SUR LE BAPTÊME DE NOTRE-SEIGNEUR POUR L'OCTAVE DE L'EPIPHANIE
(13 janvier 1867)
Dans la solennité de l'Epiphanie, que nous célébrions dimanche dernier, nous honorions, vous le savez, M. F., en un triple mystère, la triple manifestation de la gloire du Sauveur, à Bethléem, sur les bords du Jourdain et aux noces de Cana. A Bethléem, c'était le mystère des Mages venus d'Orient, sous la conduite de l'étoile miraculeuse, pour reconnaître et confesser la royauté divine de l'Enfant de la crèche ; sur les rives du Jourdain, c'était le baptême de ce même Jésus, qui, n'étant connu alors que comme l'artisan de Nazareth, fut solennellement proclamé Fils de Dieu par la voix même du Père céleste ; aux noces de Cana enfin, c'était la manifestation éclatante de la toute-puissance du fils de Marie, agissant luimême et agissant en Dieu dans la transformation de l'eau en vin. Toutefois, il est vrai de le dire, M. F., de ces trois mystères célébrés en commun il en est un, celui de l'adoration des Mages, sur lequel, en cette grande fête, l'Église, notre sainte mère, semblait
vouloir attirer plus spécialement notre attention et concentrer nos hommages. Voilà pourquoi, en ce jour de l'octave, comme vous venez de le voir par le texte du saint Évangile, elle tient à nous rappeler de nouveau la manifestation de Jésus-Christ dans son baptême. Arrêtons-nous donc un instant, M. F., à contempler ce mystère ; nous verrons combien il a été tout à la fois glorieux pour Jésus-Christ, précieux et salutaire pour nous.
Le Dieu qui s'était manifesté, dès son entrée en ce monde, dans l'enceinte étroite de l'étable, vivait obscurément depuis trente ans dans la pauvreté et le travail, soumis à Marie, sa mère, et à Joseph, son père adoptif ; et, comme Jésus caché dans l'obscurité de Nazareth, le fils de Zacharie et d'Elisabeth menait, depuis son enfance, inconnu, au désert, la vie la plus austère et la plus mortifiée. Or voici qu'un jour la voix de Dieu se fit entendre à Jean au sein de sa solitude, lui ordonnant de sortir sans délai de sa retraite pour disposer les hommes à la mission réparatrice de leur Sauveur. C'était l'accomplissement de cette parole du prophète Isaïe annonçant que le Messie aurait un précurseur : « Voici que j'envoie mon Ange devant votre face, afin de préparer un chemin devant vous ». Plein de l'esprit de Dieu, le nouvel Elie, Jean, s'avança sur les bords du Jourdain, prêchant le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés. Soutenues des exemples d'une vie toute sainte et du souvenir de sa miraculeuse naissance, les exhortations de Jean ébranlaient la Judée. De tous côtés, on venait en foule au prédicateur de la pénitence, et les multitudes émues, con-
fessant leurs péchés, recevaient, des mains du Précurseur, dans les eaux du fleuve, un baptême qui, en initiant les cœurs au regret des fautes, pouvait les prédisposer à la réconciliation, mais était impuissant par lui-même à effacer la souillure et à donner le pardon. Or, en ces jours, au rapport de l'évangéliste sacré, quittant l'humble demeure de Nazareth et s'avançant de la Galilée vers le Jourdain, Jésus vint se mêler à la foule des pécheurs qui embrassaient la pénitence, et, se présentant devant Jean, réclama lui-même son baptême. M. F., lorsque Marie, portant dans son sein le Verbe éternel, alla visiter sa cousine Elisabeth, éclairée d'une lumière surnaturelle et perçant de l'oeil de l'âme les voiles qui lui dérobaient Jésus, Elisabeth s'écria : « D'où me vient cet honneur que la mère de mon Dieu daigne me visiter? » Aujourd'hui, sur les rives du Jourdain, le fils d'Elisabeth voit arriver le fils de Marie, confondu dans la foule, n'ayant rien qui le distingue de la masse des pauvres pèlerins auxquels il s'est mêlé ; la divinité n'éclate pas plus en lui qu'aux jours où il était caché petit enfant dans les flancs très purs de sa mère ; il n'est écrit nulle part qu'habitant le désert depuis ses plus tendres années, Jean eût jamais, avant ce moment, rencontré Jésus ; que dis-je? le Précurseur attestera plus tard qu'il ne l'avait jamais vu : « Et ego nesciebam eum ». Et cependant il le reconnaît. Le véritable Messie, le Dieu fait homme, le Sauveur du genre humain, celui que les désirs de son cœur ont si souvent appelé, cet « Agneau de Dieu qui efface les péchés du monde », celui « qui doit venir après lui, mais qui est avant lui », une illumination d'en-haut, une inspiration du Saint-Esprit le lui dévoile, il l'a
en ce moment sous les yeux, et voilà pourquoi s'humiliant devant le fils, comme jadis Elisabeth devant la mère, il s'écrie : Eh quoi ! Seigneur, vous venez à moi ! n'est-ce pas plutôt moi, homme terrestre, qui dois être baptisé par vous, qui êtes descendu du Ciel? Je ne suis que le serviteur, vous êtes le maître ; vous êtes le Fils unique de Dieu, sans tache et sans souillure, et je ne baptise que les coupables enfants des hommes. Au ciel, sur la terre et dans les enfers, tout genou fléchit à votre nom, et vous courbez la tête devant moi! Non, Seigneur, encore une fois, non, ce baptême n'est pas pour vous . « Ego debeo a te baptizari, et tu venis ad me ! » Mais vaines sont les hésitations, les humbles résistances du Précurseur: Jésus insiste et, répondant à Jean pour le rassurer: Faites maintenant ce que je dis : « Sine modo » ; il convient, il est à propos que nous accomplissions toute justice. J'en ai reçu l'ordre là-haut : comme vous me devez l'obéissance je la dois à mon Père ; la guérison des hommes le réclame: c'est l'orgueil qui les a perdus, ils ne peuvent être sauvés que par l'humilité ; je veux leur en donner l'exemple : « Sic enim decet nos implere omnem jiistitiam ». Jean ne peut donc plus s'opposer au désir de son Maître. O prodige d'abaissement et d'humiliation ! « Cette tête auguste, dit saint Bernard, que les anges adorent, que les Principautés révèrent, que les puissances redoutent, la voilà inclinée sous la main de Jean-Baptiste ; le Maître se trouve aux pieds du serviteur, le Créateur aux pieds de sa créature, le Fils même de Dieu aux pieds du fils de l'homme ; le Saint des saints, le principe de toute justice, la source de toute grâce reçoit, des mains de Jean, l'ablution de l'expiation et de la pénitence: « Et baptizatus est a Jo amie »...
Or, voyez, M. F., la mystérieuse économie des desseins de Dieu, l'admirable réalisation de la parole évangélique : « Celui qui s'abaisse sera exalté ; qui se humiliât exaltabitur » . Le Sauveur cherche à se cacher, et voici qu'il se manifeste d'une manière éclatante ; il s'humilie, et voici qu'il se révèle dans toute sa grandeur ; il descend à la condition du dernier des hommes, à la condition des pécheurs, et voici qu'une gloire immense, une magnificence incomparable l'environne et le fait connaître pour le Fils même du Très Haut. Apeine Jésus, sorti des eaux, a-t-il laissé échapper de ses lèvres et surtout de son cœur sa prière toute-puissante: «Jesu baptizato et orante »,les Cieux s'ouvrent et répandent, au-dessus de sa tête auguste, des flots de clartés resplendissantes, comme pour marquer que c'est bien là le lieu de son origine, et que lui seul est la voie par laquelle nous pouvons y monter: « Aperti sunt cœli ». Le Saint-Esprit en descend visiblement sous la figure d'une colombe et se repose sur lui ; en même temps, se fait entendre la voix puissante qu'avait chantée le royal Prophète : « Vox Domini super aquas,Deus majestatis intonuit » ; c'était la voix du Père céleste, du Dieu de toute majesté, qui, parlant d'en-haut comme un tonnerre, faisait entendre distinctement ces paroles : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis mes complaisances ; tu esfilius métis dilectus, in te complacui mihi » . « Oh ! quelle gloire pour Notre-Seigneur, s'écrie ici saint Cyprien ! Ce n'était pas assez qu'il eût été annoncé en particulier, comme Dieu et comme Sauveur du monde, aux bergers par l'ange, et aux mages par l'étoile; non satis est quod angeli locuti sunt pastoribu:, quod apparuit regibus stella. » Voici qu'il reçoit
directement de Dieu un témoignage plus solennel, plus splendide et plus glorieux de sa divinité : c'est la voix du Dieu tout-puissant, qui, retentissant aux oreilles et surtout au cœur des hommes, vient révéler au monde, sans énigme, sans ombre, sans figure, que Jésus- Christ, fils de l'homme, est le véritable Fils, le Fils consubstantiel et éternel de Dieu. Celui que Marie a mis au monde dans l'étable et qui reçoit le baptême des mains de Jean, c'est le Verbe divin « engendré de toute éternité du Père dans les splendeurs des saints » ; « nul ne le connaît, si ce n'est son Père » , et c'est ce même Père qui le révèle authentiquement au monde: « Ipse Pater auditur ». Entendez-vous, Ariens de tous les lieux et de tous les âges ? et vous, incrédules de tous les temps, impies déclarés ou blasphémateurs obscurs, ennemis manifestes, qui jetez ouvertement l'injure à la face du Sauveur, ou apostats hypocrites, qui cherchez dans l'éloge la forme la plus raffinée du sarcasme, entendez-vous ? C'est cette voix du Ciel qui dresse à Jésus-Christ un trône dans notre cœur à tous, et vous avez beau faire et beau dire, vous ne réussirez jamais à l'en chasser ; vous avez beau inonder le monde comme d'un déluge d'écrits pleins de négations sacrilèges, vous avez beau essayer d'étouffer les concerts de nos adorations sous le fracas de vos blasphèmes ; vous avez beau travailler à en imposer aux simples, en vous donnant orgueilleusement comme la personnification de la science, une voix plus puissante que la vôtre dominera à jamais vos clameurs ; c'est la voix souveraine du Dieu du Ciel: « Vox Domini super aquas ». Elle retentit comme un tonnerre à travers le monde contraint de l'entendre, et fait tomber l'humanité à genoux : Deus
majestatis intonuit » ; et, à un jour donné, elle peut briser vos fronts orgueilleux comme les cèdres du Liban : « Vox Domini confringentis cedros ».
Cette voix puissante et miséricordieuse, nous l'avons entendue, ô Seigneur Jésus, et nous croyons et nous confessons que vous êtes le Messie que les prophètes ont prédit, que la foi des peuples a longtemps attendu ; vous êtes le Verbe éternel qui s'est fait homme au milieu des temps, et na pas dédaigné d' « habiter parmi nous ». Oui, ô Jésus, Fils de Dieu, notre maître, qui êtes en votre Père et avec lui « dès le commencement », et qui, dans votre puissance, avez créé le monde; ô Jésus, fils de Marie, notre frère, qui êtes venu, il y a dix-huit siècles, revêtir l'infirmité de notre nature, vous faire humble et souffrant pour nous guérir par vos exemples et nous sauver par vos mérites; oui, ô Jésus, vous êtes véritablement Dieu : la voix de votre Père le proclame, et nous le proclamons avec lui, et, dans ce siècle tourmenté, nous vous resterons toujours fidèles, vous aimant d'un amour qui ne fera que s'accroître de l'ingratitude des malheureux qui vous délaissent, et vous servant avec un dévouement qui ne fera que grandir en proportion des ennemis qui vous attaquent.
Mais, si le mystère de ce jour a été glorieux pour Jésus-Christ, combien, M. F., n'a-t-il pas été précieux et salutaire pour nous ! Celui qui descend dans le lit du Jourdain, c'est bien le Dieu de toute pureté, la sainteté par excellence, l'Agneau immaculé ; mais, avec le manteau de notre chair, il a pris, comme nous le dit le grand Apôtre, la ressemblance du péché : « In similitudinem carnis peccati». Que dis-je ? « il s'est chargé de toutes nos iniquités », il
s'est fait le représentant de l'humanité coupable. Ne soyons donc pas surpris, M. F., de la démarche de Jésus-Christ au début de sa carrière publique : en se présentant devant le prophète du désert, devant l'austère prédicateur de la pénitence, devant Jean, il notifie solennellement au monde la mission qu'il vient remplir, celle d'expier tous nos péchés et de payer toutes nos dettes; il se présente, à notre place et en notre faveur, comme l'homme de péché, il se révèle, ainsi que l'a dit un savant interprète des saints Livres, comme le grand « pénitent de l'humanité : quasi reus et pœnitens pro mundo». Aussi est-il vrai de dire qu'en consentant à ce que Jean étende sur lui ses mains innocentes pour le baptiser, il consent à ce qu'un jour les Juifs portent leurs mains sacrilèges sur sa divine personne pour le flageller et le crucifier ; par le baptême d'eau qu'il reçoit, il s'engage à recevoir un jour un autre baptême qui fait l'objet de ses vœux les plus ardents, le baptême de son sang. « La scène du Jourdain, dit quelque part saint Grégoire le théologien, est comme un prologue du grand drame de notre Rédemption au Calvaire, puisqu'il commence à ensevelir dans les eaux de ce fleuve cet Adam terrestre et primitif, co vieil homme qu'il doit un jour faire mourir, en le crucifiant au Golgotha ». Le mystère du baptême de Jésus nous offre donc la réalisation de cette idée profonde de saint Paul : le Saint des saints, celui qui ne ne connaissait pas le péché : « qui non noverat peccatum », s'est fait pour nous la victime du péché; il a consenti à subir devant le Ciel et la terre l'humiliation de paraître et de s'accuser pécheur: « pro nobis peccatum fuit », et cela afin de nous purifier par le
mérite infini de cette confession et de cette pénitence, afin de nous rendre justes de la justice même de Dieu: « Ut nos efficeremur justicia Dei in ipso». >'. Que ce mystère est grand, qu'il est admirable ! nous écrierons-nous avec saint Ambroise : un seul s'est plongé dans les eaux, et il a procuré le salut de tous ». « En sortant du Jourdain et en remontant sur la rive, il enlevait avec lui, dit un autre Docteur, régénéré et sanctifié, le monde, dont il laissait sous les flots les crimes et les souillures : « Unus mergitur et salus omnium reparatur». Nous pouvons donc emprunter les paroles de notre belle liturgie et chanter, dansl'expansion de la joie la plus vive et avec l'accent de la plus profonde reconnaissance : « C'est en ce jour que l'Église a été fiancée à son céleste Epoux, c'est en ce jour que nous avons été tous unis à Jésus-Christ, qui a lavé dans le Jourdain les crimes de l'humanité tout entière ». La race humaine était comme un arbre puissant planté au Paradis terrestre, mais bientôt infecté de la sève du péché, et étendant à travers les siècles ses rameaux de malédiction, puisque, suivant le mot de saint Paul, flétris par la solidarité de la faute prinitive, tous les hommes ont failli en Adam : « In qno omnes peccaverunt ». Mais voici une tige nouvelle qui s'élève au sein de l'humanité : c'est Jésus-Christ, Dieu et homme, arbre de salut et dévie, dont la sève est le sang qu'il verse pour nous au Calvaire. Il faut donc que nous, rameaux de la tige maudite, nous soyons baignés dans ce sang divin. Or, M. F., le jour de son baptême, au témoignage à peu près unanime des Pères et des Docteurs; selon l'enseignement des plus illustres théologiens, et en particulier de saint Thomas, Jésus-
Christ donne à l'eau l'ineffable vertu de verser dans les âmes, en même temps qu'elle touchera les corps, le sang qu'il doit répandre pour elles à la Croix, et de leur appliquer les mérites de sa Passion et de sa mort. Au moment où la tête du Rédempteur est plongée dans le Jourdain par la main tremblante de son Précurseur , purifiées à ce bienfaisant contact, échauffées par les divines ardeurs du Soleil de justice, les eaux de ce fleuve, toutes les eaux du monde deviennent fécondes et reçoivent pour jamais une vertu sanctifiante : un privilège ineffable, comme celui qu'avait eu le sein de l'auguste Marie, de ne rien enfanter que de pur et de saint, leur est communiqué : c'est la puissance de la régénération, et, comme le dit saint Bernard, le droit du baptême, « jus baptismi ». «Jésus, dit saint Jean Chrysostôme, fait, en ce jour, du baptême ce qu'il fera trois ans plus tard de laPâque : comme il mangera l'agneau pascal, à la fois figure et souvenir, et nous donnera sa chair, gage de l'éternelle félicité, de même il reçoit le baptême juif, rite impuissant, cérémonie sans force, et nous rend le baptême chrétien, vraie source de grâce; acceptant la loi et donnant l'Évangile, il reçoit l'ombre et ajoute la vérité : « Recepit umbram et addidit veritatem». C'est par ce sacrement régénérateur, institué en ce jour par le divin Maître, en attendant que le précepte obligatoire en soit promulgué plus tard, que, greffés, suivant le mot de saint Paul, sur l'arbre de vie, qui est Jésus-Christ, nous devenons les rameaux de cet arbre, les membres de ce corps, dont il est le chef; et, par là, nous acquérons le droit d'entrer avec lui en possession du Ciel : «hodie cœlesti Spoiiso juncta est Ecclesia »... Il n'est donc
pas étonnant que le Saint-Esprit invisible dans la substance de sa divinité, descende en forme de colombe : la colombe est le symbole de la réconciliation et la messagère du pardon et de la paix. Elle apparaît aujourd'hui sur les eaux du Jourdain, comme autrefois à Noé sur les eaux du déluge, lorsque, portant le rameau d'olivier, elle annonçait la fin des maux qui avaient désolé la terre ; aujourd'hui comme alors, elle atteste que le temps de la colère est fini, et que celui de la miséricorde commence.
Remercions donc aujourd'hui, M. F., Notre-Seigneur Jésus-Christ de nous avoir donné, après l'étoile de la foi qui nous éclaire, l'eau régénératrice qui nous lave de nos souillures et nous sanctifie; remercionsle pour ce don parfait du baptême qui nous a fait ses frères et ses cohéritiers, nous ouvrant tout à la fois les portes de l'Église de la terre et les portes du Ciel ; mais, en même temps, rappelons-nous qu'à ces privilèges magnifiques nous avons répondu par des engagements sacrés. Restons-y invariablement fidèles, et, par là, nous glorifierons le Chef divin « dont nous sommes les membres ». On peut dire, en effet, qu'il en est de la gloire de Jésus-Christ comme de sa passion, selon la parole de saint Paul, c'est-à-dire qu'elle est encore inachevée, et qu'elle a besoin d'être complétée ; nous pouvons, sinous le voulons, ajouter, enun certain sens, un rayon de plus à la gloire incomparable du Sauveur. On a dit, et avec raison, que la' plus grande démonstration de la divinité de Jésus-Christ, c'est un cœur chrétien : soyons donc chrétiens, M. F., mais véritablement et dans la stricte acception du mot. Croyons à Jésus-Christ: il est notre Dieu; mais, en même temps,
aimons Jésus-Christ: il est le bien suprême; marchons sur ses traces: il est notre modèle; attachons-nous à lui de toutes les forces et de toutes les puissances de notre être, afin qu'après avoir goûté, en le suivant et l'aimant sur la terre, les seules félicités réelles du présent, nous le possédions dans la béatitude de l'éternel avenir. Ainsi soit-il !
PRÔNE