‹ Œuvres choisiesChapitre 35 sur 37 · SUR LA PATIENCE DANS LES MALADIES · texte numérisé non relu

SUR LA PATIENCE DANS LES MALADIES

(Réunion du soir, 6 septembre 1863)

Un saint religieux, d'une éloquence incomparable, a exprimé en termes d'une frappante originalité une pensée profondément vraie: «De même, dit-il, que, depuis soixante siècles, il tombe du ciel par année une certaine quantité de pluie, de même il tombe du cœur de l'homme une certaine quantité de larmes ». Or, M. F., ai-je besoin de le dire ? la source de ces larmes, c'est la souffrance, et souvent la souffrance physique ; ce sont ces maladies, ces infirmités de toute sorte qui, depuis la prévarication originelle, semblent devenues l'apanage et le patrimoine de l'homme, qu'il soit riche ou qu'il soit pauvre, qu'il soit couché sur la pourpre dans un palais ou étendu sur un grabat dans une misérable mansarde ; ces maladies, ces infirmités qui nous reçoivent quelquefois aux portes mêmes de la vie, qui nous accompagnent souvent dans tout le cours du voyage, qui nous attendent infailliblement à la mort. C'est de la patience dans les maladies, de la résignation dans les douleurs physiques que je viens vous entretenir quelques instants ce soir.

Il n'est pas hors de saison, ce nous semble, de traiter dans notre réunion ce sujet éminemment pratique et qui convient à tous, aux âmes même les meilleures et les plus parfaites. Qui d'entre nous, en effet, ne le sait par expérience ? il faut une rare et bien solide vertu pour conserver toujours dans la patience une parfaite égalité d'humeur, quand la maladie, avec ses crises variées, vient nous miner sourdement et agacer notre sensibilité nerveuse par des douleurs incessantes. Oh ! alors, oui alors, il est bien difficile de rester calme, quand tout nous surexcite, d'être prévenant et aimable pour ceux qui nous approchent, quand tout nous fatigue et nous irrite, même les témoignages d'affection et d'intérêt qui nous sont prodigués. Aussi, il faut bien le dire, les vertus les plus sérieuses et les mieux trempées ne résistent pas toujours à cette épreuve, et il n'est que trop fréquent de voir des personnes sincèrement pieuses s'échapper alors en brusqueries, en impatiences, en murmures, en saillies de caractère qui les humilient, dès qu'elles y réfléchissent, je le veux bien, mais qui n'en sont pas moins remarqués au dehors, et produisent sur ceux qui en sont les témoins des effets regrettables, en leur donnant une idée fausse et défavorable de la piété.

Le pieux auteur de V Imitation a dit quelque part une parole dont l'expérience vient chaque jour nous donner une désolante démonstration pratique : il a dit que « peu de personnes s'améliorent par la maladie ». Si rudes, en effet, sont les combats qu'il faut livrer à la nature, si laborieuses sont les victoires qu'il faut remporter sur ses instincts pour ne pas

perdre courage et « posséder constamment son âme dans une inaltérable patience », quand les maladies, qui sont comme les assauts de la mort, viennent, en tombant sur nos corps, leur imprimer tantôt une faiblesse générale, tantôt une infirmité particulière, tantôt les premiers stigmates de la vieillesse, tantôt enfin les difformités de la laideur ! Oh ! qu'on a de peine à conserver le front serein, l'abord accueillant et aimable, quand une crise douloureuse vient étreindre et torturer nos membres! Comment résister à la tristesse et n'en pas porter l'empreinte sur le visage, quand on se sent atteint d'un de ces maux mystérieux dont le secret se dérobe à la science, que nul remède ne soulage et qui, tôt ou tard, doivent nous arracher à des parents, à des amis qui ont besoin de notre présence et de notre appui ? Et même, sans aller si loin, je vous en atteste, qu'il est dur et navrant pour le cœur de se sentir sevré de tout plaisir, de toutes relations de société ou de famille par des souffrances qui, pour n'être pas dangereuses, n'en sont pas moins fatigantes ? Aussi, parmi tous les témoignages de foi, d'amour, de dévouement que peut donner une âme à son Dieu, je n'en trouve guère qui surpasse le témoignage de l'inaltérable et courageuse patience qui sait résister à cette épreuve ; je n'en trouve guère qui égale celui d'une âme qui se conserve pleine de vie, de force, de fermeté dans des membres frappés de mort. Mais hélas ! qu'elle est rare, cette disposition de l'âme, et que le pieux auteur de V Imitation a bien raison de l'appeler dans un autre endroit : « grande et bien grande, magnum, valde magnum ! »

De quel progrès spirituel ne serait-elle pas cepen-

dant la source, M. F., si nous avions soin de nous y entretenir? Vous connaissez comme moi, M. F., ces paroles de l'apôtre saint Paul : « Virtus in infirmitate perficitur », et ces autres : « Cum infirmor, tune potens sum ». D'ailleurs, M. F., c'est une vérité élémentaire de la vie spirituelle: pas d'avancement possible dans le chemin de la perfection, pas de progrès dans l'œuvre de notre sanctification, sans la pratique habituelle de la mortification. Or qui ne sait que la maladie supportée chrétiennement est une des mortifications les plus agréables à Dieu, les plus précieuses à ses yeux, puisque la volonté n'y est pas moins brisée que le corps? Les mortifications volontaires que l'on s'impose, telles que les jeûnes et autres austérités, portent avec elles cette consolation qu'on ne les subit que parce qu'on le veut, et qu'on les arrête quand on le veut. Mais la maladie est une pénitence que nous ne pouvons ni abréger ni modifier à notre gré ; conséquemment, elle n'en est que plus dure. Et, si nous la supportons avec patience, avec douceur, avec résignation, si nous la supportons en vrais chrétiens, en nous abandonnant au bon plaisir divin, elle sera une expiation des plus utiles pour nos péchés, comme une occasion incomparable de mérites.

Encore une fois, M. F., ce sont là des vérités bien élémentaires, il n'est cependant pas inopportun de vous les remettre en mémoire ; j'ai même la confiance que vous me saurez gré de vous les rappeler, si enclins nous sommes à les oublier, à les perdre de vue ! Quand donc nous tomberons malades — et nul ne peut se flatter que ce ne peut être que dans un avenir éloigné — ; quand n'importe quelle souffrance vien-

dra nous éprouver — et nul de nous ne peut se rendre le témoignage de n'en entrevoir la possibilité que dans un lointain horizon — ; quand nous tomberons malades, — ce sera peut-être demain ; — quand nous serons souffrants , — nous le sommes peut-être en ce moment, — oh ! M. F., si nous n'avons pas cet héroïsme qui va jusqu'à se réjouir de la douleur, comme du meilleur moyen de sanctification, ayons au moins le courage de souffrir avec résignation, ayons au moins le courage de nous écrier avec le Sauveur au jardin de Gethsémani, qu'on peut bien appeler le jardin des douleurs : « Seigneur, que votre volonté soit faite et non pas la mienne ! »

Oui, M. F., au lieu de nous laisser emporter par la souffrance ; au lieu de murmurer et de nous aigrir avec amertume, comme les hommes sans foi ; au lieu de la défier avec un orgueil stoïque, comme le sage du paganisme, en nous écriant comme lui : « Douleur, tu n'es pas un mal ! », comprenons que la volonté de Dieu est toujours adorable, même lorsqu'elle nous frappe et nous déchire ; baisons avec amour et soumission la main miséricordieuse qui, comme celle du médecin charitable, ne blesse que pour guérir. Il vous arrive peut-être, M. F., de rencontrer des personnes que le plus léger malaise impatiente et exaspère, des personnes qui, pour la moindre fatigue, pour le mal le plus bénin, deviennent à charge aux autres et à elles-mêmes, se font servir avec irritation, t}-rannisenttous ceux qui les entourent, et aggravent leurs maux en se laissant aller à leur humeur, pour ne pas dire à leur colère. Je ne me le dissimule pas, tout cela est dans la nature, tout cela se conçoit facilement: le cœur aigri, ulcéré

a comme un besoin de s'échapper ; mais tout cela n'est ni raisonnable ni chrétien : ce n'est pas raisonnable, parce que ces emportements, ces brusqueries ne guérissent rien et ne servent qu'à nous rendre insupportables aux autres et à nous-mêmes ; ce n'est pas chrétien, car Dieu veut par ces épreuves nous épurer, nous sanctifier, nous faire comprendre que la vie d'ici-bas n'est qu'un passage vers une vie meilleure, et nous, au lieu de profiter de cet enseignement, nous « regimbons contre l'aiguillon », aigrissant nos douleurs et en perdant tout le fruit. Oh ! qu'il n'en soit pas ainsi de nous ! Quand la maladie vient nous visiter avec son désolant cortège de souffrances de toutes sortes, tâchons de la supporter par une constante résignation, et sachons édifier les autres par notre patience, au lieu de les contristér par nos brusqueries; offrons à Dieu nos douleurs, si pénibles, si aiguës soient-elles ; offrons-lui, en outre, ces ennuis, ces langueurs, ces défaillances, cette incapacité de rien faire qui sont souvent plus durs que les souffrances elles-mêmes; appliquons-nous aussi, par une conséquence naturelle, à être bons, aimables, reconnaissants envers ceux qui nous approchent : si nous souffrons, eux, ils se fatiguent à notre service, et c'est bien le moins que nous leur en témoignions quelque gratitude.

Pour nous initier à cette patience, un moyen efficace nous est proposé par l'apôtre saint Paul: c'est de « jeter un regard sur Celui qui est l'auteur et le consommateur de notre foi ; aspicientes in anctorem fidei et consummatorem, Jesum ». Oui, M. F., dans un regard jeté sur Notre-Seigneur, on trouve infailliblement le baume salutaire de la pa-

tience. Est-ce que la vie du Sauveur Jésus n'a pasété une série ininterrompue d'amertumes, d'angoisses et de tourments ? Est-ce que, depuis sa crèche de Bethléem jusqu'à sa couche sanglante du Calvaire, il a cessé un instant de marcher dans la voie douloureuse ?Or, M. F., « le disciple n'est pas au dessus du Maître », et, « si on traite ainsi le bois vert», nous ne pouvons nous étonner qu'on ne traite pas mieux « le bois sec ». Dans nos souffrances donc regardons Notre-Seigneur, regardons notre crucifix Regardons aussi Marie, la Mère des douleurs: jamais cœur humain n'a été plus brisé que le sien; sa douleur a pu édifier celle de « tous ceux qui passaient par le chemin » ; « elle s'est élevée au dessus de toutes les autres douleurs », et cependant Marie a été résignée,, pleine d'amour et d'abandon entre les mains de

Dieu Regardons Marie, regardons les saints:

leur conduite nous révèle dans les souffrances la plus

inaltérable patience. C'est un saint André un saint

François de Sales un saint Ignace un saint

Vincent de Paul une sainte Thérèse un saint

Jean de la Croix (développements improvisés .)

Voilà les saints...

Je souffre, dit le malade chrétien, eh bien ! tant mieux, car, si je fais mon Purgatoire en ce monde, je l'éviterai en l'autre. Cette pensée n'empêche pas l'aiguillon de la douleur; elle ne rend pas insensible et dur, comme on affecte parfois de le croire ; mais elle opère dans le cœur un sentiment que l'incrédule ne comprend pas ; elle fait aimer la douleur. On la considère comme une chose passagère et de courte durée, mais qui prépare une récompense sans fin. « On souffre, dit saint Augustin ; comme le premier

des martyrs, on voit le Ciel ouvert, et l'on se garde bien de préférer la pauvre étable si fragile de ce bas monde à la maison permanente qui nous est réservée». On souffre, mais on se dit que «les souffrances de cette vie ne sont rien en comparaison des joies éternelles», et que plus on souffre ici-bas, plus on doit avoir, par delà le tombeau, dans une vie meilleure, de félicités et de repos... etc..

(Fin improvisée)

INSTRUCTION

SUR LA NATIVITÉ DE MARIE (Réunion du soir, 8 septembre 1863)

Lorsque vient au jour un prince de la terre, quand le Ciel donne au monde un de ces enfants destinés à habiter un palais, à monter sur un trône et tenir un sceptre en main, l'univers entier en est averti, les réjouissances publiques solennisent sa naissance,, tout le peuple est en fête. Or, M. F., je vous le demande, pourquoi cette naissance, semblable, au fond, à celle du dernier des sujets, est-elle ainsi célébrée? D'où tire-t-elle cette illustration qui la relève à tous les yeux? Vous l'avez deviné, la grandeur passée de sa famille, la grandeur future de ses destinées, voilà ce qui fait naître autour du berceau d'un jeune prince, un tel concert de joie, une telle explosion d'allégresse. Eh bien ! M. F., en ce jour, où nous fêtons l'anniversaire de l'arrivée en ce monde de la Reine des Cieux, de la Reine des anges et de tous les saints, de notre princesse à nous, que puis-je mieux faire, pour vous donner une idée de la grandeur de cette naissance, que de vous exposer quelles splendeurs l'avaient précédée, quelles splendeurs devaient la suivre ? Que puis-je mieux faire, en vous convoquant autour de son berceau, que de vous

montrer le passé et l'avenir apportant à cette illustre enfant, qui vient de naître, l'un ses plus beaux souvenirs, l'autre ses plus douces espérances ?

Si nous consultons, M. F., les annales du passé, pour y découvrir les titres à la gloire et à la vénération de cette enfant qui est aujourd'hui donnée à la terre de Judée, la première circonstance qui nous révèle sa grandeur c'est que, prédestinée de toute éternité dans les conseils du Très Haut, elle fut annoncée par les prophètes dès les premiers jours du monde. C'est l'Église elle-même qui nous raconte en ces termes la vie antérieure de l'auguste Marie, en lui appliquant ces paroles de l'Esprit-Saint : « Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies, j'ai été formée dès l'éternité; les abîmes n'existaient pas et j'étais déjà conçue, les sources n'avaient point encore jailli, les montagnes ne reposaient pas encore sur leurs bases pesantes, j'étais enfantée avant les collines; Dieu n'avait encore fait ni la terre ni les fleuves, il n'avait pas encore affermi le monde sur ses pôles; lorsqu'il préparait les Cieux, j'étais présente ; lorsqu'il entourait les abîmes et qu'il leur donnait des lois, lorsqu'il établissait l'air dans les hauteurs et qu'il équilibrait les eaux des fontaines, lorsqu'il entourait la mer de tous côtés et qu'il défendait aux flots de franchir leurs bornes, j'étais avec lui réglant toutes choses». Vous le voyez, M. F., Marie était de toute éternité présente à l'esprit du Père, comme devant coopérer à la grande œuvre de notre rédemption ; elle était devant ses yeux, quand il créait ce monde, comme une aide qu'il se choisissait, pour réparer la première faute et pour créer

une seconde famille meilleure et plus élevée que la première. Aussi, quand, au berceau du monde, le premier homme eut désobéi à son Créateur, en même temps qu'il entendit la foudroyante sentence qui le condamnait, il reçut dans son cœur une prédiction consolante. Entr'ouvrant à son regard l'horizon des siècles futurs, Dieu lui montra dans le cours des âges le Réparateur, qui devait le relever de sa déchéance, et lui annonça en même temps la Réparatrice, qui devait « écraser la tête du serpent infernal ».

Mais ce n'est pas l'unique gloire de Marie de se trouver à la tête des divines révélations et d'être annoncée au monde en même temps que Jésus. A mesure que les siècles se déroulent, les termes de la promesse s'éclaircissent, les prophéties deviennent plus nombreuses, les figures sont transparentes. On dirait que son portrait se dessine peu à peu et, pour ainsi dire, ligne par ligne dans le cours des générations. Car comment ne pas voir dans Sara, dont un miracle féconde la stérilité, dans Débora et Judith, victorieuses des ennemis du peuple de Dieu, dans Bethsabée, siégeant en reine à la droite de Salomon, dans Esther, sauvant son peuple des fureurs d'Aman, comment ne pas voir, sous la réunion de ces traits divers, un portrait presque complet de Marie ? Et, quand les jours sont arrivés où doivent tomber les voiles des figures, c'est lsaïe, c'est l'Evangéliste anticipé qui vient achever le tableau, en annonçant au monde « qu'une Vierge concevra et enfantera un fils, qui sera nommé Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous ».

En vérité, M. F., est-ce une naissance ordinaire que celle de cette enfant ainsi figurée, ainsi annoncée

dans le cours des siècles ? A ce premier titre de gloire vient s'en adjoindre un second : c'est que cette enfant, c'est que Marie puise le sang qui coule en ses veines à la source la plus noble et la plus illustre. Elle est fille des rois de Juda, elle remonte, par sa généalogie, jusqu'à David, jusqu'à Abraham. Vit-on jamais pareils titres de noblesse ? La famille qui, chez le peuple choisi, a porté le sceptre, et la famille qui porte encore l'encensoir; la famille qui a donné des princes à la Judée, et la famille qui donne des Pontifes au peuple de Dieu, ces deux familles, par un trait signalé de la Providence, viennent s'unir, et le fruit de cette union, c'est Marie. Vit-on jamais une origine plus éclatante de gloire et de splendeur ?

Mais là ne s'arrêtent pas les sources de l'illustration qui relève la naissance de Marie. Qui ne sait qu'elle doit le jour à un prodige et qu'elle est l'enfant du miracle? La tradition catholique nous apprend que la mère de Marie était stérile et avancée en âge. Depuis longtemps, Anne et Joachim avaient perdu l'espoir de donner au monde le Sauveur d'Israël. Résignés à la divine volonté, ils attendaient en paix la fin de leur pèlerinage, et se consolaient dans les saintes pratiques de la piété de ne pouvoir être comptés un jour parmi les ancêtres du Messie. C'est alors que Dieu fixe son regard sur leur obscure demeure, et que la femme stérile devient mère et enfante. « Dieu voulait, par ce miracle, dit saint Jean Damascène, préluder aux grands prodiges qu'il devait un jour opérer ».

Mais tout cela est peu pour la gloire de Marie. Le grand privilège de sa naissance, c'est d'arriver au monde toute pure, toute sanctifiée et d'avoir été

conçue sans souillure. La foi nous l'affirme, en effet, la loi universelle de corruption qui pèse sur l'humanité a suspendu en faveur de Marie son règne de mort; par une création privilégiée, qui l'a dérobée au contre-coup de la déchéance universelle, par une prérogative unique, par un bienfait spécial, qu'elle ne partage avec personne, pas même avec le saint précurseur du Messie, Marie fut conçue dans une innocence parfaite. Dès le premier instant où son âme sortit des mains du Très Haut et fut unie à son corps, elle fut le trône du Seigneur, le sanctuaire de l'auguste Trinité, et, au jour où elle apparut à la terre, enrichie de grâces qui n'avaient fait que s'accroître, les anges purent venir entourer son berceau et la saluer en lui adressant ces paroles divines : « Vous êtes toute pure, vous êtes toute sainte, ô

enfant bien-aimée » Et nous-mêmes, M. F., que

pouvons-nous faire autre chose, en voyant naître cette enfant précédée de tant de titres de gloire, que pouvons-nous faire autre chose que nous écrier avec un saint Docteur: « La naissance de Marie, c'est, un abîme de miracles ; nativitas Mariœ, abyssus miraculorum » ? Mais achevons de comprendre toute sa grandeur, en voyant ce qui doit suivre sa naissance. C'est un usage parmi les hommes d'apprécier la naissance d'un enfant sur le sort que l'avenir lui offre et sur les destinées qui l'attendent. Le berceau du pauvre est inconnu comme sa tombe, le berceau du prince est salué par les cris de la joie et de l'enthousiasme. Oh ! combien grande n'est pas la naissance d'une enfant qui devait être un jour la gloire du Ciel, l'espérance de la terre, la terreur de l'enfer et la mère de Dieu !

Oui, Marie, elle est la gloire du Ciel. Les anges, les esprits célestes descendirent en foule pour faire un cortège d'honneur, dès sa naissance, à cette enfant, pour la couvrir de leurs ailes et la contempler avec amour ; demandons-leur, comme autrefois les parents de Jean-Baptiste : « Quis putas puer iste erit » ?... Oh ! nous répondront-ils, c'est notre Reine qui vient de naître. Elle est destinée à être un jour l'ornement du Ciel; un jour elle y montera pour y prendre place sur un trône éclatant auprès du Seigneur, et nous-mêmes nous irons au devant d'elle avec acclamation, et nous la saluerons avec respect comme notre souveraine, et nous admirerons, dans l'extase, ses vertus et ses perfections.

Au reste, ce berceau, où repose la gloire future du Ciel, renferme aussi toutes les espérances de la terre. Un temps viendra où les hommes n'auront qu'à l'invoquer pour obtenir les grâces dont ils ont besoin. Le pauvre la priera, et elle viendra au secours de sa détresse ; le malade la priera, et elle consolera ses souffrances ; l'affligé l'invoquera, et elle essuiera ses larmes ; le captif aura recours à son assistance, et elle fera tomber ses chaînes ; le matelot criera vers elle au plus fort de l'orage, et il sera préservé du naufrage ; le guerrier l'appellera sur le champ des combats, et il sera arraché à la mort; le pécheur se jettera dans ses bras, et il sortira de l'abîme de son péché. Oui, elle vient au monde pour être l'espérance de la terre.

Mais elle sera aussi la terreur de l'Enfer, elle étendra sa souveraineté jusqu'au fond des abîmes. Celle qui « écrase la tête du serpent » maudit, sera à jamais l'ennemie acharnée et la reine victorieuse de toutes les phalanges infernales.

Au reste, si Marie doit être à la fois la gloire du Ciel, l'espérance de la terre, la terreur des démons, c'est que Dieu veut en faire la Mère de son Fils. Ce mot dit tout, c'est la plus grande des destinées que Dieu prépare à cette auguste Vierge.

Oui, elle sera la mère de Dieu Qu'on ne me

cite donc plus en sa faveur d'autres titres de gloire ! Qu'on ne me parle plus des oracles quil'ont annoncée, ni du sang royal qui coule en ses veines, ni des privilèges qui lui furent accordés avant de naître ! « Paries antem filium, et vocabis nomen ejus Jesum »: là est toute sa gloire. Gravons cette parole sur son berceau et nous comprendrons la grandeur de sa naissance.

Deux fruits à recueillir imiter l'humilité de

Marie dans ses grandeurs, et sa fidélité à la grâce dans toutes les circonstances privilégiées dont elle fut favorisée de Dieu

{Fin improvisée).

PRÔNE

SUR LA COMMUNION INDIGNE POUR LE XIXe DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE (4 octobre 1863)

Suivant l'interprétation d'un certain nombre de Docteurs, M. F., le festin des noces dont il est ici question nous offre la désignation symbolique du mystérieux banquet de l'Eucharistie. La robe nuptiale, dont il faut avoir soin de se revêtir avant de prendre part au festin, c'est l'innocence, c'est la charité, c'est l'état de grâce. Les ténèbres extérieures, où le roi fait précipiter le malheureux qui avait osé s'asseoir à sa table sans la robe des noces, c'est l'affreux châtiment de la réprobation, c'est l'abîme de l'éternelle damnation, c'est l'Enfer, auquel se vouent les infortunés qui ont l'audace de se présenter à la Table sainte avec une conscience coupable.

Quand Dieu, M. F., « le Roi immortel des siècles », daigna s'unir à l'Église par les liens de l'alliance la plus étroite etla plus indissoluble, il voulut donner un festin qui surpassât en excellence tous les festins du monde. Dieu qu'il est, il voulut traiter les invités en Dieu, mais « avec toute sa sagesse, dit saint Augus-

tin, il ne pouvait rien imaginer de plus à nous donner que lui-même; avec tous ses trésors infinis, il n'avait pas de plus grandes richesses à nous faire partager; avec toute sa puissance il ne pouvait pas nous communiquer davantage ». C'est bien vous dire qu'il ne trouva pas dans son cœur de marque d'amour plus touchante que l'institution de l'adorable Eucharistie, ce banquet sacré, cette table mystérieuse, où il consent à se donner lui-même aux âmes en nourriture. D'un bout du monde à l'autre, l'Église appelle ses enfants autour de cette table que leur a dressée son adorable Époux. Tous peuvent venir y prendre part : le riche comme le pauvre, l'homme du peuple comme le prince. Mais tous, avant de s'asseoir à la table du grand roi, doivent avoir soin, sous peine du plus terrible des châtiments, de se revêtir de la robe des noces, de la robe de l'innocence conservée intacte depuis le baptême, ou du moins purifiée dans les eaux de la pénitence, si les souillures du péché en ont altéré la blancheur. Mais, hélas ! M. F., pourquoi faut-il que l'Église ait de temps en temps à pleurer sur la lamentable audace de quelques-uns de ses enfants qui osent s'asseoir à la Table sainte sans la robe nuptiale, qui osent s'approcher de la sainte Communion sans l'innocence conservée ou reconquise ? 11 n'y a pas ici, nous aimons à le croire, nous sentons le besoin de l'espérer, oh non ! il n'y a pas ici de ces chrétiens profanateurs dont la malice va jusqu'à transformer le mystère de la charité en un mystère de douleur. Mais cependant n'est-il pas bon de considérer de temps en temps l'énormité et les affreuses conséquences de ce crime pour en concevoir toute l'horreur qu'il mérite ?

Outrager un Dieu, M. F., l'outrager par l'abus de la plus glorieuse et de la plus signalée des faveurs, l'outrager à l'instant même où sa tendresse nous donne le gage le plus éclatant d'amour, l'outrager enfin pour le condamner au plus sanglant des opprobres comme au plus douloureux desmartyres, n'est-ce pas là, M. F., je vous en prends à témoin, un des forfaits les plus odieux que puisse consommer une âme humaine ? Tel est, M. F., le crime du chrétien qui vient à l'autel recevoir son Dieu dans une conscience souillée par le péché mortel. Celui qu'il outrage ou, pour parler le langage de l'apôtre saint Paul, celui qu'il « crucifie de nouveau », c'est le Fils du Très Haut. Et comment le crucifie-t-il ? En donnant à la haine une place dans le sacrement de l'amour, en allant le prendre des mains de son prêtre pour lui ériger dans son cœur un calvaire. Et à quel moment ? A l'heure même où ce bon Maître lui montre l'excès de sa tendresse en consentant à descendre dans son âme et à devenir sa propre nourriture. Et pourquoi enfin l'insulter ainsi dans l'acte le plus touchant de sa miséricorde? Ah ! M. F., oserai-je le dire? C'est pour identifier sa chair adorable avec des sens dont il a fait peut-être des vases d'ignominie, des armes d'injustice ; c'est pour faire couler son sang divin dans un cœur plein de vices et de corruption ; c'est pour unir son âme sainte à une âme plongée dans la fange ; c'est enfin pour l'engloutir vivant dans une sorte d'enfer, où il le force, lui, la sainteté par essence, à se trouver face à face avec des ennemis qui l'insultent et des vices qu'il abhorre. En vérité, M. F., quel forfait ! Et quand faudra-t-il s'écrier, avec le prophète Jérémie : « Obstupescite, cœli ; cieux, soyez dans la

consternation ! » si ce n'est en présence de ce crimeT que saint C}^prien appelle un crime de lèse-majesté divine, puisqu'il s'en prend à Dieu lui-même? Oh! M. F., je ne m'étonne plus de voir saint Pierre Damien peindre le chrétien profanateur sous les traits d'un bourreau qui porte une main téméraire sur la personne adorable du Sauveur ! Je ne m'étonne plus d'entendre le grand évêque d'Hippone, saint Augustin, dire à son peuple que ceux qui profanent le corps de Jésus-Christ régnant dans le Ciel, sont plus criminels que ceux qui le clouèrent à la croix pendant qu'il était sur la terre ! Je ne m'étonne plus d'entendre saint Jean Chrysostôme s'écrier, avec une énergie qu'on ne saurait dépasser, que, pour communier indignement, il faudrait être mille fois plus méchant que l'esprit du mal, que le démon lui-même : « Mitlto dœ m 0 n io p ejor » .

Certes, M. F., quand nous parcourons l'Évangile, nous sommes révoltés de l'infâme trahison du disciple apostat. Et ce sera à jamais la honte d'un romancier sacrilège de notre temps de s'être un moment senti pris de compassion pour Judas, et de s'être donné le rôle plus qu'étonnant de réhabiliter un homme que la conscience humaine a pour jamais marqué d'un sceau ineffaçable de réprobation. Trahir un maître qui l'a comblé de biens, le trahir et l'envoyer à la mort pour satisfaire le plus vil intérêt, le trahir après en avoir reçu le gage de la plus touchante tendresse, le trahir enfin avec une démonstration apparente et tout hypocrite de respect et d'amitié, voilà le crime honteux de l'Iscariote Judas, à la pensée duquel vous êtes tentés, j'en suis sûr, de répéter avec saint Ambroise, parlant d'un autre attentat, que c'est un

monstre d'inhumanité propre à faire frémir les barbares eux-mêmes : « Qnod etiam omnes barbari horrere consneverunt ». Or, dites-moi, M. F., n'est-ce pas le crime du profanateur de l'Eucharistie? Il vient en apparence pour adorer, mais, au fond, il méprise et il outrage... Il feint d'offrir à son Dieu une pieuse hospitalité préparée par l'amour, et il ne lui donne entrée dans son cœur que pour le livrer au démon qui y règne en maître. Il fléchit le genou en signe de respect, et il lui prépare un douloureux martyre. Il lui donne un baiser, qui est la marque de l'amitié, et il le change en un signal de trahison. Au moment même où il reçoit son corps comme pain de vie, son sang comme breuvage d'immortalité, il lui dresse une nouvelle croix. « Il se rend coupable de son corps et de son sang », dit le grand Apôtre : coupable de son corps, comme s'il l'avait crucifié, coupable de son sang, comme s'il l'avait répandu : « Rens erit corporis et sanguinis Domini ».

J'en appelle maintenant, M. F., à votre témoignage, une telle indignité ne surpasse-t-elle pas toutes les noirceurs imaginables ? On dit, M. F., qu'au moment où sa ruine approcha, le Temple de Jérusalem se prit à trembler, comme saisi d'épouvante, et qu'un docteur de la loi, témoin de ce prodige, ne put s'empêcher de s'écrier : « O temple ! qu'est-ce que tu as ? dis-moi ce qui t'agite ? » Et nous, M. F., à la vue des profanations qui attristent le sanctuaire, nous nous écrierons volontiers : Pourquoi le temple ne frémit-il point d'horreur et d'indignation? Pourquoi le monde ne s'ébranle-t-il pas lui-même, comme autrefois à la mort de PHomme-Dieu ? Remarquez-le, en effet, M. F., plus coupables que les Juifs sont les

chrétiens profanateurs : celui qu'ils crucifient de nouveau, ils le connaissent mieux que les bourreaux du Golgotha; ils en ont reçu plus de bienfaits, et, comme ils le torturent avec plus de lumière et d'ingratitude, ils le martyrisent également avec plus de calme et d'obstination. C'est ce qui inspire, M. F. , à un grave orateur ces énergiques paroles : « Je soutiens sans hésiter, dit Bourdaloue, je soutiens sans crainte de dépasser les bornes de la vérité la plus exacte, que, si le Sauveur était encore dans une chair passible et mortelle, et qu'il dût comme autrefois endurer une seconde passion et une seconde mort, rien, de toutes les cruautés qu'exercèrent sur lui les bourreaux, ni de tous les tourments qu'il souffrit par la haine et la barbarie des Juifs, ne lui serait plus odieux et, en ce sens, plus douloureux que le crime d'un chrétien qui, par un sacrilège, profane son corps et son sang ».

La communion indigne étant le plus énorme des crimes, il n'est pas étonnant que Dieu le punisse de la manière la plus effroyable. Sans parler, M. F., des châtiments temporels et publics que Dieu réserve dans sa colère aux profanateurs, aux sacrilèges, sans chercher à vous montrer, avec saint Jean Chrysostôme, à travers ces catastrophes qui se passent autour de nous dans une famille, dans une bourgade, dans une cité, dans un empire, à travers ces calamités qui épouvantent et déconcertent, Dieu poursuivant la vengeance des communions indignes, écoutez en quels termes l'Esprit-Saint nous dépeint le malheur que s'attire personnellement le chrétien sacrilège : « Celui qui mange la chair et boit le sang du Sauveur indignement, dit l'apôtre saint Paul, celui-là mange

et boit sa propre condamnation ». «C'est-à-dire, M. F., suivant l'énergique commentaire d'un éloquent interprète, que la nourriture céleste qu'il profane est un poison qui s'incorpore en lui, qui pénètre dans l'intérieur de ses os, qui fait de tout son corps une masse de perdition et destinée au feu ; c'est-à-dire que la sentence de mort prononcée contre lui se mêle avec sa propre substance, ne fait plus qu'une même chair avec lui, de sorte qu'il n'y a plus moyen, pour ainsi dire , de l'en démêler et de séparer l'anathème qui est devenu son être ; c'est-à-dire, en un mot, que l'Eucharistie profanée ne laisse presque plus d'espérance de retour ». « Malheur aux cœurs impurs et sacrilèges qui reçoivent indignement leur Dieu! s'écrie saint Thomas de Villeneuve : il n'y a pas de châtiments assez grands pour punir l'outrage fait à Jésus-Christ. Il vient à eux comme époux, il en sort comme juge : ingreditur ut sponsus, egreditiir ut judex»... Quand surtout l'habitude du sacrilège s'est quelque peu prolongée, la pénitence est si difficile qu'il faudrait presque en désespérer, si l'on devait désespérer de rien avec la miséricorde infinie de notre Dieu. C'est ici ou jamais que doit s'appliquer cet épouvantable texte de l'Apôtre: «Il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés et qui ont goûté le don du Ciel et qui sont tombés, il est impossible qu'ils se renouvellent par la pénitence. Impossibile est eos qui semel sunt illuminati, gustaverunt

etiam donum cœleste et prolapsi sunt, rursus reno-

variad pœnitentiam ». Bien forte, M. F., est la parole de saint Paul, et pourtant elle est vraie : l'expérience l'atteste. Il suffit d'être tant soit peu initié au ministère de la direction des âmes pour être convaincu

ÔOO MONSEIGNEUR BILLARD

qu'un chrétien profanateur ne répare que rarement ses faiblesses. Il fait bien quelquefois et de loin en loin certains actes sincères de repentir, mais ce ne sont en lui que des sentiments passagers. Bientôt, renouant la chaîne de ses iniquités, il retourne s'asseoir à la Table sainte sans la robe nuptiale ; plus il se nourrit de cet aliment divin, plus son cœur s'endurcit, plus sa conscience comme cautérisée devient insensible à tous les traits de la grâce. En sorte que cette nourriture sacrée, qui devait « garder pour la vie » le chrétien qui la prend, par un renversement fatal le garde pour la mort.

Comment, d'ailleurs, pourrait-il en être autrement? Pour avoir une seule fois mai reçu le corps de son Maître, Judas se désespère et expie sa trahison par la plus hideuse de toutes les morts. Oh ! que les chrétiens qui ont le malheur de se rendre coupables du même forfait et traîtres au même Dieu ne s'attendent pas à terminer leur vie avec sécurité ! Sans doute, ce bienfait n'est pas au dessus de la bonté suprême, ce n'est pas nous qui oserions mettre des bornes à la miséricorde d'un Dieu qui aurait sauvé Judas, si Judas l'avait voulu; mais ils ne peuvent compter sur un tel prodige de grâce, et, selon la marche ordinaire des choses, il est bien à craindre que, finissant leurs jours ou dans le calme de l'endurcissement ou dans une rage effrayante, ils n'aillent paraître devant le grand Juge chargés de tous leurs sacrilèges et ne soient « précipités dans les ténèbres extérieures, où il y aura des pleurs et des grincements de dents ».

Ce crime de la communion indigne est tellement odieux, tellement funeste, qu'on peut vraiment se demander s'il est bien possible qu'il se rencontre

SERMONS, PRONES ET INSTRUCTIONS ÔOI

quelque part un homme assez aveugle, assez impie pour oser le commettre. Mais, hélas! pourquoi sommes-nous obligés d'avouer, avec une grande tristesse, qu'il est plus fréquent qu'on ne le pense d'ordinaire de rencontrer des chrétiens profanateurs? Ce sont ceux qui négligent d'aller s'agenouiller aux pieds du prêtre pour confesser le péché qu'ils ont commis ; ce sont ceux qui, parle défaut d'un examen sérieux, par l'insuffisance de leur repentir ou la mauvaise honte d'avouer leurs faiblesses, sortent du tribunal réconciliateur plus pécheurs qu'ils n'y étaient entrés, chargés de tout le poids d'une absolution sacrilège que le Ciel n'a pas ratifiée, et osent cependant, avec une conscience aussi criminelle, s'approcher du banquet eucharistique...

Oh ! M. F., si, ce qu'à Dieu ne plaise î il se rencontrait ici, parmi ceux qui m'écoutent, quelqu'un qui ait eu le malheur de commettre ce crime épouvantable, qu'il ne désespère pas. « Le sang précieux qu'il a profané peut encore le purifier, dit saint Augustin, mais il faut qu'il y mêle ses gémissements et ses larmes». Pour nous tous, M. F., suivant le conseil de l'Apôtre, « éprouvons-nous » nous-mêmes avant de nous asseoir à la Table sainte, et, au lieu d'avoir à redouter le sort effrayant réservé à l'indigne communiant, nous trouverons dans ce sacrement d'amour un germe de salut et de résurrection. Ainsi soit-il !

PRÔNE

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