Georg., lib. IV, v
Aux lieux où le Galèse, en des plaines fécondes,
Parmi les blonds épis roule ses noires ondes,
J'ai vu, je m'en souviens, un vieillard fortuné,
Possesseur d'un terrain longtemps abandonné ;
G'étoit un sol ingrat, rebelle à la culture,
Qui n'otlYoit aux troupeaux qu'une aride verdure....
Un jardin, un verger, dociles à ses lois,
Lui donnoient le bonheur qui s'enfuit loin des rois.
Le soir, des simples mets que ce lieu voyoit naître,
Ses mains chargeoient sans frais une table champêtre
Il cueilloit le premier les roses du printemps,
Le premier de l'automne aniassoit les présents;
Et lorsqu'au tour de lui, déchaîné sur la terre,
L'hiver impétueux brisoit encor la pierre,
D'un frein de glace encore enchainoit les ruisseaux,
Lui déjà de l'acanthe émondoit les rameaux-,
Et, du printemps tardif accusant la paresse,
Prévenoit les zéphyrs, et hâtoit sa richesse. Delii.i.b