Euseb., Hist. eccles., lib.VI, cap. xa
gnoit. Il n'est pas question de savoir si Origène laïque pouvoit expliquer les Écritures en public; Démétrius lui-même les lui avoit fait expliquer à Alexandrie dans une école publique : mais ce qui causoit ce grand scandale étoit qu'un laïque eût enseigné dans V église, en présence des évêques. Voilà ce que la lettre d'accusation appeloit une chose inouïe, et qui ri étoit jamais arrivée. On voit donc bien que les instructions qu'Origène avoit faites jusqu'alors dans son école de catéchisme à Alexandrie, sous l'autorité de Démétrius, n'étoient pas des fonctions de prêtre et de pasteur, puisque Démétrius étoit si éloigné de tolérer une telle entreprise; et que s'il l'avoit tolérée, les évêques de Palestine lui eussent cité son propre exemple, bien plutôt que celui des Églises de Larande, d'Icône et de Synade. Le désordre dont on se plaignoit étoit qu'Origène eût fait ses leçons ou catéchèses en Palestine, dans l'église, en présence des évêques. Le respect du caractère épiscopal faisoit que la parole leur étoit réservée dans les assemblées où ils se trouvoient, et que les prêtres mêmes ne parloient pas d'ordinaire en leur présence. Il paroissoit encore bien plus indécent qu'un laïque eût catéchisé devant eux en pleine église. 11 n'éloit pas question de savoir si ce laïque étoit devenu pasteur sans ordination : on trouvoit seulement que demeurant toujours laïque, il avoit fait une fonction qui étoit indécente par rapport au lieu et aux personnes en présence de qui il l'avoit faite. Maintenant une telle action n'auroit rien d'irrégulier selon notre discipline : car tous les jours nos meilleurs évêques font faire devant eux des catéchismes et des instructions par des maîtres d'école qui sont laïques, et même par des maîtresses d'école. Mais enfin, sans décider la question que les évêques de Palestine traitent avec Démétrius, il est manifeste que ni l'exemple d'Origène, ni les autres d'Évelpis, de Paulin et de Théodore, ne montrent point que le ministère puisse être donné à un laïque sans ordination. M. Jurieu n'oseroit dire que dans ces siècles on donnât hors de toute nécessité le ministère sans ordination à des laïques, pendant que toutes les Éghses étoient remplies de saints ministres bien ordonnés. Telles étoient les Églises dont nous parlons. Bien loin d'être dans ces cas extrêmes, où, faute de pasteurs ordonnés, on seroit tenté de confier le ministère à des laïques, c'étoient les évêques mêmes de ces Églises qui faisoient parler des laïques en leur présence. M. Jurieu voudroit-il conclure de là qu'on peut transférer le ministère sans ordiualion à des laïques, lors même qu'il est dans les mains des pasteurs saints et bien ordonnés? Non, sans doute. Autrement, que signifieroient ces paroles de sa confession de foi : « Nous croyons que nul ne se doit ingérer de son autorité propre pour gouverner l'Église, mais (juecela se do. t faire par élection en tant qu'il est possible, et que Dieu le permet: laquelle exception nous y ajoutons notamment pour ce qu'i' a fallu quelquefois, et même de noire temps (auquel l'étal de l'Rgije étoit interrompu), que Dieu ait suscité gens d'une façon extraordinaire pour dresser l'Église de nouveau, qui étoit en ruine et désolation ' î » Non-