SES AVANTAGES
ELLE NOUS OFFRE : 1° UN APPUI DANS NOS FAIBLESSES, 2° UNE CONSOLATION DANS NOS PEINES
Prélude. — Se transporter en esprit sur la montagne du Calvaire ; contempler l'auguste Victime attachée au gibet de la Croix, et écouter l'Esprit- Saint nous dire à l'oreille du cœur : « Regardez et faites suivant le modèle qui vous a été montré sur la montagne». Adorer le Sauveur courageux et patient, et le remercier du fond de l'âme de ses exemples si touchants.
L'imitation de Jésus-Christ fortifie notre fragilité. Pour te convaincre, ô mon âme, de l'énergie et de la vigueur que tu peux puiser dans l'imitation de ton adorable Maître, considère en elle-même la puissance de l'exemple. Saint Augustin rapporte dans le beau livre de ses Confessions que les exemples de sa pieuse mère faisaient une sorte de siège à son cœur égaré, et que, malgré les séductions du monde, les amorces du plaisir, les entraînements des passions, il dut un jour heureusement céder à cette silencieuse
mais irrésistible puissance Que de fois moimême, pour être attirée à faire quelque acte de courage, quelque sacrifice, quelque noble et sainte
action, ne m'a-t-il pas suffi d'en être le témoin?
Surtout quand l'exemple venait d'un ami, d'une personne tendrement chérie, quelle n'était pas son influence, son efficacité sur mon cœur ! Un soldat
est toujours courageux, quand il combat à côté%d'un
valeureux capitaine Un ami se sent plus fort
pour le sacrifice, quand il voit son ami généreux
dans l'immolation Comment donc pourrais-je
contempler avec attention mon Sauveur vivant dans la pauvreté, dans les humiliations et les souffrances
sans me sentir animée d'une sainte émulation?
Comment pourrais-je être témoin de son perpétuel esprit de sacrifice depuis la Crèche jusqu'au Calvaire sans condamner ma lâcheté, sans entrer résolument
dans la même voie? D'ailleurs, si efficaces que
soient les exemples des amis de ce monde, ils sont loin d'offrir le merveilleux secours qui accompagne toujours les exemples de l'Homme-Dieu. «Jésus est homme, dit saint Bernard, Jésus est Dieu. Il est homme, il est revêtu de mes infirmités, afin que je puisse voir en lui les luttes que j'ai à soutenir ; mais il est aussi Dieu tout-puissant pour me rendre victorieuse dans ces luttes» « Qui peut se sentir
faible en suivant Jésus? dit saint Ambroise; en marchant dans la voie qu'il nous a frayée, nous n'avons pas à craindre de défaillir : il est l'appui et le soutien de ceux qui marchent après lui» Saint
Wenceslas, roi de Pologne, allant pieds nus pendant la nuit d'un hiver rigoureux visiter le Saint-Sacrement dans les églises, celui qui l'accompagnait se
plaignait du froid excessif qu'il endurait. « Mettez vos pieds sur la trace des miens, lui dit le pieux roi, j'espère que vous serez soulagé». L'officier eut à peine obéi qu'il sentit une douce chaleur sortir de la neige foulée par les pieds de son maître Touchante et faille image, ô mon âme, de ce que tu éprouveras au jour où tu te mettras généreusement à la suite de ton Sauveur. Ce bon Maître a voulu boire jusqu'à la lie le calice de toutes les douleurs, c'est à peine
s'il t'a laissé quelques gouttes d'amertume Les
épines du chemin ont déchiré ses pieds, et pour toi
il les a désarmées de leurs pointes les plus aiguës
Jésus par ses exemples est la force des martyrs, la patience et la sanctification de tous les saints ; pourrais-je ne pas aller à cette source vivifiante pour y puiser l'énergie dans mes langueurs et le courage dans mes défaillances?
L'imitation de Jésus-Christ console nos peines Tu le sais par expérience, ô mon âme, une souffrance partagée est moins accablante, le fardeau d'une croix porté à deux est moins pesant. Quelle consolation, quel soulagement ne peux-tu donc pas trouver au milieu des souffrances, en regardant le Sauveur ! Cet Ami divin ne te laisse jamais seule dans la tribulation et l'angoisse ; il a voulu, lui, passer par tous les genres d'épreuves, afin d'alléger et d'adoucir les nôtres. N'a-t-il pas pris pour lui l'existence la plus dure, la plus humiliée, la plus traversée de peines, afin qu'il n'y eût jamais dans notre vie moments si pénibles, position si douloureuse qu'il ne pût nous dire: «Je vous ai donné l'exemple » Ce que vous
souffrez, je l'ai souffert avant vous, je l'ai souffert plus que vous, je l'ai souffert pour vous. . . Tu appréhendes, ô ma fille, dit encore à mon âme ce Père si tendre, cet Ami dévoué, ce vrai Consolateur, tu appréhendes des pertes de fortune? .... Eh bien ! regarde ma crèche, regarde l'atelier de Nazareth, regarde la Croix Oserais-tu comparer ton état à mon dénûment, à ma pauvreté ? C'est la condition que
j'ai choisie et préférée aux autres Tu es appelée
à vivre au milieu de mille contradictions qui te viennent souvent de ceux qui devraient adoucir ton existence ? Rappelle-toi la grossièreté de mes Apôtres, leur indélicatesse de sentiments .... L'égoïsme de tes amis déchire-t-il ton cœur? J'ai moi-même enduré ce martyre si poignant. Viendrait-on à attaquer
ton honneur, ta réputation? Ah! sache que l'on
n'a pas respecté le mien. Dérisions, calomnies, opprobres, j'ai été en butte à tout La cour d'Hérode,
le prétoire de Pilate sont là pour l'attester «Le
disciple n'est pas plus que son maître», un membre ne saurait être délicatement traité sous « un chef couronné d'épines». Un ami réel partage avec
bonheur les souffrances de son ami
En vérité, ô mon âme, pourrais-tu résister à ce langage si touchant de ton Dieu? Quelle douleur si arrière n'est-il pas capable d'adoucir ? Quelle plaie si profonde ne peut-il pas fermer ? Quel sacrifice si déchirant auquel il ne viendra mêler une onction
divine? (Un regard sur les chagrins profonds
dupasse; il nous montrera que, si nos larmes ont été brûlantes, c'est que nous les avons versées dans
Tisolement sans les mêler à celles de notre bon
Maître ) Désormais, ô divin Sauveur, dans mes
peines, dans mes tribulations, je veux me souvenir de vous, je veux jeter mes regards sur vous, et, sije ne trouve pas toujours la joie, au moins trouverai-je le calme dans les douleurs ; et, sije ne trouve pas le désir de croix plus pesantes, au moins me sentiraije patiente et résignée à porter celles que vous m'envoyez.
Résolution — Dans le courant du jour, faire précéder chacune de ses actions de cette question que s'adressait sans cesse un saint : « Quid mine Christns ! » Que penserait, que ferait Notre-Seigneur Jésus-Christ, s'il était à ma place? et tout aussitôt prier le bon Maître de rendre notre cœur semblable au sien: « Fac cor nostrum secundum cor tuurn ».
TEMPS APRES LA PENTECOTE