SUR JÉSUS-CHRIST ROI DES AMES POUR LA FÊTE DE NOËL
Tu es ipse rex meus et Deus meus.
Vous êtes mon roi et mon Dieu.
Psalm. XLIII, 5.
Mes Frères.
Il est donc enfin venu le grand jour fixé dans les décrets éternels pour le salut et le bonheur de l'humanité : les cieux se sont ouverts, le Juste est sorti des nuées, Celui que le prophète Isaïe appelle l'Admirable, le Fort, le Prince de la paix fait son apparition en ce monde pour rétablir entre le ciel et la terre l'harmonie brisée par le péché, pour rendre à Dieu sa gloire et aux hommes l'espérance.
Où trouver des paroles pour redire le plus profond, le plus sublime, le plus étonnant des mystères, celui qui est la clé de voûte de tout le christianisme, le nœud de notre destinée et le principe de notre salut ?
C'est à Bethléem que se passe la mystérieuse
134 MONSEIGNEUR BILLAKD
scène : Marie et Joseph y sont appelés par l'édit de recensement porté par le César Auguste qui règne à Rome ; mais, pauvres qu'ils sont, ils n'obtiennent aucune place dans les hôtelleries. Dans leur détresse ils cherchent quelque réduit abandonné pour y passer la nuit, et ils ne trouvent qu'une étable isolée au milieu des champs. Or c'est là que daigne prendre naissance l'enfant du miracle. A minuit, quand tout fait silence dans la ville ingrate et dans la nature entière, sans éprouver aucune des douleurs et des angoisses communes aux autres mères, comme le soleil envoie son rayon de lumière, comme la fleur donne son parfum, Marie donne son Fils au monde. Le voyez-vous, M. F., cet enfant enveloppé de langes, couché dans l'humble crèche adossée au mur de Pétable, transi de froid et répandant, à travers de faibles cris, ses premières larmes ?
C'est l'humble vierge de Nazareth qui l'a conçu dans son sein très pur, c'est elle qui lui a fourni le sang qui coule dans ses veines; c'est un enfant d'une heure, c'est un petit pauvre rebuté du monde, mais, en même temps, c'est la plus haute majesté de la terre et des cieux, c'est le Fils du Très-Haut, le Verbe éternel, la splendeur incréée du Père et son image substantielle. Laissons donc un libre cours aux émotions de notre foi, et, tombant à genoux devant ce trône d'un nouveau genre, devant la crèche, écrionsnous, avec l'accent du royal Prophète : O Jésus enfant, « vous êtes mon roi et mon Dieu ; tu es rex meus et Deas meus». C'est cette royauté de l'Enfant- Dieu que je viens, en ce beau jour, vous exposer moins comme une démonstration scientifique que comme une simple acclamation d'amour. Ne com-
mençons pas sans saluer avec respect et confiance
l'auguste mère du divin Roi,
Ave Maria,
Il est presque téméraire, M. F., de laisser tomber le mot de royauté du haut de la chaire chrétienne en ce siècle tourmenté qui en a perdu la vraie notion; il semble surtout qu'il y ait danger plus que jamais d'accentuer ce mot, en ces heures troublées que nous traversons, où, dans l'exaltation des libertés humaines, chacun déclare n'accepter d'autre souveraineté que celle qu'il prétend être maître de créer ou de détruire. Je parlerai pourtant, M. F., car c'est ma mission, c'est mon devoir, mais je parlerai avec toute la prudence qui doit régler le langage du ministre de l'Evangile.
La royauté est une suprématie qui crée corrélativement des droits pour le prince qui gouverne, et des devoirs pour les sujets qui sont gouvernés ; il y a la royauté extérieure et presque matérielle, mais il y a aussi la royauté par excellence, la royauté spirituelle, la royauté des âmes. Or c'est cette souveraineté qu'attribuait au Verbe incarné l'envoyé céleste, chargé d'annoncer aux hommes son apparition visible en ce monde. C'est cette royauté que se décernait le Sauveur à lui-même devant le proconsul, quand il répondit magistralement à son adjuration : « Tu l'as dit, je suis roi ». C'est cette royauté enfin qu'attestait publiquement l'inscription gravée au sommet de la croix de Jésus-Christ en trois langues, dans la langue de la science, dans la langue de la conquête et dans la langue de la prophétie : il est donc vrai de le proclamer, Jésus-Christ est roi et roi de nos âmes.
On peut être roi de trois manières, vous le savez, M. F. : roi par la naissance, roi par la conquête et roi par l'élection. Eh bien! Jésus-Christ est roi à ce triple titre.
Il est roi par la naissance. Fils éternel de Celui qui est le roi des rois, le maître des maîtres du monde: « Rex regiim et dominus dominantium », engendré dans le sein du Très-Haut avant tous les siècles, il entend son Père lui dire de toute éternité dans les splendeurs des saints: « Tu es mon fils, je te donnerai tous les peuples pour héritage ; Tibi dabo gentes hœreditatem tuant » . Tu partageras ma puissance et mon autorité sur tous les mondes ; tu seras le roi des nations : « Rex gentium ».
Il est roi par la conquête. Gardez-vous bien pourtant de penser que le roi Jésus ait acquis son empire par la violence et la force brutale, qu'il ait asservi les peuples par les armes : les royautés ainsi fondées sont toujours éphémères et de courte durée ; son instrument de conquête à lui, ce fut une croix de bois, et c'est avec cette arme étrange, symbole de honte et d'ignominie, confiée à douze pauvres bateliers sans nom, sans éducation, sans science, qu'il parvint à ranger le monde entier sous sa domination royale. Du Calvaire, où il vient de mourir, ses apôtres s'élancent à travers le monde pour inviter les hommes à se ranger sous le sceptre du divin Crucifié. Ils ont contre eux les princes, les magistrats, les armées, les prêtres, le peuple ; ils ont pour mission de combattre les préjugés de l'esprit, les passions du cœur; les puissants de la terre se lèvent frémissants, et cherchent à étouffer dans le sang les efforts des généreux champions, des braves soldats du Christ ;
mais ils ont beau faire, les apôtres meurent, et, dans cette bataille qu'ils ont livrée au genre humain dans le champ clos de la conscience, leur mort détermine la victoire. Regardez, en effet, M. F. : trois siècles durant, les prédicateurs sont condamnés à descendre dans les arènes et les amphithéâtres ; mais, quand les Césars et leurs satellites ont cru avoir réussi à les broyer tous sous la dent des tigres et des lions et à les moudre sous les roues et les chevalets, le sceptre royal du Sauveur, la Croix se lève brillante et radieuse dans la Ville Eternelle au sommet du Capitole, et, germes dans les flots de sang de leurs frères, de nouveaux et innombrables sujets du Roi Jésus entonnent ce chant triomphal : « Christus vincit, le Christ est vainqueur ; Christus régnât, le Christ règne ; Christus imperat, le Christ commande ».
Mais, roi par la conquête, il l'est encore par l'élection. On parle beaucoup de nos jours du suffrage universel; je ne suis pas ici pour médire de ce qu'on s'obstine à regarder comme un progrès, comme une conquête de notre époque. Je n'ose pourtant pas affirmer que nos descendants ne nous plaindront pas d'avoir été dupes de la plus dangereuse des illusions. Mais laissons là la postérité et ses jugements ; le suffrage universel est un fait, et il est de mode maintenant d'en appeler à sa puissance pour édifier et démolir les trônes, pour constituer et pour abolir la royauté. Hélas! combien n'a-t-on pas vu, dans notre siècle, de princes élevés hier au faîte des grandeurs, traînés aujourd'hui aux gémonies de la rue, et destinés pour demain aux gémonies de la conscience et de l'histoire? Qu'il y a loin, M. F., entre ces souverains élus pour un jour, et le Roi Jésus ! C'est
bien lui qui est le roi par excellence du suffrage universel. Voyez Tétendue de son royaume et comptez la multitude d'àmes qui, l'ayant choisi librement et avec pleine spontanéité, le reconnaissent et l'acclament. Sur tous les points du globe, au sein des cités de notre Europe comme au fond des déserts de l'Amérique, dans les déserts brûlants de l'Afrique comme dans les coins les plus reculés de l'Asie, partout, vous trouverez un temple élevé en l'honneur du Seigneur Jésus. Que ce temple soit une modeste et pauvre chapelle ou une somptueuse et magnifique basilique, il renferme un autel, et, aux pieds de cet autel, vous voyez des chrétiens à genoux qui s'écrient dans l'élan de leur foi : O Jésus, nous le proclamons, nous aimons à le redire, vous êtes vraiment notre Seigneur, le Seigneur de notre choix, le maître de notre élection, vous êtes notre roi: « Tu es ipse rex meus »., et votre règne n'aura point de fin : « Et regni ejus non erit finis », parce que vous êtes notre Dieu: « Dominus meus et Deus meus ».
Vous comprenez déjà quel est le caractère de cette royauté de Jésus-Christ: c'est une royauté absolue. Et ici, M. F., je sens le besoin de m'arrêter incidemment pour vous faire, dans la simplicité de mon âme, une confession. J'ai toujours été pris d'une antipathie profonde pour les pouvoirs absolus: aimant la liberté, l'aimant trop peut-être (car, hélas! il semble que, parmi nous, 1 usage de ce don précieux tourne fatalement en abus : il semble que la divine Providence ait tenu à m'éclairer sur cette tendance de mon cœur, en me rendant témoin des débauches et des orgies de la licence) aimant trop peut-être la liberté, j'en renouvelle l'aveu, je n'ai pu me résigner jusqu'à ce jour à la
voir comprimée, enchaînée par une souveraineté absolue et sans contrôle. Et, comme je ne doute pas qu'il y ait dans cette enceinte des âmes atteintes de la même inperfection que moi, je tiens à les rassurer, en leur annonçant que le règne absolu de Jésus- Christ, c'est l'affranchissement de la servitude, c'est la délivrance de la tyrannie, de l'esprit du mal et des passions, c'est le règne de la vraie liberté, de la liberté des enfants de Dieu : « Qua libertate Christiis nos liber avit ». Jésus-Christ est roi absolu des âmes, c'est-à-dire que son empire s'étend sur toutes les parties de notre être.Jésus-Christ, c'est le Christ vérité, qui règne sur les consciences pour les diriger, c'est le Christ sainteté, qui règne sur les cœurs pour s'en faire aimer.
Jésus-Christ est le roi des intelligences. Il s'est rencontré plus d'une fois, M. F., de par le monde, des esprits d'élite, des hommes de science ou de génie qui ont eu la prétention de régner sur les intelligences. Ils ont pu réussir pendant leur vie à se créer, dans une école, un petit empire ; mais leur cendre n'était pas refroidie que déjà leur trône croulait avec leur système, leur royauté sombrait dans la dispersion de leurs disciples. Il n'en est pas ainsi du divin roi des esprits, du Seigneur Jésus. Il se présenta au monde avec une doctrine nouvelle, des dogmes insaisissables, des mystères incompréhensibles ; et voici que l'humanité se courbe sous son sceptre, en acceptant ses enseignements, en adhérant par la foi à sa parole. Devant lui s'inclinent les plus grands génies aussi bien que les intelligences les plus simples, les princes de la pensée l'acclament aussi bien que les enfants du peuple. Il gouverne
tous les esprits, en les dirigeant avec une autorité souveraine dans les voies de la vérité, par les lumières de la foi. Ceux même qui s'insurgent contre sa domination sont condamnés à vivre de sa doctrine ; et les sophistes modernes, qui se sont ligués pour le détrôner, n'ont pas même fait tomber un fleuron de sa couronne. Leurs écrits, leurs systèmes sont pleins d'articles empruntés à son symbole, qu'ils défigurent; et, en les entendant comme en les lisant, on ne peut s'empêcherde penser à ces aveugles dont les yeux éteints ne contemplent pas le soleil, mais qui pourtant reçoivent dans les nerfs tapissant leur front une impression de ses rayons lumineux, et profitent dans leurs corps de sa douce chaleur. Voici tantôt dix-neuf siècles que cet adorable soleil des esprits, le Sauveur Jésus, répand sur le monde les flots de sa lumière, et le génie humain, jusqu'à cette heure, n'a cessé de lui rendre l'hommage de vivre de sa pensée et de se ranger sous l'empire de sa foi, en lui criant avec le Prophète : O Jésus, je crois en vous, vous êtes notre roi, le roi des intelligences: « Tu es ipse rex meus ».
Jésus-Christ est en même temps le roi des consciences, des volontés, qu'il soumet à son autorité et à ses lois. Avez- vous quelquefois pensé, M. F., combien peu, en ce siècle, la souveraineté, d'où qu'elle vienne, sait atteindre les consciences ? Voyez cette royauté si légitime, si établie par Dieu, au sein de la famille : la royauté du père se brise contre l'indépendance et l'insubordination de son jeune fils. Il parle à cet adolescent qui n'a pas encore au visage les premiers signes de la virilité, et, bien que son autorité se présente avec le prestige de la couronne
de cheveux blancs du vieillard, ses conseils ou ses ordres sont accueillis par un sourire dédaigneux ou un haussement d'épaules. La royauté de la sollicitude ou de la tendressse n'est pas mieux acceptée que celle de l'expérience et de la force, et nous voyons chaque jour le dévouement d'une mère échouer contre le caprice d'une jeune fille de seize ans. Il serait superflu de vous inviter à porter vos regards sur un théâtre plus étendu. Hélas ! les révolutions, les bouleversements sociaux ne viennent-ils pas périodiquement nous apprendre à quel point les consciences se rient du gouvernement, des lois et de la majesté des princes? Or il est un roi dont les autels, assis dans les consciences, sont environnés de respect ; un roi que l'enfance adore comme un Dieu, et aime comme un père ; un roi de qui la jeunesse réclame cette force qui assure la dignité de la vertu, au sein même des passions les plus brûlantes ; un roi près de qui la maturité de l'âge vient chercher la sécurité et le repos au milieu des préoccupations et des fatigues de l'existence ; un roi sous le sceptre duquel la vieillesse trouve la douce sérénité de ses derniers soleils, et ce roi, c'est le Seigneur Jésus, le roi des consciences: « Tues ipse rex meus et D eus meus ». Mais ce n'est pas tout, et c'est là le côté le plus touchant de la souveraineté du divin Sauveur: Jésus- Christ règne sur les cœurs par l'amour. Quelle est à cet égard la mesure de notre pouvoir ici-bas? Combien d'hommes emportent de leur vivant l'affection de leurs semblables ? Combien surtout la gardent au-delà de la vie? Vous connaissez, M. F., la parole mise par le poète dans la bouche d'un conquérant qui avait soumis les nations:
Maître de l'univers, je n'ai pas un ami.
Or, c'est la gloire incomparable de Jésus-( '.hrist d'être notre attachement suprême. On compte par millions les hommes qui ont voulu par amour donner à Jésus-Christ, mort pour eux, tout le sang de leurs veines, en mourant pour lui. C'est déjà un miracle sans égal , dit un célèbre apologiste ; mais le miracle des miracles, c'est d'inspirer à l'homme de ne vivre que pour Lui. Et cela s'est vu pendant les dix-huit cents ans qui nous séparent de sa Croix, et cela se voit tous les jours dans d'innombrables créatures humaines.
Voyez, M. F., les apôtres, ces missionnaires, qui s'arrachent aux douceurs du foyer maternel, aux embrassements de l'amitié, au sol du pays aimé, pour aller à la recherche de leurs frères qui s'égarent, et pour sauver les âmes qui se perdent : ne les plaignez pas, ils ont entendu tomber des lèvres de Jésus-Christ cette parole : « Allez et prêchez », et, pour obéir, ils trouvent joie et bonheur à parcourir la terre, à braver les fatigues, à affronter les dangers, les supplices, la mort même. Ah ! c'est qu'ils aiment Jésus-Christ, c'est qu'ils le reconnaissent comme le roi des cœurs. Voyez ces âmes qui ont reçu de la Providence les biens de la fortune et qui abandonnent tout pour jouir de je ne sais quelle félicité que la nature se refuse à comprendre, celle de ne rien posséder : elles ont entendu Jésus-Christ, dans son exhortation sur la montagne, dire au monde : « Bienheureux les pauvres d'esprit », et elles se sont empressées de donner à ce divin monarque de leur cceurunéclatanttémoignage d'amour, en se dépouillant de tout. Et à ces héros de la pénitence qui se sont ensevelis vivants dans les déserts et les solitudes,
qui leur a inspiré cette passion étrange du sacrifice, cette soif ardente d'immolation ? L'amour pour Jésus-Christ, qui les appelle en leur disant: « Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il porte sa croix et me suive ». Et ces natures délicates qui trouvaient au sein de leur famille un trésor d'affections pures, et qui s'en vont porter leur cœur et leur vie à une autre famille qu'elles adoptent, l'innombrable famille des malheureux ou des ignorants, qui leur a mis au fond de Târne le culte du pauvre ou le dévoûment à l'enfance? L'amour pour le roi de leur cœur, pour Jésus-Christ, qui a dit: «Tout ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens, vous l'aurez fait à moi-même ». Le voilà, M. F., au milieu de vous ce divin maître, ce monarque suprême de nos cœurs : l'œil ne le voit pas, l'oreille ne l'entend pas, les sens ne le saisissent pas ; n'importe ! invisible, absent, ou plutôt mort pour les sens, on vit avec lui, on s'entretient avec lui, on agit, on souffre, on se fait mourir pour lui.
Je le comprends, ô divin Sauveur, vous êtes le roi de nos âmes, et, à ce titre, nous vous donnons notre amour, en même temps que notre foi et notre obéissance. Fils de Dieu le Père, vous êtes en lui ; dans votre puissance, vous avez créé le monde, vous êtes notre roi par droit de naissance. Fils de Marie, vous êtes notre frère ; vous vous êtes revêtu des livrées de notre nature, vous vous êtes fait humble et souffrant pour nous guérir par vos exemples et nous sauver par vos mérites : vous êtes notre roi par droit de conquête. En ce siècle malade, où tant d'impies vous blasphèment, où tant d'incrédules vous attaquent, où tant d'apostats vous renient,
nous vous choisissons pour notre maître, nous vous reconnaissons pour notre père, nous vous proclamons notre souverain : vous êtes notre roi par élection. Vous êtes le monarque absolu de nos âmes: régnez à jamais sur nos intelligences, faites que nous restions fidèles à notre foi ; régnez sur nos consciences: que notre vie atteste, sans défection, notre docilité à vos lois et à vos préceptes ; régnez sur nos coeurs: accordez-nous de vous aimer d'un amour qui aille s'accroissant de l'ingratitude des malheureux qui vous délaissent, accordez-nous de vous aimer aujourd'hui, demain, jusqu'à notre dernier soupir, toute l'éternité. Ainsi soit-il !
SERMON