‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 133 sur 139 · Joan. VI, 33. — 2. Jac, v, 15. -^ 3. // Tim., i · texte numérisé non relu

Joan. VI, 33. — 2. Jac, v, 15. -^ 3. // Tim., i

h. Serm. CLXjn, n. 2, t. V, p. 327—5. Apoc, xxi, 27. - 6. / Cor., m, 15.

LETTRES SUR l'ÉGLISE. 419

XV. L'Eglise nous invite à prier nos frères qui sont déjà au ciel, comme ceux qui sont encore sur la terre, afin qu'ils prient pour nous par Jésus-Christ notre commun et unique médiateur. Dieu lui-même, qui pouvoit accorder immédiatement leur pardon aux amis de Job sui leur demande immédiate, les assujettit à le demander par l'entremise de Job qu'ils avoient condamné. C'est ainsi que Dieu nous accorde , en faveur des prières pures des saints, qui sont ses amis, ce qu'il ne nous accorderoit peut-être pas sur nos seules prières, moins dignes de lui. Si nous ne blessons point notre unique médiateur en demandant les prières des hommes pécheurs et exposés aux tentations du pèlerinage, à combien plus forte raison devons-nous unir nos prières à celles de l'Église, pour obtenir les suffrages de la Mère de Dieu et des autres saints qui voient Dieu face à face, et qui sont impeccables à jamais dans son sein I

XVI. L'Eglise, dès les premiers temps, a honoré les tombeaux des martyrs, où elle allait chanter leur victoire et offrir le sang de l'agneau pour lequel ils avoient répandu le leur : elle conservoit précieusement leurs reliques, et les reliques faisoient une infinité de miracles, comme nous l'apprenons des anciens Pères. Peut-on craindre la superstition en imitant par un culte si pur l'antiquité la plus éclairée?

XVII. L'Ecriture a dit, il est vrai : a Vous ne ferez point d'images taillées: mais elle ajoute aussitôt a pour les servir», i> c'est-à-dire pour les adorer. D'ailleurs il y avoit des images dans le temple et jusque sur l'arche. A Dieu ne plaise que nous adorions les images comme des divinités! Nous ne ies servons pas; au contraire; nous nous en servons. Elles ne sont que de simples représentations des visions miraculeuses de l'Écriture, des actions de Jésus-Christ et des saints. Si elles sont gâtées ou indécentes, nous les brisons sans scrupule. Les images instruisent les ignorants et touchent les personnes les mieux instruites; eUes mettent les mystères du salut comme devant nos yeux. Pourquoi refuserions-nous de nous unir à l'Eglise dans une pratique si ancienne, si pure, si exempte d'idolâtrie, si dégagée des superstitions populaires qu'on tâche d'en écarter; enfin si propre à nourrir la piété des fidèles?

XVIII. L'Église a établi par ses canons des pénitences longues et rigoureuses pour la réparation des divers péchés. Ne peut-elle pas, quand elle juge à propos, dispenser ses enfants d'une partie de cette rigueur, quand elle les trouve humbles, dociles et touchés du désir d'une sincère conversion? C'est ce qu'on nomme indulgence. L'Eglise ne peutelle pas user de cette condescendance sans flatter la mollesse des pécheurs impénitents et sans les dispenser de la pénitence évangélique? Ne doit-on pas même croire que quand l'épouse prie l'époux céleste pour ceux qui n'ont pas accompli dans leur sincère conversion toutes les oeuvres de la pénitence convenable, une intercession si pure doit sans doute opérer beaucoup en faveur de ces âmesT De tels suffrages

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