‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 113 sur 139 · I. Epiât, xcm, al. ccLxxxrx, ad Cetar., t. UI · texte numérisé non relu

I. Epiât, xcm, al. ccLxxxrx, ad Cetar., t. UI

une seule parcelle pour la communion qui se fait dans rassemblée, oo plusieurs parcelles pour les communions domestiques; c'est la même chose. Ainsi il n'y avoit point de nécessité de consacrer sans attendre la présence de quelque prêtre. Le pain sacré pouvoit se conserver entièrement sec pendant plusieurs années sans nul danger de corruption. Chacun le pouvoit faire durer aussi longtemps qu'il le vouloit; car on pouvoit en prendre chaque fois aussi peu qu'on le jugeoit à propos. Supposé même qu'on eût eu besoin de le renouveler sans pouvoir faire une grande assemblée, on sait que les pasteurs célébroient souvent les mystères pendant la nuit, dans des lieux souterrains ou dans certaines maisons sûres, et quelquefois même dans les prisons, avec peu de gens.

Saint Cyprien recommande comme une pratique commune que, pour n'augmenter pas la persécution , chaque prêtre aille célébrer les mystères pour les confesseurs, ne menant avec soi qu'un diacre '. Voilà la consécration qui se faisoit sans assemblée, par les prêtres mêmes. Quel est donc ce cas de nécessité imaginaire où tous les prêtres manquent? D'un lieu écarté ou souterrain on eût pu facilement envoyer l'eucharistie à tous les absents qui avoient consumé celle qu'ils avoient reçue. Un clerc, un simple laïque, un enfant même suffisoit pour la porter, selon la discipline de ces temps-là. L'exemple de Sérapion le montre évidemment. M. de La Roque convient qu'on envoyoit l'eucharistie en signe de communion, et saint Irénée nous apprend qu'on l'envoya de Rome jusqu'en Asie. Le pain est une chose si commune et si nécessaire, que le transport en doit être toujours libre. Pourquoi donc s'imaginer qu'il étoit assez souvent nécessaire de faire consacrer le pain par un laïque, et par un laïque bigame? Pour le baptême, il est vrai que , les anciens le croyant nécessaire comme nous le croyons, il pouvoit souvent arriver qu'il n'y eût qu'un bigame qui pût le donner à un enfant prêt à expirer. Voilà ce que Tertullien , dans ses exagérations, appelle être prêtre, c'est-à-dire faire une fonction qui n'est point absolument réservée au prêtre, mais qui lui est déférée pour conserver l'ordre, autant que les occasions le permettent. En un mot, la fonction de baptiser, quoique réservée au pasteur dans le cours ordinaire, ne tire pourtant point le laïque qui l'exerce quelquefois de l'état purement laïque. C'est ainsi que Tertullien le fait entendre dans son livre Du baptême. N'est-il pas naturel de croire que la fonction d'offrir, que Tertullien met avec celle de baptiser, étoit aussi, comme celle de baptiser sans solennité, une fonction convenable au simple laïque, et qui étoit réservée au prêtre pour les cas de solennité, quand on étoit libre de faire des assemblées? Enfin TertuUien même, sur lequel nous disputons, décide clairement pour nous lorsque, racontant sans passion la vraie discipline de l'Église, il montre qu'elle étoit précisément contraire à la coutume au'on veut qu'il rapporte dans le passage contesté. Voici ses paroles : « Pour le sacrement de l'Eucharistie ordonné à tous, c'est-à-dire institué pour tous par le

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