‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 24 sur 236 · XXIV NOTICE SUR FÊNELON · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE SUR FÊNELON

que non toujours également, ce qui l'oblige en tout état, quoique non à tout moment, à demander force contre les tentations.

VIII. Toutes ces propositions sont de la foi catholique, expressément contenues dans le symbole des apôtres et l'oraison dominicale, qui est la prière commune et journalière de tous les enfant" de Dieu ; de même expressément définies par l'Église, comme celle de la demande de la rémission des péchés et du don de la persévérance, et celle du combat de la convoitise, dans les conciles de Carthage, d'Orange et de Trente : ainsi les propositions contraires sont formellement hérétiques.

IX. 11 n'est pas permis à un chrétien d'être indifférent pour son salut ni pour les choses qui y ont rapport. La sainte indifférence chrétienne regarde les événements de cette vie (à la réserve du péché) et la dispensation des consolations ou sécheresses spirituelles.

X. Les actes mentionnés ci-dessus ne dérogent point à la grande perfection du christianisme, et ne cessent pas d'être parfaits pour être aperçus, pourvu qu'on en rende grâce à Dieu et qu'on les rapporte à sa gloire.

XI. Il n'est pas permis au chrétien d'attendre que Dieu lui inspire ces actes par voie et inspiration particulière; et il n'a besoin pour s'y exciter que de la foi qui lui fait connaître la volonté de Dieu signifiée et déclarée par ses commandements, et des exemples des saints, en supposant toujours le secours de la grâce excitante et prévenante. Les trois dernières propositions sont des suites manifestes des précédentes, et les contraires sont téméraires et erronées.

XII. Par les actes d'obligation ci-dessus marqués, on ne doit pas entendre toujours des actes méthodiques et arrangés; encore moins des actes réduits en formules et sous certaines paroles, ou des actes inquiets et empressés; mais des actes sincèrement formés dans le cœur, avec toute la sainte douceur et tranquillité qu'inspire l'esprit de Dieu.

XIII. Dans la vie et dans l'oraison la plus parfaite, tous ces actes sont mis dans la seule charité en tant qu'elle anime toutes les vertus et en commande l'exercice, selon ce que dit saint Paul : a La charité souffre tout, elle croit tout, elle espère tout, elle soutient tout. » Or, on en peut dire autant des autres actes du chrétien, dont elle règle et prescrit les exercices distincts, quoiqu'ils ne soient pas toujours sensiblement et distinctement aperçus.

XIV. Le désir qu'on voit dans les saints, comme dans saint Paul ef dans les autres, de leur salut éternel et parfaite rédemption, n'est pas seulement un désir ou appétit indélibéré, mais, comme l'appelle le même sain! Paul, une bonne volonté que nous devons former et opérei librement en nous avec le secours de la grâce, comme parfaitement conforme à la volonté de Dieu. Cette proposition est clairement révélée et la contraire est hérétique.

XV. C'est pareillement une volonté conforme à celle de Dieu et absolument nécessaire en tout état, quoique non à tout moment, de vouloir ne pécher pas; et non-seulement de condamner le péché, mais encore de regretter de l'avoir commis, et de vouloir qu'il soit détruit en nous par le pardon.

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