‹ OEuvres choisies illustréesChapitre 188 sur 293 · L'AIGLE DU CASQUE · texte numérisé non relu

L'AIGLE DU CASQUE

O SINISTRES FORÊTS, vous avez vu ces ombres

Passer l'une après l'autre, et, parmi ces décombres.

Vos ruines, vos lacs, vos ravins, vos halliers.

Vous avez vu courir ces deux noirs chevaliers ;

Vous avez vu l'immense et farouche aventure ;

Les nuages, qui sont errants dans la nature.

Ont eu cette épouvante énorme au-dessous d'eux ;

La victoire fut sourde et l'exploit fut hideux ;

Et l'herbe et la broussaille et les fleurs et les plantes

Et les branches en sont encor toutes tremblantes ;

L'arbre en parle au rocher, l'antre en parle au menhir ;

Le vieux mont Lothian ' semble se souvenir ;

Et la fauvette en cause avec la tourterelle.

Et maintenant, disons ce que fut la querelle

Entre cet homme fauve et ce tragique enfant.

Le fond, nul ne le sait. L'obscur passé défend

Contre le souvenir des hommes l'origine

Des rixes de Ninive et des guerres d'Egine,

Et montre seulement la mort des combattants

Après l'échange amer des rires insultants ;

Ainsi les anciens chefs d'Ecosse et de Northumbre

Ne sont guère pour nous que du vent et de l'ombre ;

Ils furent orageux, ils furent ténébreux,

C'est tout ; ces sombres lords se dévoraient entre eux ;

L'homme vient volontiers vers l'homme à coups d'épée

Bruce ' hait Baliol comme César Pompée ;

Pourquoi ? Nous l'ignorons. Passez, souffles du ciel.

Dieu seul connaît la nuit.

Le comte Strathaël, Roi d'Angus, pair d'Ecosse, est presque centenaire. Le gypaète cache un petit dans son aire. Et ce lord a le fils de son fils près de lui ; Toute sa race, ainsi qu'un blême éclair a lui. Et s'est éteinte ; il est ce qui reste d'un monde : Mais Dieu près du front chauve a mis la tête blonde,

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