Ibid., cap. xxxiii, n. 58. — 5. Ibid
ce ras; neque illud quod vulnerata membra non coUigis, sed quod volen- « tem sanare contemnis». Non enim quod naturaliter nescit et quod na- « turaliter non potest, hocanimae deputatur in reatum; sed quod scire oc non studuit*, etc. » Ainsi saint Augustin se réduit sans cesse à la règle de l'Apôtre , savoir : que « ceux qui ont péctié sans loi périront sans loi 3. » Il ne leur sera imputé d'avoir péché qu'en ce qu'ils auront pu connoître. C'est en marchant sur ces traces de saint Augustin , que saint Thomas a inculqué en plusieurs endroits cette doctrine consolante : «Non sequitur inconveniens , posito quod quilibet teneatur aliquid « explicite credere, si in silvis vel inter bruta animalia nutriatur; hoc a. enim ad divinam providentiam pertinet, ut cuilibet provideat de necesfc sahis ad salutem, dummodo ex parte ejus non impediatur. Si enim « aliquis taliter nutritus, ductum naturalis rationis sequeretur in appea titu boni et fugamali, certissime est tenendum, quod ei Deus, vel per a internam inspirationem revelaret ea quae sunt ad credendum necesc saria, vel aliquem fidei praedicatorem ad eum dirigeret, sicut misit Pea trum ad Cornelium {Act. , x)*. » L'exemple de Corneille est décisif; celui de saint Paul, envoyé en Macédoine, est entièrement semblable; ainsi voilà saint Augustin et saint Thomas qui répondent à l'objection. Quand on suppose ce cas d'un infidèle qui useroit fidèlement de la lumière de sa raison et de ce premier germe de grâce, a pour chercher avec piété, » il faut dire que Dieu ne se refuse à personne en ce cas. Dieu, plutôt que de manquer à ses enfants, et que de les frauder du souverain bien qu'il leur promet gratuitement, éclaireroit un. homme nourri dans les forêts d'une île déserte, ou par une révélation intérieure et extraordinidre , ou par une mission de prédicateurs évangéliques, semblable à celle des Indes orientales et occidentales, que sa providence sauroit bien procurer.
On ne sauroit trop remarquer ces paroles de saint Augustin : « Qui a multis modis.... aversum vocet. j> Cette préparation des cœurs àlafoi est si variée , tant par les divers attraits de la grâce au dedans que par les combinaisons infinies que la Providence amène insensiblement au dehors, qu'il n'est pas permis de vouloir qu'on entreprenne d'en expliquer tout le détail : il n'y a pas deux vocations ni intérieures ni extérieures qui se ressemblent : « multis modis, etc. » L'homme ne comprend après coup , ni ne peut dire lui-même , par quel chemin il a été mené depuis le premier pas jusqu'au terme de la foi ; il ne l'a pas remarqué ; il n'a pas compris à quoi les premières dispositions le préparoient , ni comment le maître des cœurs lioit les dispositions et les événements pour tirer un moyen d'un autre : c'est le secret de Dieu. Ce qui est certain est qu'autant que Dieu est bon, et attentif pour tirer la lumière des ténèbres mêmes, et le bien de l'homme de son propre mal; autant l'homme est-il sans attention pour n'apercevoir ni ce que Dieu fait pour lui, ni ce qu'il fait contre lui-même.
V. Il n'y a qu'à rappeler l'idée de Dieu pour s'assurer qu'il ne nous