Ibidem
3. N'oublions pas la date, et songeons à l'époque où ces lignes furent écrites. La I censure politique », c'était encore celle de la monarchie dite t légitime », de la Restauration ; et « les jurys littéraires », c'était notamment le comité de lecture de la Comédie française, habitué à la tragédie classique.
4 Préface de Cromwell.
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drame une pièce qui se hasarderait alors sur la scène, et serait sifflée».
Il avait commencé d'écrire Cromz^^^// en 1826, et il eut même l'occasion, cette année-là, d'en lire deux scènes * au grand tragédien Talma, qui s'écria : « Dépéchez- vous de finir votre drame, j'ai hâte de le jouer-». Mais, quelque temps après, « Talma était mort "^ ».
La longue Préface avec laquelle parât le drame est demeurée célèbre, comme le manifeste de l'école romantique ; et, de fait, classiques et romantiques se battirent autour de ces pages ardentes, plus même qu'autour du drame.
Théophile Gautier, dans ^on Histoire du romanhsîne, n'a pas exagéré en disant : « La Préface de Cromwell rayonnait à nos yeux comme les Tabl-s de la Loi sur le Sinaï, et ses arguments nous semblaient sans réplique ».
Malheureusement, il n'en va pas tout à fait de même aux yeux de l'historien et du critique, qui doivent signaler dans cette longue profession de foi littéraire — très vivement et brillamment écrite — des erreurs graves et" des contradictions. Les principales erreurs se trouvent résumées dans ces phrases impérieuses : « La poésie a trois âges dont chacun correspond à une époque de la société : l'ode, l'épopée^ le drame. Les temps primitifs sont lyriques, les temps antiques sont épiques, les temps modernes sont dramatiques... Et cette triple poésie découle de trois grandes sources : la Bible, Homère, Shakspeare ». Or, la Bible, au moins dans ses premiers hvres, n'est pas l3Tique, mais épique ; et l'on ne peut, au contraire, quahfier d'épiques les temps antiques qu'en sacrifiant à V Iliade et à l'Odyssée tout ce que nous savons ou possédons de la poésie lyrique grecque et de la tragédie des Eschyle, Sophocle et Euripide. Quant aux temps modernes, autrement dits chrétiens, il faudrait les plaindre de n'avoir pu produire de belles œuvres poétiques avant la venue de Shakespeare, autrement dit avant la fin du seizième siècle. Mais passons...
La seconde partie de la Préface, dirigée contreja tragédie classique, et notamment contre les fameuses unités de lieu et de temps, est pleine de remarques excellentes... Et par
1. La quatrième de Tacte HI (entre Cromwell et Milton), et la treizième du même acte (entre Davenant et Cromwell).