‹ Œuvres choisies (volume 5)Chapitre 31 sur 236 · Le P. Lacombe, Analyse. - 6. Mme Guyon . Moyen court · texte numérisé non relu

Le P. Lacombe, Analyse. - 6. Mme Guyon . Moyen court

NOTICi: r-:> FÉNELON. XXXI

croyance, sans ornement ni artifice. C'est le livre de l'Explication des maeifnes des saints, qui avait paru le mois précédent. L'évêque de Meaux ayant amassé contre lui les doctrines les plus exagérées des faux mystiques, il crut qu'on serait frappé de la différence entre la spiritualité qu'il admettait, et les excès qu'on affectait de rappeler à propos de lui. Ses amis l'espérèrent également. Le duc de Chevreuse ne quitta pas l'imprimerie pendant .qu'on travaillait à composer les premiers exemplaires. Il s'agissait de gagner Bossuet de vitesse. Tout le petit troupeau était en attente de ce livre qui devait être pour eux une délivrance et une victoire. Fénelon avait pris toutes les précautions possibles pour n'offenser aucun théologien. Il s'était même assuré de '.'approbation du plus important de ses adversaires après Bossuet. en soumettant le manuscrit à l'archevêque de Paris (de Noailles), qui le garda trois semaines, et l'examina scrupuleusement avec M. de Beaufort son grand vicaire. Fénelon retoucha en sa présence tout ce qu'il avait marqué avec un crayon. L'archevêque, touché de tant confiance, ne put s'empêcher de dire peu de jours après au duc de Chevreuse «qu'il ne trouvait à M. de Cambrai qu'un défaut, celui d'être trop docile. » Fénelon a écrit cela dans sa Réponse à la Relation sur lequiétisme, sans avoir été contredit. M. de Noailles désira pour surcroît de précaution qu'il montrât ?on livre à M. Pirot. docteur en Sorbonne, avec lequel Fénelon en usa de même; et M. Pirot, charmé du livre et de l'auteur, déclara que le livre était tout a"or. C'est ce même Pirot que le Parlement donna pour confesseur à la marquise de Brinvilliers. Enfin M. Tronson, qui avait vu le manuscrit, et qui était un juge sévère, et sévère surtout pour ses amis, comme tous les gens de bien, était d'accord avec l'archevêque pour trouver le livre correct et utile. Ce même livre a été condamné à Rome, et plusieurs de ceux qui l'avaient approuvé de bonne foi, ont été aussi de bonne foi les plus ardents à le combattre. Voilà les procès de tendance, et l'excuse de bien des chefs d'école. Le cardinal Bona, en 1670, avait approuvé le livre de Malaval. La Guide spirituelle de Molinos parut avec l'approbation de l'évêque de Païenne; Y Augustinus était publié depuis deux ans et Jansénius était mort quand on lui fit son procèy, le livre du P. Quesnel se produisit sous les auspices de plusieurs évêques; Bossuet avait composé une préface apologétique pour ce livre qui fut si solennellement condamné ; la quatrième édition portait l'approbation de ce même archevêque de Paris, qui depuis le condamna, comme il approuva et condamna tour à tour le livre des Maximes des saints.

Cet ouvrage ne fit qu'approfondir dans le public la disgrâce de Fénelon. Les esprits prévenus firent les mêmes rapprochements que Bossuet, et imputèrent à Fénelon des conséquences auxquelles il ne pensait pas. On s'intéresse pour un accusé par sympathie pour la personne; mais une doctrine a toujours mauvaise grâce à se trouver réduite à la défensive. Le décri fut universel. Mme de Maintenon crut devoir avertir le roi de la lutte qui s'établissait entre les plus illustres évêques de la cour. Bossuet vint «lui demander pardon de ne lui avoir pas révélé plus tôt le fanatisme de son confrère » L'abb^ de Rancé

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