‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 109 sur 139 · Chap. m du tr. ni du II« liv. de la Voc. des } nsleur · texte numérisé non relu

Chap. m du tr. ni du II« liv. de la Voc. des } nsleur

veut que les ordinations de ce saint patriarche soient reconnues bonnes, et qu'on rende leurs sièges à tous ceux qu'il a consacrés. Il est donc manifeste, par toutes les observations que nous venons de faire, que l'ordination est un sacrement qui imprime un caractère ineffaçable, qu'on reçoit validement hors de la vraie Église, comme le baptême, et qu'il n'est jamais permis de réitérer quand il a été une fuis conféré validement.

Chap. IX. — La tradition universelle des chrétiens est contraire aux protestants sur Vordination.

Quand on a une fois reconnu que l'ordination des pasteurs est un sacrersent semblable au baptême, selon saint Augustin, qui assure que personne dans l'Église n^en doute, et selon l'aveu de Calvin même, on est étonné que M.Claude ait osé dire dédaigneusement qu'il y a «certaines cérémonies extérieures qui servent à rendre la vocation plus publique, plus majestueuse et plus authentique, comme le jeûne, la prière, l'exhortation, la bénédiction et l'imposition des mains. «A peine le sacrement de l'imposition des mains trouve-t-il chez ce ministre quelque place dans ce dénombrement après la prière et le jetlne. M. Jurieu suppose de même que l'imposition des mains n'est qu'une simple cérémonie. «Il faut donc savoir, dit-il', que pour qu'il soit permis à l'Église de regarder une cérémonie comme non nécessaire, il suffit qu'elle ne soit point commandée comme de nécessité. Mais afin qu'on soit obligé de croire qu'elle est essentielle, il faut qu'il y ait un commandement positif qui l'ordonne, sur peine de nullité dans l'action. »

Il faudroit demander à M. Jurieu en quel endroit de l'Écriture il trouve cette règle qu'il propose si affirmativement. Déplus, quand une cérémonie est d'institution divine, quand elle est un sacrement comme le baptême, quand elle renferme la grâce du ministère, comme Calvin le reconnoît sur les paroles de l'Apôtre; quand elle imprime un caractère ineffaçable et qui ne peut être réitéré, comme saint Augustin assure que personne dans l'Église n'en doute, elle ne peut plus passer pour une simple céiémonie.

De plus, je vais montrer que toute l'antiquité chrétiînne a regardé roidination.comme ce qui est essentiel pour la formation des pasteurs. S'il étoit vrai, comme M. Jurieu le prétend, que les anciens Pères eussent cru que les clefs appartiennent au peuple pour les confier à qui il lui plaît, et que le peuple peut ou imposer les mains ou faire des pasteurs sans cette cérémonie, de quel front saint Cypnen, saint Jérôme et saint Augustin auroient-ils écrit comme ils ont fait contre les schismatiques? Ces Pères regardent comme des monstres, comme des hommes nés d'eux-mêmes, sans génération spirituelle, comme de nouveaux Coré, Dathan et Abiron, les faux pasteurs qui élevoient autel contre axitel. Cependant les novatiens, les lucifériens et les donatistes

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