‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 121 sur 139 · Mis t. de Bèze · texte numérisé non relu

Mis t. de Bèze

dans les cas extrêmes, aucune fonction au delà de celles que nous permettons nous-mêmes tous les jours aux laïques, et qu'il ne paroisse jamais de pasteur reconnu pour tel en aucun lieu sans ordination?

Grotius, écrivant sur cette matière contre M. de l'Aubépine, évêque d'Orléans , allègue quelques autres monuments de l'antiquité : il rapporte le premier canon du concile d'Ancyre, qui veut que les a diacres qui ont sacrifié» dans la persécution, « et ensuite combattu » pour réparer leur faute , a conservent leur honneur, excepté qu'ils s'abstiendront de tout sacré ministère, » ou (si on veut le traduire ainsi) « de tout ministère sacerdotal, d'offrir le pain ou le calice, ou de prêcher.»

Il est manifeste que ce a ministère sacré ou sacerdotal » n'est que celui de servir le prêtre à l'autel. Le diacre est le ministre sacerdotal, c'està-dire du prêtre ou du pontife. Nous avons vu, par saint Cyprien, que le diacre offroit au peuple le pain et le calice. Ainsi il faut conclure que ce terme d'offrir signifie souvent la simple distribution de l'eucharistie. Voilà les diacres auxquels après leur chute on conserve leur rang , à condition néanmoins qu'ils ne serviront à l'autel ni ne prêcheront.

Grotius ajoute un canon du premier concile d'Arles , qui dit : « Pour les diacres que nous avons appris qui offrent en plusieurs lieux, il a été jugé que cela ne se doit nuDement faire '. » Je veux bien supposer avec cet auteur, contre toute vraisemblance, qu'il s'agit dans ce canon lie la consécration , réservée au seul prêtre. Si quelques diacres avoient commencé à se l'attribuer témérairement, s'ensuit-il qu^'ils pussent le faire? La défense expresse du concile, qui condamne sans modification cette entreprise, servira-t-elle de titre pour l'autoriser?

Il rapporte encore un canon de Laodicée, qui assure a qu'il ne faut pas que les sous-diacres donnent le pain ou bénissent le calice : » c'està-dire qu'ils ne doivent usurper ni la fonction des diacres pour distribuer l'eucharistie, ni celle de donner des bénédictions , qui est une action de supériorité. Si on veut que cette bénédiction soit la consécration, il s'ensuivra seulement qu'on a défendu aux sous-diacres d'envahir le ministère des prêtres.

Il se sert aussi d'un canon du concile in Trullo qui dit : a Si le laïque s'est fait lui-même participant des sacrés mystères en présence du prêtre ou du diacre, qu'il s'abstienne pendant une semaine ^ j» L'eucharistie qu'on se donnoit soi-même chez soi, comme nous Tavons dit, ne devoit être reçue dans les assemblées que des mains des prêtres ou diacres.

N'oublions pas l'exemple de sainte Pétronille, qu'L tire du Martyrologe, En voici les paroles : « Les mystères de l'oblation du Seigneur étant célébrés, elle rendit l'esprit aussitôt qu'elle eut reçu le sacrement de Jésus-Christ, s Est-il dit que ce fut sainte Pétronille qui célébra les mystères? Non : il est dit seulement qu'elle reçut le sacrement. N'ajoutons point aux actes ce qui n'y est pas. Supposons même ce qui est

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