SACREMENT DE PÉNITENCE PRÉPARATION A LA CONFESSION
Prélude. — Adorer Jésus-Christ rencontrant sur son chemin, pendant sa vie mortelle, un pauvre paralytique ; le Dieu qui n'a jamais regardé d'un œil sec aucune souffrance, est ému, et fait un miracle pour le guérir: «Prends ton lit et marche, lui
dit-il. Toile grabatum tuum et ambiila » et le
paralytique se lève, mais le divin Maître ajoute une autre parole: «Aie confiance, tes péchés te sont remis. Remittuntur tibi peccata tua ....... Le Sauveur, qui voit le fond des âmes, avait vu la sienne atteinte d'une paralysie plus désolante encore que celle qui affligeait son corps, la paralysie du péché, et il n'a pu passer à côté sans la guérir Remercier ce bon Maître d'avoir souvent exercé d'une manière non moins merveilleuse sa miséricorde envers nous au saint tribunal de la Pénitence. Avant de s'approcher de ce tribunal sacré, il est utile de se faire à soi-même deux questions: Qui suis-je? Où vais- je ?
Qui suis-je? — Je suis une âme coupable. Je me suis rendue, par de nombreuses offenses, coupable
de lèse-majesté divine Celui que j'ai outragé,
c'est un père plein de tendresse...... c'est un bienfai-
teur qui m'a comblée de grâces c'est mon Dieu
Je ne me suis servie de ses dons que pour les
faire tourner contre lui Pas un jour, pas une
heure, pas un instant dans ma vie où je n'aie mérité le sanglant reproche delà plus noire ingratitude. .. .
Je suis une âme malade. Le péché m'a couverte d'ulcères, une sorte de lèpre m'a enveloppée, m'a défigurée, m'a rendue hideuse devant Dieu et devant ses anges. Je ressemble à un paralytique cloué sur un lit de souffrances : il a des membres, et il ne peut s'en servir, il ne peut faire aucun mouvement; je ne puis faire un pas en avant dans le chemin du bien, je suis clouée à la chaîne de mes penchants pervers
Je suis une âme égarée. Dans ce chemin de la vie, où mille sentiers se croisent et s'entre-croisent, je me suis laissé égarer. Je ne reconnais plus la voie qui mène au Ciel: sur mes yeux est venu se poser un épais bandeau qui m'aveugle et me dérobe les précipices qui m'entourent ; à chaque pas je suis exposée à tomber dans un de ces abîmes
Je suis une âme inquiète et troublée. « Les eaux de la tribulation sont venues fondre sur mon cœur » et l'inonder. Loin de moi la pensée de dire, comme le pécheur des saints Livres: «J'ai péché, et il ne m'est rien arrivé de fâcheux ». Je porte sans cesse le châtiment de mes infidélités : la peine, le chagrin, le trouble, les agitations intérieures sont comme autant de pointes acérées qui me déchirent
Où vais-je? Coupable, je vais à mon juge, mais à un juge qui n'a sur les lèvres que des sentences de miséricorde : il ne me demande que l'aveu de mes
fautes fait dans la sincérité du repentir, et il me garantit le pardon. Quoiqu'il ait le pouvoir de lier aussi bien que de délier, de retenir aussi bien que de remettre, il est là, m'attendant pour me traiter avec l'indulgence d'un père qui semble mettre son bonheur
à pardonner à ses enfants coupables Loin de
ressembler aux juges de la terre, dont le principal rôle est de prononcer des arrêts de condamnation et de vengeance, il n'a, pour ainsi dire, mission que d'amnistier. Si énormes soient les fautes portées devant son tribunal, si écrasants soient les griefs soumis à sa juridiction, il est si miséricordieux qu'on dirait que le nombre ainsi que la gravité des délits sont des motifs de plus d'espérer le pardon, en sorte que le pécheur peut par avance s'écrier avec le Roipénitent : « Seigneur, vous me pardonnerez mes crimes, car ils sont énormes. Propitiaberis peccato meo multum est enim ». ...
Malade, je vais à mon médecin, mais à un médecin puissant, qui a en main toutes les ressources, tous les remèdes pour guérir. Je n'ai qu'à lui découvrir mes ulcères et mes plaies, je n'ai qu'à lui dévoiler ma lèpre, je n'ai qu'à appeler sa commisération sur ma paralysie ; il cicatrisera mes blessures, il fera disparaître mes ulcères, il me redonnera le mouvement et la vie en brisant mes liens. Il s'engage à guérir toutes les âmes malades, pourvu qu'elles soient confiantes et sincères
Ame égarée, je vais à mon guide. C'est lui qui peut déchirer le bandeau que mes fautes ont mis sur mes yeux; c'est à lui que je dois demander le sentier que j'ai à parcourir ; c'est à lui que je dois confier mes embarras et mes perplexités, pour qu'il m'en
délivre, mes obscurités, pour qu'il les éclaire, mes doutes, pour qu'il les dissipe. On peut trouver dans le monde bien des prétendus guides, lui seu\ est le véritable, lui seul ne trompe pas, lui seul n'égare pas: il donne une solution, et c'est la plus juste ; il donne un conseil, et c'est le plus utile ; il impose un
ordre, et c'est le plus légitime
Ame tourmentée, je vais à un confident dévoué ; âme affligée, je vais à mon consolateur . Ce n'est point aux amis de la terre qu'une âme peut faire avec profit part de ses troubles et de ses agitations: ils n'ont pas la parole qui calme. Ce n'est point dans leur sein qu'elle doit verser ses chagrins et ses peines: ils ne savent point consoler ou, s'ils cherchent à le faire, c'est avec un langage stérile, qui n'atteint pas le
cœur et ne saurait le guérir C'est au tribunal de
la Pénitence qu'elle trouve cet ami fidèle, que l'Esprit-Saint appelle «un vrai trésor, une protection puissante, le remède de la vie». Cet ami, il a un langage à part, mais efficace et exclusivement apte à calmer les agitations et à consoler les chagrins.
Résolution. — Apporter au saint tribunal repentir et contrition devant le juge, sincérité et confiance près du médecin, docilité et soumission parfaite au guide, ouverture et épanchement près du confident et du consolateur.