Ephes., V
Ils n'ont ni le sacrement du ministère, ni la vertu miraculeuse et extraordinaire par laquelle Dieu pourroit leur confier le ministère audessus de ses propres lois. Qu'en faut-il conclure? Disons-le en esprit de paix et de charité; disons-le humblement et avec douleur, mais disons-ie néanmoins avec la liberté évangélique que la vérité nous inspire. Leurs pasteurs ne sont donc pas de vrais pasteurs et ils ne sont jamais entrés par la porte. Le troupeau qu'ils mènent n'est point à eux. Puisqu'ils ne sont point pasteurs, leur prédication est vaine et sans autorité. Quand même ils ne diroient que la vérité, leur parole ne seroit dans leur bouche qu'une simple parole d'hommes et non la parole de Dieu, qui ne les envoie point pour parler en son nom : du moins ce seroit la parole de Dieu dérobée par des hommes auxquels ils n'en à jamais confié le dépôt. Leurs ordinations n'ont aucune vertu ; leur cène n'est ni la cène ni le sacrement du Sauveur. Enfin leur Église n'est point une Église ; car l'édifice ne peut être plus solide que le fondement, ni le corps plus sain que la tête.
Prions avec ferveur pour ces troupeaux errants et dispersés sur toutes les montagnes, afin qu'ils écoutent la voix des vrais pasteurs et qu'ils reviennent sous leur main. Prions aussi pour ceux qui osent se dire pasteurs et qui ne le sont pas. afin que, retournant avec humilité dans l'état de simples brebis, ils aient dans tous les siècles la gloire d'avoir établi aux dépens de leur rang la sainte unité, qui ne doit pas moins être l'objet de leurs vœux que des nôtres.
0 bon pasteur, qui avez donné votre vie pour vos brebis, courez après elles, rapportez-les sur vos épaules! que le ciel se joigne à la terre pour s'en réjouir! que nous ne fassions plus tous ensemble qu'un seul troupeau, un seul cœur et une seule âme. Loin, Seigneur, loin de votre Église cette réforme hautaine et animée par un zèle amer qui a rompu le lien de l'unité : qu'au contraire ce soit la réunion qui fasse la vraie réforme. Que vos enfants travaillent tous ensemble à se réformer dans une douce paix et dans une humble attente de vos miséricordes, afin que votre Église refleurisse et qu'on voie reluire sur elle la beauté des anciens jours}
LETTRES