‹ Œuvres choisies (volume 3)Chapitre 85 sur 139 · De doct. christ., lib. I, cap. xxxvi, n. 4o · texte numérisé non relu

De doct. christ., lib. I, cap. xxxvi, n. 4o

7. Ibid., lib. l, cap. xxxix, n. 43- — 8. Ibid., lib. II, cap, vu, u. II.

suivra sa raison soutenue du premier attrait de la grâce, sentira d'abord sans discussion qu'il n'y a qu'une seule religion qui mérite d'être écoutée. C'est celle qui fait aimer Dieu, et qui consiste toute dans cet amour. Il n'y aura ni à comparer ni à choisir ; car il ne verra qu'un seul culte qui honore Dieu.

Pour les mystères incompréhensibles, il ne voudra nullement les comprendre. C'est le caractère de l'infini de ne pouvoir être compris; et celui du fini , de ne pouvoir comprendre ce qui le surpasse infiniment. Il ne sera point surpris de trouver trois personnes en une nature, lui qui porte en soi deux natures en une personne. Déplus, il ne sera point surpris de ce qu'il n'a point une idée assez claire de ces termes de personne et de nature.

Il sera encore moins étonné de ce que Dieu, sans nen perdre de sa puissance et de sa gloire, est venu, dans une chair semblable à la nôtre, nous apprendre à vivre et à mourir. Qu'y a-t-ilde plus digne de l'amour, que de venir s'aimer en nous pour nous rendre heureux en lui?

Il ne s'étonnera point encore de ce que Dieu exclut de son royaume céleste, qui n'est dû à aucun homme, et qui est une pure grâce, les hommes qui vivent contre leur propre raison et contre l'attrait de la grâce , par lequel Dieu les avoit préparés à la vraie religion. Il reconnoîtra même que Dieu peut exclure d'un don surnaturel et purement gratuit tous les enfants du premier homme qui ne sont plus dans la perfection originelle.

Si on demande ce qu'il faut croire de tous les hommes qui n'ont jamais embrassé le christianisme ni le judaïsme, saint Augustin répond ainsi * : « Gratia nunquam defuit ad salutem justitiae pietatique mora talium, et si qua in aliis atque in aliis populis, una eademque reli- « gione sociatis, varie celebrantur, quatenus fiât plurimum refert.... « Ttaque ab eiordio generis humani, quicumque in eum credidenint, « eumque utcumque intellexerunt, et secundum ejus praecepta pie et s juste vixerunt, quandolibetet ubilibet fuerint, per eum procul dubio « salvi facti sunt.... Nec quia, pro temporum varietate, nunc factum a annuntiatur quod tune futurum praenuntiabatur , ideo fides ipsa vaa. riata, vel salus ipsa diversa est. Nec quia uua eademque res, aliis a atque aliis sacris et sacramentis vel praedicatur aut prophetatur, a ideo alias atque alias res, vel alias atque alias saintes oportet intel- K hgi.... Proinde aliis tune nominibus et signis, aliis autem nunc, et « prius occultius, postea manifestius, et prius a paucioribus, postea a <r pluribus, una tamen eademque religio vera significatur et observa- « tur.... Quum enim nonnuUi commemorantur in sanctifi hebraicis li- <c bris, jam ex tempore Abrahae, nec de stirpe oarnis ejus, nec ex « populo Israël, nec ex adventitia societate in populo Israël, qui ta- Œ men hujus sacramenti participes fuerunt; cur non credamus etiam « in caeteris hac atque illac gentibus, alias alios fuisse, quamvis eos « commémorâtes in eisdem auctoritatibus non legamus? Ita salus re-

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