Virg., Georg., III, v
Tout meurt dans le bercail, dans les champs tout périt;
L'agneau tombe en suçant le lait qui le nourrit ;
La génisse languit dans un vert pâturage....
Le coursier, l'œil éteint et l'oreille baissée,
Distillant lentement une sueur glacée,
Languit, chancelle, tombe et se débat en vain....
Il néglige les eaux, renonce au pâturage,
Et sent s'évanouir son superbe courage....
Voyez-vous le taureau fumant sous l'aiguillon
D'un sang mêlé d'écume inonder son sillon?
Il meurt; l'autre, affligé de la mort de son frère,
Regagne tristement l'elable solitaire;
Son maître l'accompagne accablé de regrets,
Et laisse en soupirant ses travaux imparfaits.
Le doux tapis des prés, l'asile d'un bois sombre,
La fraîcheur du matin jointe à celle de l'ombre,
Le cristal d'un ruisseau qui rajeunit les prés,
Et roule une eau d'argent sur des sables dorés,
Rien ne peut des troupeaux ranimer la foiblesse. Delilu.