‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 134 sur 293 · III. — Dans la forêt · texte numérisé non relu

III. — Dans la forêt

Quelqu'un qui s'y serait perdu ce soir, verrait Quelque chose d'étrange au fond de la forêt ;

I . Amadis, surnommé le Chevalier du lion, est le héros du célèbre roman en prose, Amadis '■ Gaule, écrit, moitié en espagnol, moitié en français, par divers auteurs (xv« siècle).

Où? Dans l'ancien manoir de Corbus.

L'herbe verte, Le lierre, le chiendent, l'églantier sauvageon, Font, depuis trois cents ans, l'assaut de ce donjon ; Le burg, sous cette abjecte et rampante escalade, Meurt, comme sous la lèpre un sanglier malade ; Il tombe ; les fossés s'emplissent des créneaux ; La ronce, ce serpent, tord sur lui ses anneaux ; Le moineau franc, sans même entendre ses murmures, Sur ses vieux pierriers morts vient becqueter les mûres ; L'épine sur son deuil prospère insolemment ; Mais, l'hiver, il se venge ; alors, le burg dormant S'éveille, et, quand il pleut pendant des nuits entières, Quand l'eau glisse des toits et s'engouffre aux gouttières, Il rend grâce à l'ondée, aux vents, et, content d'eux, Profite, pour cracher sur le lierre hideux. Des bouches de granit de ses quatre gargouilles.

Corbus voit rarement au loin passer un homme. Seulement, tous les quinze ou vingt ans, l'économe Et l'huissier du palais, avec des cuisiniers Portant tout un festin dans de larges paniers. Viennent, font des apprêts mystérieux, et partent ; Et, le soir, à travers les branches qui s'écartent. On voit de la lumière au fond du burg noirci, Et nul n'ose approcher. Et pourquoi? Le voici :

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