‹ Œuvres choisies (volume 2)Chapitre 40 sur 102 · JÉSUS PRINCIPE DE RÉSURRECTION ET DE VIE POUR LES AMES · texte numérisé non relu

JÉSUS PRINCIPE DE RÉSURRECTION ET DE VIE POUR LES AMES

Prélude. — Écouter intérieurement les touchantes paroles qu'adressait autrefois Notre-Seigneur à Marthe, sœur de Lazare : « Je suis la résurrection et la

vie; ego sum resurrectio et vita » Demander

à l'Esprit-Saint la grâce d'en bien apprécier toute la profondeur: « Veni, sancte Spiritus »

Ce n'est pas seulement des corps que parle le Sauveur, quand il dit ce mot mystérieux : « Je suis la

résurrection » Il ne nous enseigne pas par là

seulement qu'il peut rappeler à la vie un cadavre inanimé : les âmes, elles aussi, ont leur tombeau, et c'est à ce miséricordieux Maître qu'il appartient de les délivrer par une résurrection invisible, non moins

merveilleuse que les résurrections visibles . . Si,

par égard pour les larmes de Jaïre, pour la désolation de la veuve de Naïm, pour l'abattement profond de Marthe et de Marie, Notre-Seigneur, ému de compassion, ressuscita des corps qui devaient mourir

encore avec bien plus d'ardeur encore, son

Cœur divin désire ressusciter des âmes qui vivront éternellement. Aussi, tandis que les Évangélistes ne parlent que de trois résurrections visibles, c'est par

milliers que se comptent les résurrections des morts

spirituels Chaque jour le prêtre au tribunal de

la pénitence sert d'instrument à la puissante bonté de Jésus-Christ, pour ranimer les âmes mortes à la grâce

par le péché Que de fois, ô mon âme, le bon

Maître n'a-t-il pas opéré ce prodige en ta faveur!... Tantôt, comme la fille dejaïre, rappelée à la vie par Jésus-Christ presque immédiatement après son derdier soupir, tu venais te jeter entre les bras de ton Dieu après une offense grave, après une désolante chute, et sa miséricorde immense te rendait la paix avec son amitié....... Tantôt, comme le fils de

la veuve de Naïm, qu'on portait en terre enfermé dans son cercueil, tu te présentais devant le Seigneur toute couverte de fautes, tout enveloppée de déplorables habitudes comme d'un linceul, et, appelant sa puissance au secours de sa compatissante bonté, le divin Maître te rendait à la vie en t'accordant ton pardon, et te remettait entre les mains de l'Eglise, comme le jeune mort entre les bras de sa mère D'autres fois — tu peux en appeler à tes souvenirs, — d'autres fois, malgré ton agitation intérieure, malgré tes remords, tu laissais passer bien des jours, bien des nuits, sans essayer de sortir du tombeau de tes infidélités. Comme Lazare mort depuis quatre jours et exhalant déjà une odeur de putréfaction, tu paraissais morte à la grâce sans espoir et sans retour ; mais Notre-Seigneur vint aussi verser quelques larmes sur toi, et, dans sa miséricordieuse indulgence, brisa les chaînes de tes habitudes et t'arracha à ton sépulcre (Remercier avec l'effusion de la plus vive reconnaissance la bonté du Sauveur qui tant de fois, au tribunal réconciliateur,

a bien voulu nous pardonner nos fautes et nous rendre la paix )

Notre-Seigneur n'est pas seulement pour nous un principe de résurrection, il est aussi une source intarissable de vie ; et c'est à la Table sainte, dans le sacrement de son amour, qu'il nous la communique,

cette vie Un saint Docteur, saint Jean Chrysos-

tôme, remarque que, toutes les fois que le divin Maître parle de ce mystère de charité, il nous promet de nous donner la vie, et de nous la donner pleine et abondante et parfaite. Ce qui fait le fond de la vie, c'est l'amour ; ce qui fait la vie surnaturelle des âmes, c'est l'amour mutuel qui existe entre Jésus- Christ et elles : elles aiment le bon Maître, et elles en sont aimées.

Or l'amour mutuel a trois motifs principaux : l'union, la ressemblance et la bonté. L'union : ce sont les liens de la chair et du sang qui, en unissant les parents, les excitent à s'aimer les uns les autres. La ressemblance : la sympathie ne nous donne-t-elle pas chaque jour un penchant pour ceux qui nous ressemblent ? La bonté: elle n'a qu'à se montrer pour charmer les cœurs. ... Chacun de ces motifs produit habituellement l'amitié ; mais, quand ils agissent tous ensemble, ils la portent à son plus haut degré de

perfection Or, ne le sais-tu pas, ô mon came, par

le Saint- Sacrement, Notre-Seigneur Jésus-Christ s' znzzï à toi, il te fait goûter sa bonté, il te donne avec lui

une merveilleuse ressemblance Et c'est ainsi que

se forme le chaste commerce du plus ardent amour

C'est ainsi qu'il te fait vivre de sa propre vie. Il a

donc bien raison de dire, cet adorable Maître : « Ego

suui vita. Je suis la vie »

Sonde maintenant ton intérieur, il en est temps, ô mon âme. Comment peut-il se faire que, recevant chaque jour le pain supersubstantiel de la divine Eucharistie, cet aliment mystérieux, source de vie,

tu continues à vivre de la vie des sens.. de la vie

naturelle de la vie du monde?... Le plus grand

de tous les malheurs, c'est de mettre obstacle aux

desseins du bon Maître dans cet auguste sacrement

Tu ne dois vivre, respirer, agir que pour Jésus-Christ, qui, par le très saint Sacrement, te communique sa propre vie.

Résolution. — Faire la sainte Communion en demandant pardon à Notre-Seigneur d'avoir si peu profité jusqu'à présent de ses visites. S'accuser dans la confession suivante de tous les manquements volontaires qui se seraient glissés dans les confessions précédentes. Redire souvent dans la journée cette belle strophe de l'hymne de saint Thomas au Saint-Sacrement :

O memoriale mort i s Domini, Panis vivus, vitam prœstans homiiii, Prœsta meœ menti de te vivere, Et te illi semper dulce saper e.

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