D RAMES EN VERS
Extraits suivis
La Préface et le drame.
« Il est évident que ce drame, dans ses proportions actuelles, ne pourrait s'encadrer dans nos représentations scéniques. Il est trop long. » Ainsi parlait Victor Hugo ^, en publiant (décembre 1827) ce Cromwell en cinq actes et en vers, qui ne pourrait être joué que si une main savante et pieuse y pratiquait les coupures nécessaires. Cromwell n'a pas moins de six mille cinq cents vers ! . . . Le poète l'avait bien, « dans toutes ses parties, composé pour la scène », mais, déclarait-il encore, il l'avait écrit en se livrant» libre et docile aux fantaisies de la composition, au plaisir de la dérouler à plus larges plis... -)->. Pourquoi? Parce qu'en étudiant son sujet, « il reconnut ou crut reconnaître l'impossibilité d'en faire admettre une reproduction fidèle sur notre théâtre,... entre le Charybde académique et le Scylla administratif, entre les juges littéraires et la censure politique^. Il fallait opter : ou la tragédie pateline, sournoise, fausse, et jouée, ou le drame insolemment vrai, et banni. La première chose ne valait pas la peine d'être faite; il a préféré tenter la seconde*... » Victor Hugo ajoutait du reste — et le trait final ne manquait pas d'esprit : — « S'il arrivait que la censure dramatique, comprenant combien cette innocente, exacte et consciencieuse image de Cromwell et de son temps est prise en dehors de notre époque, lui permît l'accès du théâtre, l'auteur, mais dans ce cas seulement, pourrait extraire de ce