‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 134 sur 139 · Levit., ixvi · texte numérisé non relu

Levit., ixvi

420 LETTRES SXJR l'ÉGLISE.

sout précieux; les abus qu'on peut faire en ce genre, malgré rÊgUse, ne diminuent point cette vérité. , . o .* t>„v « wo««

XIX Je renonce à toute société qui est séparée de cette Église dans laquelle je veux vivre et mourir; je me sépare de tous ceux qui rejettent sa doctrine et son culte : je prie Dieu qu'il les éclaire et qu il les touche, afin qu'il ne se fasse d'eux et de nous a qu'un seul troupeau e^ ui seul pasteur'. . Est-il permis à un fils de diviser toute la fan^He et d'en soulever une partie contre l'intention du père commun ^ a voulu les tenir inséparablement unis? Que si cette division d'une ^mple famiUe est si crimineUe, à combien plus orte mson les novateurs sont-ils coupables quand ils divisent, malgré le Père céleste 'ÉgUse^i est sa famiUe%n séduisant les peuples et en leur promettant qu'ils entendront mieux l'Écriture que le corps des pasteurs auxquels les promesses ont été faites?

Lettre VL - Qu'il faut chercher la vérité avec simplicité et défiance de soi-même.

Je suis fort aise, Monsieur, d'apprendre par vous-même avec quelle application vous avez cherché la vérité, n^^^^g^é vos anciennes préven tions Cette droiture vous attirera de grandes bénédictions. Rien n est si important que la simplicité et la sincère défiance de son propre esprit Si chacun étoit occupé de la prière, du recueillement, de la charité du mépris de soi-même et du renoncement à une vaine réputation d-esprit et de science, toutes les disputes seroient bientôt apaisées. Jésus-Christ disoit aux Juifs : <r Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire les uns des autres et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu seuP? . Il ajouta : a Si quelqu'un veut faire la volonté de celui qui m'a envoyé, U connoîtra, sur la doctrine, si elle est de Dieu ou si je parle de moi-même ». » Ainsi ceux qui éblouissent, qui séduisent, qui s'égarent eux-mêmes, ne tombent dans ce malheur que faute de chercher la volonté de Dieu avec un cœur humble et soumis à l'Église; l'hérésie ne les séduit qu'à cause q^^ elle les trouve vains, curieux, présomptueux, dissipés. Il n'y a que le déft^u de recueillement et d'abnégation de soi-même qui P/f ^^^^^^ ^°°^?;^ contentieux pour former les partis des novateurs et les hérésies C est ur ce ïondeLnt que saint Cyprien dit* : « Que personne ne croie que les bons peuvent se retirer de l'Église. Le vent n'enlève point le bon grain et la tempête n'arrache point un arbre solidement enraciné : !'est la paille légère que le vent emporte.... C'est ainsi que les fidèle on éprouvés et'que les infidèles sont découverts : c'est ainsi qu'avant même'le jour du jugement il se fait ^^^ ^^ 'TTZ^meTcl^Xce vec les in ustes, et que le bon grain est sépare d'avec la pa 1 e. » C est ce Tue l'xpérienc; montre sensiblement. Quels hommes f ont ^ f -^^ et les hérésies? Ce sont des hommes savants, cuneui, cntiques, pleins

1. Joan, X, 16. — 2. Ibid., v, 44. — 3. Jbid., vn, 17. 4. De unit. Eccles . p. 197.

de leurs talents, animés par un zèle âpre et pharisaïque pour la réforme, dédaigneux, indociles et impérieux : ils peuvent avoir une régularité de mœurs, un courage roide et hautain, un zèle amer contre les abus, une application sans relâche à l'étude et à la discipline; mais vous n'y trouverez ni douceur, ni support du prochain, ni patience, ni humilité, ni vraie oraison. « 0 Père, Seigneur du ciel et de la terre, s'écrie Jésus-Christ ', je vous rends gloire de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents et que vous les avez révélées aux petits. » Il dit encore* : « S'il y a un enfant de paix, c'est sur lui que votre paix reposera. »

Je suis, Monsieur, très-sincèrement tout à vous.

Lettre VIL — Nécessité de rendre au plus tôt à la véritable Église la soumission qui lui est due : avoir en horreur cette réforme sèche et hautaine qui rompt l'unité, sous prétexte de remédier aux abus : marcher dans la voie de la pure foi, qui porte à Vhumilité et à la défiance de soi-même.

Il est vrai. Monsieur, que j'allai à Bruxelles l'automne dernier; mais ce voyage fut si imprévu et si précipité que je n'aurois pu vous en avertir à temps. Dieu sait quelle joie j'aurois eue de vous voir et de vous entretenir !

Je ne connois point assez les éditions de saint François de Sales pour pouvoir dire quelle est la meilleure ; il y en a un grand nombre : il faudroit se donner la patience de les comparer toutes en détail et de choisir sur chaque morceau celle qui se trouveroit la plus ample et la plus exacte. Vous savez qu'il y a dans l'ancienne édition de Lyon un dix-huitième entretien qui n'est pas ailleurs. Je suis ravi de voir que vous aimiez tant ce bon saint. Si les protestants le lisoient, il leur ôteroit peu à peu leurs préventions contre l'Église romaine : sans raisonner il instruit plus que tous les savants qui raisonnent. On goûte en lui la « bénignité » du Sauveur, la «douceur» et la «modestie de Jésus-Christ. » Il fait sentir que l'Église qui porte de tels saints n'est pas stérile, et qu'elle est encore, selon la promesse, pleine de l'esprit des premiers siècles.

L'estime et l'amitié que j'ai pour vous, Monsieur, m'engagent à demander souvent deux choses à Dieu; souffrez que je vous le dise ici. La première est qu'il vous fasse la grâce de rendre à la véritable Église visible ce qui lui est dû. Ce n'est pas assez de l'aimer, de l'estimer dans votre cœur, de ne lui point imputer les excès que d'autres lui imputent, et de trouver de la consolation à participer à son culte quand vous le pouvez : il n'a jamais été permis de sortir de son sein si elle n'est pas idolâtre, et il n'est pas permis de retarder à y rentrer si cette idolâtrie est imaginaire. L'esprit du Sauveur est un esprit de paix, d'amour et d'union; il a voulu que les siens fussent consommés dans l'unité : il ne s'est pas contenté d'une unité intérieure et invisible; il

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