ODE SUR L'ENFANCE CHRÉTIENNE
Adieu, vaine prudence, Je ne te dois plus rien ; Une heureuse ignorance
Est ma science; Jésus et son enfance
Est tout mon bien.
Jeune, j'étois trop sage.
Et voulois tout savoir; Je n'ai plus en partage
Que badinage, Et touche au dernier âge
Sans rien prévoir.
Au gré de ma folie Je vais sans savoir où :
Tais-toi, philosophie;
Que tu m'ennuie !
Les savants je défie :
Heureux les tous :
Quel malheur d'être sage,
38<i POÉSIES.
inserver ce moi, : e dur et sauvage, Trompeur volage I 1 1 le rude esclavage Que «Têtro à soi !
Loin de toute espérance, le Ni- en pleine paix; .le n'ai ni confiance,
Ni défiance; Mais l'intime assurance
Ne meurt jamais.
Amour, toi seul peux dire Par quel puissant moyen Tu fais, sous ton empire.
Ce doux martyre Où toujours l'on soupire
Sans vouloir rien.
Amour pur, on t'ignore, Un rien te peut ternir :
Le dieu jaloux abhorre
Que je l'adore, Si, m'offrant, j'ose encore
Me retenir.
0 Dieu ! ta foi m'appelle, Et je marche à lAtons ; Elle aveugle mon zèle,
Je n'entends qu'elle; Dans ta nuit éternelle
Perds ma raison.
Content dans cet abîme
Où l'amour m'a jeté,
Je n'en vois plus la cime,
El Dieu m'opprime; .Mais je suis la victime
De vérité.
État qu'on ne peut peindre!
Ne plus rien désirer.
Vivre sans se contraindre
Et sans se plaindre ; Enfin ne pouvoir craindre
De s'égarer.
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