Can. vm, Conc, t. Il, pag
contre ies lucifériens, Tordination des évêques ariens. C'est sur ce principe si bien développé par saint Augustin, comme nous l'avons vu. que les évêques catholiques offrirent en Afrique aux évêques donatistes de descendre de leurs chaires pour les leur céder. Il n'était point question de les réordonner, quoiqu'ils eussent reçu l'imposition des mains hors de l'unité catholique. Écoutons du Moulin même : «Nous tenons, dit-il', que l'ordination ne doit être réitérée, quand par cette ordination on a reçu simplement une charge dont l'institution se trouve en la parole de Dieu. » Puis il cite les exemples que nous avons avons rapportés du concile de Nicée et de saint Jérôme, contre les réordinations. C'est encore suivant la même règle invariable que l'Eglise s'est conduite dans le neuvième siècle. Le concile huitième avoit condamné Tintrusion de Photius, et avoit déclaré qu'il n'avoit rien donné dans les ordinations qu'il avoit faites, parce qu'il n'avoit rien reçu dans la sienne. Par ces paroles si fortes, l'Église vouloit seulement témoigner son horreur de l'ordination illégitime de ce schismatique. La suite le montre évidemment. Par là elle exprimoit le défaut de juridiction qui étoit en sa personne et en celle de tous les ministres qu'il avoit ordonnés. Mais il parut bien dans la suite que l'Église, qui croyoit ses ordinations illégitimes et nulles quant à la juridiction, ne les croyoit pourtant pas nulles pour le caractère, et qu'elle persévéroit dans l'ancienne doctrine contre les réordinations; car Jean VIII, écrivant aux empereurs, déclare qu'il reçoit Photius, et le reconnoît pour patriarche de Constantinople. On ne peut point dire qu'il présuppose tacitement que Photius se fera réordonner, puisqu'au contraire il le reconnoît d'abord pour son confrère dans V office pontifical et dans V autorité pastorale du sacerdoce, pourvu qu'il satisfasse ^ en demandant miséricorde. De plus, il use, dit-il, de cette condescendance contre la rigueur des lois ecclésiastiques, pour imiter le concile africain, qui offrit de recevoir dans leurs fonctions les clercs donatistes et le pape Innocent, lequel, pour effacer le scandale de VÉglise, reçut ceux qui avoient été ordonnés par l'hérétique Bonose. Vous voyez donc qu'il reçoit Photius sans réordination, comme saint Augustin nous apprend que les Pères d'Afrique recevoient sans réordination les donatistes qui avoient été ordonnés dans le schisme. Ce n'est point une chose faite sans réflexion. Elle est résolue avec les patriarches, les métropolitains, les évêques et le clergé même de Constantinople, autrefois ordonné par Méthodius et par saint Ignace. Elle est résolue après avoir consulté la tradition, et dans le dessein d'imiter l'Église d'Afrique. Ainsi il est manifeste que toute l'Église entroit alors dans la règle que saint Augustin nous marque comme une loi générale et inviolable, de ne réordonner jamais ceux qui ont reçu une ordination qu'on croit valide, quoique illégitime hors de la vraie Église. Le pape Jean ne douta point que Photius ne fût intrus et sacrilégement ordonné, car il l'oblige à demander miséricorde ; car c'est du consentement des ministres ordonnés par saint Ignace qu'il le reçoit, étant, dit-il, informé que saint Ignace est mort : car il