‹ Œuvres choisies (volume 4)Chapitre 177 sur 183 · ODE SUR L'ENFANCE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

ODE SUR L'ENFANCE CHRÉTIENNE

Adieu, vaine prudence, Je ne te dois plus rien ; Une heureuse ignorance

Est ma science; Jésus et son enfance

Est tout mon bien.

Jeune, j'étois trop sage.

Et voulois tout savoir; Je n'ai plus en partage

Que badinage, Et touche au dernier âge

Sans rien prévoir.

Au gré de ma folie Je vais sans savoir où :

Tais-toi, philosophie;

Que tu m'ennuie !

Les savants je défie :

Heureux les tous :

Quel malheur d'être sage,

38<i POÉSIES.

inserver ce moi, : e dur et sauvage, Trompeur volage I 1 1 le rude esclavage Que «Têtro à soi !

Loin de toute espérance, le Ni- en pleine paix; .le n'ai ni confiance,

Ni défiance; Mais l'intime assurance

Ne meurt jamais.

Amour, toi seul peux dire Par quel puissant moyen Tu fais, sous ton empire.

Ce doux martyre Où toujours l'on soupire

Sans vouloir rien.

Amour pur, on t'ignore, Un rien te peut ternir :

Le dieu jaloux abhorre

Que je l'adore, Si, m'offrant, j'ose encore

Me retenir.

0 Dieu ! ta foi m'appelle, Et je marche à lAtons ; Elle aveugle mon zèle,

Je n'entends qu'elle; Dans ta nuit éternelle

Perds ma raison.

Content dans cet abîme

Où l'amour m'a jeté,

Je n'en vois plus la cime,

El Dieu m'opprime; .Mais je suis la victime

De vérité.

État qu'on ne peut peindre!

Ne plus rien désirer.

Vivre sans se contraindre

Et sans se plaindre ; Enfin ne pouvoir craindre

De s'égarer.

POÉSIES. 38i-

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