‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 26 sur 38 · JÉSUS RENCONTRE MARIE, SA TRÈS SAINTE MÈRE · texte numérisé non relu

JÉSUS RENCONTRE MARIE, SA TRÈS SAINTE MÈRE

Cui comparabo te..., Virgo, filia Sion ? Magna est enimvehit mare contritio tua.

A qui vous comparerai-je, Vierge, fille de Sion ? car votre douleur est vaste comme FOcéan.

Jerem., Lament II, iS.

Quand on médite cette rencontre de Jésus et de Marie dans la voie douloureuse, on fixe généralement sa pensée sur un point : on la considère, cette rencontre, comme une nouvelle cause de brisement, comme une aggravation de peine et pour le fils et

pour la mère. Bossuet est là, comparant leurs regards qui se croisent, à deux miroirs concaves se renvoyant mutuellement les rayons qu'ils reçoivent. Les angoisses de Jésus brisent l'âme si tendre, si aimante de Marie, et la douleur de Marie ajoute une nouvelle épine à toutes celles qui déchirent le cœur de Jésus.

Pour moi, M. F., je veux envisager cette rencontre sous un autre aspect : quand on souffre seul ou en compagnie d'étrangers, à plus forte raison au milieu d'ennemis, n'est-il pas doux et consolant de rencontrer un visage aimé ? L'œil ne se repose-t-il pas avec délices sur le cœur dévoué qu'il contemple ? Eh bien! il me semble que tel a été le sentiment de Jésus en voyant sa Mère...

Et cet adoucissement, il est assuré au chrétien dans le chemin de son Calvaire : Marie, la douce Marie, celle qu'il peut à juste titre appeler sa mère, puisqu'elle le regarde comme son fils adoptif, Marie est avec lui comme la Consolatrice des affligés, comme la Reine des martyrs, comme la Vierge des douleurs. Son rôle est le rôle de la mère au chevet de souffrance d'un fils aimé : elle calme les meurtrissures, elle met un baume sur les plaies, elle console les amertumes. Vous pouvez nous le dire, ô vous, âmes chrétiennes, qui avez expérimenté son assistance bienfaisante, sa médiation toute secourable; vous pouvez nous le dire, pauvre malade, qui avez reposé votre cœur meurtri sur son cœur maternel, en contemplant son image placée près de votre lit de douleur; vous pouvez nous le dire, pauvre soldat blessé sur le champ de bataille, dont le regard s'est porté sur la médaille placée à votre cou par votre mère de la terre à

l'heure dcchirante de L'adieu, et qui, à cette vue, avez senti vous monter au cœur une sève d'énergie toute mystérieuse, au milieu des rigueurs déchirantes de l'isolement ; vous pouvez nous le dire, vous tous qui, à une heure de la vie, avez souffert seuls, loin de tout cœur ami, ou entourés d'indifférents, et pour qui Marie a rempli la mission d'une mère dévouée : son nom, suivant le mot de saint Bernard, a été comme un rayon de miel rafraîchissant à vos lèvres desséchées par la fièvre, comme une douce mélodie à vos oreilles, comme une source de force à votre âme meurtrie. Marie, dans l'épreuve, vous a consolés, ranimés, fortifiés...

V"lè STATION

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