De doct. christ., lib. IV, n 53, p
Il y a iléjà environ huit ans, ou même plus, que ce peuple, par la grâce de Jésus-Christ, n'a entrepris rien de semblable. »
Si saint Augustin eût iiflbihli son discours par lesornements affectés du penre fleuri, il ne seroit jamais parvenu à corriger les peuples d'Hippone et de Césarée.
Démo:>thène a suivi cette règle de la véritable éloquence, o 0 Athéniens, disoit-il', ne croyez pas que Philippe soit comme une divinité à laquelle la fonune soit attachée. Parmi les hommes qui paro'.ssent dévoués à ses intérêts, il y en a qui le haïssent, qui le craignent , qui en sont envieux.... Mais toutes ces choses demeurent comme ensevelies par votre lenteur et votre négligence.... Voyez, ô Athéniens, en quel état vous êtes réduits: ce méchant homme est parvenu jusqu'au point de ne vous laisser plus le choix entre la vigilance et l'inaction. Il vous menace, il parle, dit-on, avec ..rrogance; il ne peut plus se contenter de ce qu'il a conquis sur vous; il étend de plus en plus chaque jour ses projets pour vous subjuguer; il vous tend des pièges d^: tous les côtés, pendant que vous êtes sans cesse en arrière et sans mouvement. Quand est-ce donc, ô Athéniens, que vous ferez ce qu'il faut faire? quand est-ce donc que nous verrons quelque chose de vous? quami est-ce que la nécessité vous y déterminera? Mais que faut-il croire de ce qui se fait actuellement? Ma pensée est qu'il n'y a, pour des hommes libres, aucune plus pressante nécessité que celle qui résulte de la honte d'avoir mal conduit ses propres affaires. Voulez-vous achever de perdre votre temps? Chacun ira-t-il encore çà et là dans la place publique, faisant cette question: N'y a-t-il aucune nouvelle? Eh! que peut-il y avoir de plus nouveau, que de voir un homme de Macédoine qui dompte les Athéniens et qui gouverne toute la Grèce? o Philippe «est mort, dit quelqu'un. — Non, dit un autre, il n'est que ma ade. » Eh ! que vous importe, puisque, s'il n'étoit plus, vous vous feriez bientôt un autre Philippe? »
Voilà le bon sens qui parle, sans autre ornement que sa force. 'A rend la vérité sensible à tout le peuple; il le réveille, il le pique, il lui montre l'abîme ouvert. Tout est dit pour le salut commun ; aucun mot n'est pour l'orateur. Tout instruit et touche; rien ne brille.
Il est vrai que les Romains suivirent assez tard l'exemple des Grecs pour cultiver les belles-lettres.
Graiis ingenium, Graiis dédit ore rotundo Musa loqui, prxter laudem nullius avaris. Romani pueri longis raiionibus assem, etc.2
Les Romains étoient occupés des lois, de la guerre, de l'agricultur» et du commerce d'argent. C'est ce qui faisoit dire à Virgile :