IX. — Réponse à une objection sur ces divers projets
Voici une objection qu'on ne manquera pas de me faire. L'Académie, dira-t-on, n'adoptera jamais ces divers ouvrages sans les avoir examinés. Or il n'est guère vraisemblable qu'un auteur, après avoir pris une peine infinie, veuille soumettre tout son ouvrage à la correction d'une nombreuse assemblée, où les avis seront peut-être partagés. Il n'y a donc guère d'apparence que l'Académie adopte ces ouvrages.
Ma réponse est courte. Je suppose que l'Académie ne les adoptera point. Elle se bornera à inviter les particuliers à ce travail. Chacun d'eux pourra la consulter dans ses assemblées. Par exemple, l'auteur de la Rhétorique y proposera ses doutes sur l'éloquence. MM. les académiciens lui donneront leurs conseils, et les opinions pourront être diverses. L'auteur en profitera selon ses vues, sans se gêner.
Les raisonnements qu'on feroit dans les assemblées, sur de telle; questions, pourraient être rédigés par écrit dans une espèce de journa que M. le secrétaire composeroitsans partialité. Ce journal contiendrof de courtes dissertations, qui perfectionneroient le goût et la critique Cette occupation rendroil MM. les académiciens assidus aux assemblée L'éclat et le fruit en seraient grands dans toute l'Europe.