porter la peine dans ses

blessures ).

Et pourtant, ô mon Dieu, c'est ce péché si affreusement puni en vous, c'est ce péché que je commets encore chaque jour et à chaque instant avec tant de facilité. Par pensée : que de péchés d'amour-propre,

de vaine complaisance de dissipation de

découragement ! Par paroles: que de péchés d'ostentation et de vanité d'impatience et de vivacité

de censure et de blâme ! Par actions: que de

péchés d'immortification et de sensualisme ! Par

omissions : que de résistances à la grâce, quel défaut

de générosité ! Où en serai-je, moi, si misérable

pécheresse, quand vous, mon Sauveur devenu mon Juge, vous opposerez à votre tribunal la mollesse de ma pénitence à celle que vous avez faite pour moi dans vos divines souffrances représentées par vos plaies?.. .. Plaies sacrées, qui êtes aujourd'hui mon espérance, ne soyez pas alors le sujet de mon épouvante !,

Tu viens de voir, ô mon âme, pourquoi ton divin Maître a reçu ces plaies à ses pieds, à ses mains, à son côté ; apprends maintenant pourquoi il les conserve. C'est pour offrir un asile aux âmes de ses enfants

i° « Lorsqu'une mauvaise pensée m'assiège, dit saint Augustin, je cours aux plaies de Jésus-Christ... Quand le vent des tentations agite mon âme, je me jette dans la blessure faite au côté de mon Dieu »... 2° « Ai-je commis le péché, dit saint Bernard, je trouve mon pardon dans les plaies du Sauveur »... 30 «J'ai besoin de la paix, écrivait saint Elzéar à sainte Delphine, son épouse, mais je sais qu'on ne la trouve que dans les plaies de Jésus... aussi est-ce laque vous me trouverez: j'y ai fixé ma demeure ». .4° « Les âmes tristes, dit saint Bonaventure, doivent aller se jeter dans les plaies du Rédempteur... On ne veut pas vivre sans souffrance quand on voit son Dieu couvert de blessures »... 50 « Des plaies sacrées de Jésus, dit encore le Séraphique Docteur, sortent des flammes d'amour capables de brûler les âmes les plus froides et les plus glacées ; la plaie de son Cœur surtout est le foyer le plus ardent. Mille fois heureux celui qui va s'y réfugier ! »...

O Jésus, daignez graver dans mon pauvre cœur toutes vos plaies, afin que toujours j'y lise et votre douleur et votre amour. Votre douleur, ô bon Maître, m'apprendra à souffrir en paix et avec patience toutes les peines, physiques et morales, qu'il vous plaira de m'envoyer. Votre amour me dira sans cesse

de vous aimer et de mépriser tout autre amour que le vôtre.

Résolution. — Passer la journée dans le' plus grand recueillement et fixer son âme par la pensée dans la plaie du Cœur sacré de Jésus... Redire à toutes les heures cette oraison jaculatoire: «'Cor Christi, accende nos ».

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