SACREMENT DE PÉNITENCE PRÉPARATION A LA CONFESSION
Prélude. — Se représenter Marie-Madeleine au pied de la Croix comme modèle de l'âme qui va s'age nouiller au tribunal de la Pénitence : le sang divin du Sauveur, coulant sur la pécheresse qui pleure et la purifiant, coule aussi sur l'âme qui s'humilie dans l'aveu de ses fautes et la purifie, pourvu qu'elle pleure. Adorer Jésus-Christ cloué à la Croix et laissant couler son sang par toutes ses plaies. Lui dire du fond de l'âme ces belles paroles de saint Thomas d'Aquin :
O fous pietatis, Jesu Domine, Me immundum mundatuo sanguine, Cujus una stilla salvuni facere Totum mundum quit ab omni scelere.
O source de piété, Jésus bon Maître, je suis pleine de souillures; purifiez-moi par votre sang, ce sang dont une seule goutte suffit à laver le monde entier de tous ses crimes et à le sauver .
Pour s'approcher avec fruit du sacrement de Pénitence, il est utile de faire un sérieux appel aux pensées de la foi. Qu'est-ce donc, à la lumière de ce céleste flambeau, qu'est-ce que le tribunal de réconciliation ?
i° C'est une source prophétisée plusieurs siècles à l'avance par Zacharie: «Il y aura une fontaine ouverte à la maison de David et aux habitants de Jérusalem pour y laver les souillures du pécheur » De
cette fontaine découle le sang de Jésus-Christ, ce sang d'un prix infini versé une fois sur le Calvaire pour le salut des âmes, et coulant chaque jour sur chaque âme en particulier par le canal du Sacrement
pour la laver de ses souillures Car quelle âme
peut traverser le chemin de la vie, sans y recueillir quelque tache?
2° Le tribunal de la Pénitence, c'est un rendezvous assigné par le céleste et tout-puissant médecin à toutes les âmes malades et blessées: elles y trouvent un remède souverainement efficace, qui guérit leurs
infirmités et cicatrise leurs plaies « Venez à moi,
vous tous qui gémissez, affaissés sous le fardeau de vos faiblesses et de vos misères et je vous soulagerai» Est-il ici-bas une âme qui ne soit atteinte
de quelque maladie qui ne souffre de quelque
blessure que lui ait faite le péché ?
3° Le tribunal sacré, c'est, suivant le mot de saint Charles Borromée, comme un mystérieux vestiaire où l'on doit aller revêtir cette brillante « robe des noces», sans laquelle on ne saurait être admis
au royal festin de l'Agneau immaculé Cette robe
d'innocence reçue au baptême, quelle âme ne l'a
souillée dans la fange du mal? quelle âme ne l'a
perdue par le péché? Bien à plaindre sont ceux
qui, pouvant aller la retrouver au tribunal sacré,
négligent de le faire La porte de la salle des
noces restera fermée pour eux
Hélas! il n'est que trop vrai, ô mon âme, tu ne peux t'examiner dans ton fond et interroger le passé de ta vie sans reconnaître en toi bien des taches, bien des souillures, recueillies au contact d'un monde
pervers Combien donc n'as-tu pas besoin d'aller
te laver, te laver encore dans cette fontaine mystérieuse où t'attend un Dieu de miséricorde, dans le
bain purifiant de la Pénitence! Tu le sens, tu
ressembles à un pauvre malade épuisé de langueur,
à un malheureux blessé couvert de plaies Qui
plus que toi a besoin d'aller au médecin qui a les
paroles de la vie? Tu connais les ineffables
douceurs du festin de l'Agneau, tu y es toujours invitée et tu n'as pas de plus vif désir que d'en
trouver l'entrée toujours ouverte Avec quel
soin ne dois-tu pas aller revêtir par avance la robe
de pureté et d'innocence! Toutefois, sache-le
bien, cette fontaine merveilleuse ne purifie, le remède du divin médecin ne guérit, la robe nuptiale ne peut revêtir qu'une âme qui pleure ses fautes, qui les déteste avec la plus sincère componction et qui est bien résolue de les éviter à l'avenir. L'âme qui se confesse doit, comme Marie-Madeleine, verser des larmes brûlantes sur ses infidélités
Pourquoi faut-il, ô mon Dieu, qu'en bien des jours de ma vie, je me sois présentée au tribunal de votre miséricorde avec un repentir attiédi, avec une componction douteuse? N'aurais-je pas à craindre d'être sortie de la fontaine sans être purifiée, d'avoir pris le remède sans être guérie, d'être entrée dans le vestiaire sacré sans y trouver la robe d'innocence?
Oh! désormais, je ne veux me présenter qu'avec
un cœur brisé, et en mêlant mes larmes au sang de
votre divin Fils toujours prête à vous dire, avec
l'accent de l'émotion la plus sincère, comme le prodigue : «Père, j'ai péché contre le Ciel et contre vous, je ne mérite plus d'être appelée votre fille». J'ai suivi aveuglément les inclinations de mon cœur, et je vous ai méprisé, vous, le meilleur des pères.... Je me suis creusé des citernes de jouissances et de consolations terrestres, citernes desséchées qui ne pouvaient contenir l'eau que je cherchais, en vous
abandonnant, vous, la source des eaux vives
J'ai cherché dans les créatures un bonheur que l'on ne trouve qu'en vous Non, il n'y a pas de jouissance ni de «paix hors de vous», Seigneur ; je reviens donc, je me hâte de revenir à vous, Père miséricordieux Bien que j'aie péché contre vous, ne me
repoussez pas bien que je ne sois plus digne
d'être nommée votre fille, rendez-moi le vêtement de votre grâce, que j'ai perdu par mes ingratitudes
redonnez-moi l'anneau de votre amour, que
j'ai perdu dans la recherche des créatures, afin que je puisse me présenter à votre table, à votre festin eucharistique, et m'unir à vous par un lien qui ne se brise plus
Résolution. — Faire un examen sérieux, après la visite au Saint-Sacrement, sur les confessions précédentes, principalement sur la disposition intérieure
de contrition Rendre compte du résultat de cet
examen dans la confession suivante. Remercier Notre-Seigneur de toutes les absolutions reçues, en
récitant l'hymne d'actions de- grâces: Te Deum, et lui demander un esprit véritable de componction pour tout le reste de la vie, en récitant le Veni Creator et le Souvenez-vous