‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 6 sur 17 · POUR LA FÊTE DE NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS · texte numérisé non relu

POUR LA FÊTE DE NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS

(18 septembre 1864)

Un Pape qui eut sa large part dans les peines et les amertumes de la vie, un Pape qui, en butte aux calomnies des méchants et aux persécutions des forts, connut l'exil, la prison, les angoisses d'un père qui ne peut communiquer avec ses enfants, un grand Pape — car il est vraiment grand celui qui sait supporter avec courage les plus accablantes épreuves — , un grand Pape aimait à s'appliquer à lui-même ces paroles de l'apôtre saint Paul : « Christo confixus sum cruci, je suis attaché à la croix avec Jésus-Christ ». Or voulez -vous savoir, M. F., à quelle source précieuse cet auguste Pontife (vous l'avez nommé, Pie VII) puisait le calme intérieur, la sérénité d'âme qu'il sut si bien conserver, même au sein des peines les plus vives ? Il nous l'a dit lui-même : c'est dans la méditation des douleurs de la Très Sainte Vierge, c'est en contemplant Marie crucifiée par le cœur sur la Croix, où le corps de Jésus était attaché, qu'il se sentait animé à souffrir courageusement, comme la Mère avec le Fils. Et c'est en reconnaissance des consolations qu'il trouva à unir ses souffrances aux

SERMONS, PRONES ET INSTRUCTIONS IOI

souffrances de Marie que, lorsque des jours plus sereins se levèrent pour l'Église et pour lui, il établit la fête que nous célébrons en ce jour. Au Martyrologe et dans le Bréviaire romain, elle est désignée sous le titre de Fête des Sept-Douleurs, soit par allusion aux sept douleurs principales que de pieux auteurs remarquent dans la vie de la bienheureuse Vierge, soit plutôt, comme on le pense communément, pour exprimer, par le chiffre mystérieux de sept, les douleurs sans nombre, les angoisses incomparables de Marie pendant la Passion de son divin Fils. Ce sera donc entrer dans l'esprit de cette fête que d'essayer de vous exposer un grave enseignement renfermé dans le mystère des douleurs de Marie au pied de la Croix. Marie, par ses doulenrs, a été associée à la grande œuvre de notre rédemption ; en d'autres termes, Marie, par ses douleurs, est devenue notre mère, et, suivant la naïve et simple expression du peuple chrétien, notre Dame: telle est la pensée dont je viens offrir à votre piété le rapide développement.

Vous connaissez, M. F., la désolante prophétie que fit à Marie, au jour de sa Purification, un vieillard inspiré. A partir du jour où Siméon lui prédit dans le Temple que son Fils serait en butte à la contradiction et que son âme, à elle, serait transpercée d'un glaive de douleurs, la vie de la Très Sainte Vierge ne fut qu'un long martyre. Je ne m'arrêterai pas à vous exposer ce qu'elle eut à souffrir quand il lui fallut fuir en Egypte, pour soustraire le divin Enfant aux cruautés d'Hérode, le tyran persécuteur; je ne vous peindrai pas les angoisses qui torturèrent

son cœur maternel quand elle perdit, pendant trois jours, Jésus, son unique trésor; je ne vous dirai pas comment, unie de la manière la plus intime à son adorable Fils, participant à tous ses sentiments, identifiée, en quelque sorte, à sa vie, elle dut ressentir le rude écho, le douloureux contre-coup de toutes les humiliations et de toutes les amertumes dont il fut abreuvé. Tout cela n'est qu'un prélude, tout cela n'est, pour ainsi parler, qu'un prologue du drame déchirant qui l'attend au Calvaire. Jusqu'alors le glaive de la douleur, le glaive annoncé à l'avance par le saint vieillard, n'avait fait qu'entrer peu à peu dans le cœur de Marie ; mais, au pied de la Croix, il est enfoncé jusqu'à la garde.

Que sommes-nous, M. F., avec notre langage si infirme pour peindre les souffrances qui vinrent alors étreindre et déchirer le cœur de l'auguste Vierge ? La douleur de Marie au Calvaire, c'est la douleur d'une mère qui perd son fils ; il y a des mères ici, seules elles peuvent apprécier la plaie inguérissable qui se fait dans le cœur d'une mère, quand les jours de son fils sont en danger, quand des craintes longtemps prolongées se changent tout à coup en une affreuse certitude, et quand il faut qu'elle se dise à elle-même: Il va mourir, ce fils que j'ai porté dans mon sein, que j'ai nourri de ma substance, sur lequel j'ai concentré toutes les affections de mon âme, toutes les sollicitudes de ma vie, il va mourir La douleur de Marie au Calvaire, c'est la douleur d'une mère qui perd un fils qu'elle aime d'un amour à nul autre comparable. Pour bien sonder l'abîme d'affliction où elle fut plongée, il faut se rappeler que, si elle est mère, c'est par le plus étonnant des miracles. Son

cœur maternel a été fait tout exprès par le Tout- Puissant comme un chef-d'œuvre d'affection et de tendresse pour aimer un fils dans lequel elle voit son Dieu. « C'est Dieu le Père, dit Bossuet, qui, en associant, en quelque sorte, Marie à la chaste génération éternelle par laquelle il produit son Verbe, a fait couler dans son sein quelque étincelle de cet amour infini qu'il a pour ce bien-aimé fils, qui est « la splendeur de sa gloire et la vive image de sa substance ». Nulle douleur ne saurait donc être plus déchirante, parce que nul fils ne saurait être plus aimé : « Nul! us dolor amarior, quia niilla proies carior ». La douleur de Marie au Calvaire, c'est la douleur de la plus parfaite des mères qui voit mourir son fils sous ses yeux. C'est bien dire, comme nous l'enseigne saint Jérôme, que l'amour maternel opéra en Marie ce que la fureur des Juifs accomplit sur la personne de Jésus, c'est bien dire que « la Passion du fils est tout entière dans le cœur de la mère ; Quod Christus in corpoi-e, beata Virgo in corde perpessa est »... Oui, M. F., si la tête de Jésus est couronnée d'épines, le cœur de Marie en ressent toutes les pointes ; si le marteau des bourreaux enfonce des clous dans les mains et dans les pieds de Jésus, l'âme de Marie en éprouve chaque fois le contre-coup ; si on abreuve Jésus de fiel et de vinaigre, Marie en savoure toute l'amertume ; si on accable Jésus de railleries et d'outrages, Marie en reçoit tout le venin ; si la souffrance broie les membres tout ensanglantés de Jésus, Marie est brisée tout entière jusqu'au plus intime de son être : « Quod Christus in cor pore, beata Virgo in corde perpessa est ». Ah ! M. F., une pauvre mère, quand son fils est mourant et que la sueur de l'agonie coule sur son

front, elle a du moins la consolation d'essuyer cette sueur glaciale ; une mère, quand elle est auprès du lit de douleur de son fils, elle étend ses mains sous sa tête défaillante pour le soutenir ; elle approche de ses lèvres brûlées par la fièvre un breuvage rafraîchissant. Mais Marie, elle, elle voit mourir son Fils sans pouvoir en aucune manière alléger ses souffrances ; elle le voit insulter, et elle ne peut le secourir ; elle l'entend traiter de malfaiteur, et elle ne peut le jus-' tifier ; elle voit sa face adorable couverte de sang et de crachats, et elle ne peut l'essuyer ; elle voit sa tête qui s'affaisse sur sa poitrine, et elle ne peut la soutenir ; elle voit son sang qui ruisselle, et elle ne peut l'étancher ; elle voit la soif qui le brûle, et elle ne peut l'adoucir ; elle voit son regard qui s'éteint, et elle ne peut le ranimer ; elle le voit mourir d'une affreuse mort, et elle ne peut pas mourir de douleur et d'amour avec lui. Bien loin de procurer à son divin Fils le moindre allégement, elle est pour lui un surcroît de souffrances : il y a entre la mère et le fils, entre le fils et la mère une répercussion réciproque de douleurs. Ils se percent tous deux de coups mutuels : Marie souffre des douleurs de Jésus, et Jésus est ému des souffrances de Marie. « Il en est de ce fils et de cette mère, dit quelque part Bossuet, qu'on ne peut se lasser de citer, il en est de ce fils et de cette mère comme de deux miroirs opposés, qui, se renvoyant réciproquement tout ce qu'ils reçoivent par une espèce d'émulation, multiplient les objets jusqu'à l'infini. Ainsi leur douleur s'accroît sans mesure, pendant que les flots qu'elle élève se repoussent les uns sur les autres par un flux et reflux perpétuel, si bien que l'amour de la Sainte-Vierge est en cela plus

infortuné qu'il compatit avec Jésus-Christ et ne le console pas, qu'il partage avec lui ses douleurs et ne les diminue pas ». Je ne m'étonne plus maintenant d'entendre le Prophète comparer la douleur de Marie à l'immensité même de l'Océan : « Magna est sicut mare contritio tua ». Je ne m'étonne plus d'entendre la Sainte-Vierge elle-même s'écrier, du pied de la Croix, avec la divine victime : « O vous qui passez par le chemin, arrêtez-vous un moment, et voyez s'il est une douleur semblable à la mienne ». Je ne m'étonne plus d'entendre les Docteurs enseigner, en la montrant comme l'idéal de la souffrance, quejamais créature au monde n'éprouva le degré de peine dont son âme fut pénétrée. Je ne m'étonne plus d'entendre la sainte Église elle-même, non contente de donner à Marie le glorieux titre de martyre, la proclamer hautement « la reine des martyrs, Regina martyrum ».

Or, M. F., je vous le demande, ne verrons-nous dans cet émouvant mystère qu'un stérile spectacle de deuil et de lamentation ? Sachons-le bien, si la Vierge bénie, qui n'était pas montée au Thabor, a gravi le •Calvaire, si, retenue pendant trois ans à l'écart et loin des triomphes de son Fils, elle est tout d'un coup appelée au pied de sa Croix, ce n'est pas uniquement pour être témoin de ses angoisses; ce n'est pas uniquement pour lui déchirer le cœur de ses plaies que Jésus la veut à son heure suprême ; si elle assiste en personne à une scène si désolante, c'est que, nouvelle Eve, elle a, de concert avec Jésus, le nouvel Adam, un grand rôle, une grande fonction à remplir : dans la mystérieuse économie des desseins providentiels, elle doit être associée à la grande œuvre du rachat du monde. Vous le savez, M. F., quand, au jourmar-

IOÔ MONSEIGNEUR BILLARD

que par les décrets divins, le Père céleste voulut envoyer son Verbe sur cette terre, ce n'est point un ordre exprès qu'il chargea l'Archange de signifier à Marie en son nom et de sa part ; ce fut une simple invitation qui laissait la liberté de la Vierge sans violence et sans contrainte. Le messager des Cieux daigna négocier avec elle et lui demander son consentement, et ce n'est qu'après qu'elle eut acquiescé à l'offre divine que le Fils du Très Haut vint prendre chair dans ses chastes flancs. Il en est de même au Calvaire, M. F. : le consentement de Marie est requis pour l'immolation de la divine victime ; comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin, « le Ciel ne veut pas lui enlever son Fils sans qu'elle le donne ellemême » ; il faut qu'une ineffable union s'établisse entre l'offrande du Verbe incarné et celle de sa mère ; il faut que Marie entre, par la communauté des douleurs, en participation de l'œuvre expiatrice de Jésus ; il faut qu'elle souscrive à la mort de Jésus, comme elle a consenti à son incarnation dans son sein virginal. Mais, en vérité, un tel sacrifice était-il possible? Se peut-il que le Ciel exige d'une mère qu'elle ratifie par son consentement la mort de celui qu'elle aime d'un double amour et comme son fils et comme son Dieu ? Mères qui m'écoutez, s'il vous est jamais arrivé de feuilleter les vieilles pages de la Bible, peut-être avez-vous senti un frisson courir vos membres, en voyant Abraham conduire son fils sur la montagne de l'immolation, et peut-être vous êtesvous écriées : Oh ! non, non, Dieu n'aurait jamais demandé ce sacrifice à une mère ! Eh bien ! il l'a demandé à la plus tendre, à la plus parfaite des mères, il l'a demandé à Marie en l'appelant au pied

de la Croix et, ce qui semble passer toute créance, il l'a obtenu. Au sommet du Golgotha, comme trentetrois ans plus tôt dans la demeure de Nazareth, il a trouvé l'humble Vierge docile à son appel, et c'est ce que nous révèle clairement l'attitude de Marie au Calvaire. Elle n'y paraît pas défaillante ni abattue, la douleur inouïe qui l'oppresse ne l'a pas renversée par terre, elle ne s'est pas évanouie entre les bras de ceux qui l'entourent. Écoutez comment le saint Evangile nous la représente, il y a dans le texte inspiré toute l'énergique concision d'un procèsverbal : « Stabat juxta crucem, elle était debout près de la Croix ». M. F., le sacrificateur se tient debout à l'autel, Marie garde la même attitude ; que la terre tremble, que le soleil s'éclipse, que le voile du temple se déchire, que les rochers se fendent, que la nature entière s'émeuve et s'agite, Marie est debout : « Stabat juxta crucem ». Elle est debout par sa libre volonté, elleest debout comme un sacrificateur, elle est debout, offrant à Dieu, pour réparer sa gloire et pour sauver le monde, un Fils pour lequel, si Dieu l'eût permis, elle eût sacrifié mille vies. Et c'est ce que nous enseigne saint Ambroise, dont l'âme tendre nous a transmis de si précieux traits sur le caractère de Marie : « Elle se tient debout, nous dit ce saint Docteur, en face de la Croix; elle contemple les blessures de la divine Victime d'un regard plein d'intérêt pour les hommes plus encore que de compassion pour son Fils ; elle boit goutte à goutte et jusqu'à la lie le calice de sa Passion, d'où doit sortir le salut du monde. Elle se tient debout et la dignité de son attitude extérieure est encore surpassée par l'énergie et l'intrépidité de son âme ; la plus délicate des vierges,

la plus désolée des mères se montre la plus forte de toutes les femmes. Stabat corpore excelsa, anima excelsior ». Spectacle vraiment sublime que celui qui nous est offert au Calvaire ! D'une part, c'est l'Agneau de Dieu, qui s'immole pour l'expiation du péché ; d'autre part, c'est le Père Eternel, qui pardonne et se réconcilie le monde ; et, entre Dieu le Père et Dieu le Fils, c'est Marie, qui s'associe à leurs sentiments et qui participe à leurs actes. Elle prend le Fils pour règle de son obéissance : en lui et avec lui, elle se soumet aux décrets rigoureux du Père ; elle prend le Père pour règle de sa charité : en lui et avec lui, elle sacrifie son Fils pour le salut du monde: « Spectabat non degeneri mater spectacnlo ». Et c'est par ce sublime héroïsme qu'elle devient notre mère ; c'est grâce à cette générosité inouïe dans les annales du monde qu'elle reçoit la glorieuse investiture de la maternité spirituelle du genre humain. C'est, en effet, en recevant le dernier adieu de son Fils qu'elle entend sa parole mourante nous recommander à sa sollicitude, en la personne de Jean, qui nous représentait tous. « Cruel échange ! dit saint Bernard : en place de Jésus, elle n'aura plus que Jean ; en place du maître, elle n'aura plus que le disciple ; en place du Fils de Dieu, elle n'aura plus que le fils de Zébédée ; elle n'aura plus qu'un homme enfin à la place d'un Dieu ». C'est bien là, de tous les traits qui lui percent l'âme, le plus douloureux. N'importe ! Marie se soumet, Marie accepte; elle sacrifie son propre fils, et consent à nous avoir en sa place comme enfants d'adoption. « Mystérieux contraste, M. F., dirons-nous avec saint Anselme: à Bethléem, Jésus, le fruit béni de ses entrailles, fut

enfanté par elle sans douleur; au Calvaire, nous, ses enfants d'adoption, c'est au milieu des plus rudes angoisses qu'elle nous a enfantés : Erat magno dolore parturiens ». Qui ne comprendrait après cela, M. F., la parole de saint Augustin : « De même que Marie est la mère de Jésus-Christ, notre chef selon la chair, elle est la mère de ses membres, notre mère à tous selon l'esprit, et cela parce qu'elle a coopéré par sa charité, c'est-à-dire par le sacrifice volontaire de son Fils, à la naissance des enfants de l'Église » ? Oui, M. F., remarquez-le bien, et c'est la conclusion de notre entretien : Jésus-Christ est Dieu, et Marie n'est qu'une simple créature ; Jésus-Christ seul a sauvé le monde par ses souffrances et par sa mort d'un prix infini, mais il a voulu associer Marie à son œuvre et la faire concourir avec lui à notre salut. Les douleurs du fils et de la mère ont été fécondes : Jésus, en mourant, nous a donné la vie ; en consentant à cette mort, Marie a participé au don de cette vie. Comme une femme se trouvait avec le vieil homme au pied de l'arbre qui nous a perdus, il se trouve une femme avec l'homme nouveau au pied de la Croix, au pied de l'arbre qui nous sauve. Jésus, le nouvel Adam, est l'homme des douleurs, « sachant l'infirmité » ; Marie, la nouvelle Eve, est la mère des douleurs. Jésus s'est fait notre Sauveur par sa passion ; Marie est devenue notre mère par sa compassion. Pour nous avoir rachetés, Jésus est notre Seigneur ; pour avoir coopéré à notre rachat, Marie est notre Dame.

Chrétiens, enfants du sang de Jésus-Christ, enfants des larmes de Marie, oh ! n'oublions pas les gémis-

sements de notre Mère ; ne les oublions pas : ils donnent à notre confiance son appui le plus solide. Invoquons souvent Marie reine des martyrs, Marie mère des douleurs : le malheur l'a rendue compatissante ; dans nos peines, dans nos tribulations, tournons vers elle des yeux remplis de larmes : il n'est pas nécessaire que nous lui parlions longuement, il suffit qu'elle nous voie, elle comprend le langage des pleurs, et son cœur maternel se plaît à verser la consolation dans les âmes affligées. Invoquons-la donc toujours avec confiance, mais aussi prenons-la pour modèle : apprenons à son école comment il faut souffrir, puisons dans son exemple la force et le courage dont nous avons besoin au sein des épreuves, considérons-la sur le Calvaire en face de son Fils expirant, et, en la voyant lutter contre la plus profonde des douleurs, et se courber avec tranquillité sous les coups qui la frappent, nous ne voudrons pas, dans de moindres épreuves, nous montrer moins généreux, et, participant à la sainte énergie de sa résignation, nous mériterons commme elle, après avoir « semé dans les tribulations », de « moissonner dans la joie », au Ciel. Ainsi soit-il !

PRÔNE

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