‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 115 sur 139 · I. De prawcWpt, cap. xxi, xxiii. — 2. Ibid., cap. xxxvn · texte numérisé non relu

I. De prawcWpt, cap. xxi, xxiii. — 2. Ibid., cap. xxxvn

uailé de foi sous le ministère successif qui vient des apôtres sans interruption.

Enfin, quand même Tertullien auroit dit ce que les protestants lui font dire, ils n'auroient pour eux que Tertulhen contraire à lui-même, et tombé de sa première sagesse jusqu'aux plus monstrueuses visions; ils n'auroient point la consolation d'avoir pour eux un homme qui fût dans la communion de toutes les anciennes Églises du christianisme : ainsi ils n'en auroient pas moins contre eux la tradition universelle. Mais cet avantage même, si misérable et si indi?ne de leur être envié, ne leur reste pas, comme nous venons de le voir.

Chap. XI. — Des endroits où saint Augustin a parlé des clefs données au peuple.

M. Jarieu prétend trouver dans saint Augustin que les clefs appartiennent au peuple; et il cite divers endroits de ce Père qu'il croit décisifs. Nous allons voir qu'il n'en peut rien conclure.

Saint Augustin , dans son Traité sur saint Jean, parle ainsi de saint Pierre et de Judas ' : a Un méchant représente le corps des méchants comme Pierre le corps des bons; car si la figure de l'Église n'étoit pas dans la personne de Pierre, le Seigneur ne lui diroit pas : a Je te donnearai les clefs, » etc....; car lorsque l'Église excommunie, l'excommunié est lié dans le ciel.... Si donc cela se fait dans l'Église, Pierre, quand il a reçu les clefs, a représenté la sainte Église. Si, dans la personne de Pierre les bons qui sont dans l'Eglise ont été représentés, les méchants qui sont dans l'Église ont été représentés dans la personne de Judas. »

Le but de saint Augustin est de montrer que quand Jésus-Christ dit : Vous ne m'aurez pas toujours, il parle à tous les méchants en la personne de Judas, comme il parle à tous les bons en la personne de saint Pierre quand il dit : Je te donnerai les clefs, etc. Ainsi saint Augustin suppose, dans sa comparaison, que les clefs ont été données non-seulement à saint Pierre, mais encore à toute l'Église, et dans l'Éghse au corps des bons représentés par cet apôtre. Il parle encore dans le même sens sur le psaume cviii, où il dit que ce qui a été dit à Pierre : « Je te donnerai, etc., » a été dit à toute l'Église qu'il représentoit, comme ce qui est dit dans un psaume à Judas est dit à toute la société des méchants'. C'est toujours la même comparaison. M. Jurieu nous cite encore le traité cxxiv de ce Père sur saint Jean, où il dit : a L'Église qui est fondée en Jésus-Christ a reçu en Pierre les clefs du royaume du ciel , c'est-à-dire la puissance de lier et de délier les péchés 3. » Enfin M. Jurieu rapporte que saint Augustin, dans le sepf'ème livre du Baptême, a dit « que l'Église, qui est la maison de Dieu, a reçu les clefs et la puissance de lier et de délier, et que c'est d'elle qu'il est dit : «f Si quelqu'un ne l'écoute lorsqu'elle reprend et qu'elle cor-

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