‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 131 sur 139 · DRESSÉE PAR M. L'ARCHEV-ÊQUE DE CAMBRAY , ET SIGNÉE PAR M · texte numérisé non relu

DRESSÉE PAR M. L'ARCHEV-ÊQUE DE CAMBRAY , ET SIGNÉE PAR M

A qui les cinq lettres précédentes avoient été adressées.

I. Je déclare qu'après avoir prié, lu et examiné, je me suis déter- ' mine à vivre et à mourir dans le sein de l'Église catholique, apostoli^ ' que et romaine, où nous avons toujours cru que nos ancêtres faisoient leur salut avant la séparation qui a été faite sous le nom de réforme Cest une Eglise visible, qui comprend, outre les élus qui sont incon" nus ici-bas, tous ceux qui font profession du christianisme dans cettsociété. Elle est l'Eglise de tous les temps, depuis les apôtres jusqirvnous^ : c'est elle qui nous a conservé le sacré dépôt des Ecritures et K hapteme : c'est elle qui a sa succession non interrompue des i '«»-- '^'^t depuis Jésus-Christ jusqu'à notre temps : c'est elle qui est i ^''^Tili* dans toutes les nations connues de la terre. J'embrasse toute sa doctrine, et je m'attache à son culte.

II. Je crois que cette Eglise est l'unique épouse du Fils de Dieu Autant que l'Évangile m'apprend à me défier de moi-même, à être humble, docile, soumise aux pasteurs, parce que a celui qui les écoute, écoute ^ Jesus-Christ même; autant suis-je assurée par les promesses que cette Eghse ne se trompera jamais. Quiconque refuse de l'écouter et de la croire doit être regardé <c comme un païen et comme un publicam. 7> Elle est fondée a sur la pierre; et les portes de l'enfer , crui sont les conseils de l'erreur, a ne prévaudront jamais contre elle. » Jésus-Christ sera avec le corps visible de ses pasteurs, . enseignant « la doctrme qu ils enseignent, et « baptisant, » c'est-à-dire administrant les sacrements qu'ils administrent, tous les jours sans aucune interruption « jusqu'à la consommation du siècle. » Voilà ce qui me persuade que cette Église, qui est la seule qu'on trouve dans tous les siècles, a conservé, malgré les « portes de Tenfer, y> une doctrine saine et un culte pur, puisque Jésus-Christ ne cessera jamais un seul jour d enseigner et de baptiser avec elle.

m. De là je conclus que cette Église n'a jamais pu a tomber en ruine et en désolation v par l'idolâtrie, puisque, si cette ruine étoit ar- " nvee les promesses de la vérité même se trouveroient fausses, les « portes de 1 enfer y> auroient « prévalu, . et Jésus-Christ n'auroit point continué d enseigner et de baptiser avec une Église idolâtre

IV. Je crois qu'il ne peut arriver aucun cas où il soit permis de se séparer de cette Église. La preuve en est claire comme le jour dès qu on a compris l'étendue des promesses. Jésus-Christ ne veut avoir qu une seule épouse toujours fidèle et toujours indivisible. De quel droit lerions-nous plusieurs Eglises, nous qui savons qu'il n'en a voulu qu'une seule, et qu'il a demandé à son Père qu'elle fût a une et consommée en unité :d comme il l'est avec son Père même '? N'est-ce pas une té-

i. Joan., XVII, 22, 2J.

mérité s-.criiége que d'entreprendre de diviser l'épouse que l'époux a VdU'U rendre indivisible? Peut-on, pour justifier la séparation, accuser' jtte Église d'idolâtrie, elle dont il est dit par le Saint-Esprit rnême que a les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre elle, » que .^ésus-Christ « sera tous les jours, » sans aucune interruption, « enseirnant et baptisant avec elle jusqu'à la consommation du siècle; » que a quiconque ne l'écoutera point » avec docilité « doit être regardé

omme un païen et comme un publicain, c'est-à-dire comme un impie st comme un idolâtre, comme un homme indigne de la société des en-

mts de Dieu; que cette Église est la œ colonne et l'appui de la vé- '.té '; » qu'enfin « elle n'a ni rides ni taches '? » Une Église supersti-

'"euse et idolâtre pourroit-elle être a sans rides et sans taches » aux

cux de son époux? Il est donc vrai, par les promesses, que l'Église ue peut jamais tomber ni dans l'idolâtrie ni dans l'erreur contre la ,coufiuL)ar conséquent, il ne peut jamais arriver aucune cause légitiiîA, "^^ -lous séparer d'elle.

V. Je crois qu'il n'appartient point à chaque particulier d'expliquer le texte sacré de l'Écriture selon son propre sens, indépendamment de l'Église. Comme c'est elle à qui Dieu a confié ce texte pour nous le distribuer selon nos dispositions, c'est aussi à elle à nous en apprendre le vrai sens. La même autorité qui nous assure que ces livres sont divins nous assure aussi de l'interprétation qu'on doit leur donner : autrement chacun feroit dire à l'Écriture tout ce qu'il s'imagineroit y trouver par ses préventions; et les hommes, avec un seul livre divin, feroient autant de religions qu'ils inventeroient de vaines subtilités pour l'expliquer. Tel est le malheureux fruit de la réforme prétendue. Je ne sais combien de sectes trouvent les doctrines les plus opposées dans les mêmes passages. La vraie religion ne peut être trouvée et mise en pratique que par une humble défiance de nos foibles lumières. Qu'y a-t-il de plus orgueilleux que de fonder le choix de sa religion sur ce qu'on présume d'entendre mieux l'Écriture que cette Église de qui on la tient? Qu'y a-t-il de plus superbe que de vouloir juger de l'Église par son propre sens sur le texte de l'Écriture, au lieu que nous devons juger du sens de l'Écriture par l'autorité de cette Église qui nous la donne et qui nous l'explique ?

VI. Je crois que Jésus-Christ n'a point laissé son Église dépourvue de ce qui est nécessaire pour garder quelque subordination dans toute société réglée, je veux dire un chef visible qui soit le premier de tous les pasteurs, qui préside parmi eux , et qui soit le centre de l'unité catholique, en sorte que tous les membres demeurent unis et subordonnés à ce chef. C'est le successeur de saint Pierre, remplissant sa chaire à Rome, que je reconnois pour être ce pasteur principal, suivant cette parole de Jésus- Christ: «Tu es Pierre, et c'est sur cette pierre que j'édifierai mon Église ^» Je sais que toute la sainte antiquité a regardé ces paroles non comme bornées à la personne de saint Pierre, qui devoit mourir bientôt, mais comme étendues à ses successeurs, qui doivent perpé-

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