‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 4 sur 102 · EXPECTATION DE L'ENFANTEMENT DE LA SAINTE-VIERGE · texte numérisé non relu

EXPECTATION DE L'ENFANTEMENT DE LA SAINTE-VIERGE

(18 décembre)

UNION DE MARIE A SON DIVIN FILS UNION DE L'AME CHRÉTIENNE A NOTRE-SEIGNEUR

Prélude. — Contempler d'un regard du cœur, en se transportant par l'imagination à Nazareth, l 'auguste Vierge portant le Fils de Dieu dans ses chastes lianes depuis bientôt neuf mois ; féliciter Marie d'avoir été choisie entre toutes pour être élevée au glorieux privilège de la maternité divine, en répétant cette belle antienne des Vêpres de sa fête : « O Vierge des vierges ! comment cela se pourra-t-il faire? Nulle autre n'a jamais été ni ne pourra jamais être semblable à vous. Pourquoi vous étonnez-vous de moi, filles de Jérusalem ? Ce que vous voyez est un mystère divin ». Puis, en s'inclinant profondément devant l'image de cette glorieuse Vierge, la saluer avec l'Ange : « Ave Maria »

Essaye, ô mon âme, de te rendre compte de l'union intime qui devait exister entre Marie, mère de Jésus, et Jésus, fils de Marie, au moment où l'Enfant-Dieu était encore renfermé dans son sein. Après l'union merveilleuse des trois personnes divines, on n'en

saurait concevoir une plus étroite et plus parfaite. Quel échange mystérieux de pensées, de paroles entre le Fils et la Mère , entre la Mère et le Fils !... Quel était l'objet des douces préoccupations du cœur de Marie, sinon son divin Fils!... Quelle était la matière de ses entretiens avec Joseph, son époux, sinon la naissance de Celui qu'elle portait dans son sein ?

Quel était le but de tous ses actes? A quoi s'occupait-elle extérieurement, sinon à préparer les langes

dont elle devait envelopper son divin Enfant?

Oui, toutes ses pensées, toutes ses paroles, tous ses actes étaient pour son Fils. Oh ! comme elle désirait vivement contempler de ses yeux, porter dans ses bras, baiser avec amour ce Fils du Père céleste, qui était aussi le sien ! Avec quelle ardeur elle souhaitait voir s'opérer l'heureuse naissance qui devait donner « gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur

la terre paix aux hommes de bonne volonté » !

O Marie, ô vierge des saints désirs, les heures sont comptées et elles s'écoulent vite, bien que trop lentement encore pour vos vœux Encore quelques

jours et, reposant un doux regard de mère sur les traits de Celui qui doit sortir de votre sein virginal et qui, en même temps, habite dans le sein du Père éternel, vous lui direz avec joie : Vous êtes mon Fils, et il vous répondra par un mystérieux sourire :

Vous êtes ma Mère (Saluer de nouveau Marie

avec l'Ange : « Ave Maria » )

Le Dieu que Marie portait dans son sein, n'est-ce pas celui que j'emporte dans mon cœur chaque matin.

quand je quitte la table sainte ? On dirait que l'Homme- Dieu se plaît dans mon âme plus qu'en toute autre demeure. Quand il m'a visitée un jour, il veut encore me visiter le jour suivant..."; mais mon cœur est-il pur comme le cœur de Marie?... Mais le divin hôte de mon âme fait-il pour moi, comme pour l'auguste Vierge, le constant objet de mes préoccupations les plus intimes ?... Mais suis-je heureuse de m'entretenir des joies de sa visite et de l'immensité de son amour, quand je rencontre quelqu'un qui pourrait me comprendre ?... Mais est- il vrai que je n'agisse en tout qu'en vue de plaire à Celui qui consent à habiter la si indigne demeure de mon âme?... Oh ! ce n'est que quand je serai unie à mon Sauveur dans mes pensées, dans mes paroles, dans mes actes, à l'exemple de Marie, que je pourrai goûter, comme elle, avec délices la vérité de cette parole du pieux auteur de l'Imitation : « Quand Jésus est présent, tout est bon, rien ne paraît pénible »... O Marie, ô ma Mère, obtenezmoi de comprendre les mystères ineffables de félicité renfermés dans la sainte Communion. Oui, Celui que vous portiez dans votre sein, je le porte dans ma poitrine; Celui que vous désiriez voir de vos yeux, je le contemple des yeux de la foi; Celui que vous avez enveloppé de langes, consent, par amour pour moi, à s'envelopper des voiles de son sacrement, comme dans d'autres langes ; Celui que vous avez posé dans une crèche, veut bien résider dans la crèche de mon âme, mille fois plus méprisable que l'étable où vous lui avez donné naissance... Encore une fois, ô Marie, ô ma Mère, faites-moi comprendre ces mystères de charité, mais surtout purifiez mon cœur par vos maternels suffrages, et faites que je me

prépare, par une fidèle attente, à son entrée dans mon âme : « Ave Maria »

Résolution. — Rester unie à Notre-Seigneur, en le considérant en soi, comme Marie lui était unie aux jours de sa divine grossesse.

Page 1