‹ Œuvres choisiesChapitre 29 sur 149 · W) E P IT RE C I N Q U I È M E · texte numérisé non relu

W) E P IT RE C I N Q U I È M E

C'est donc vous seul que sans contrainte. Et sms intérêt, et sans feinte , J'appelle en ces bois enchantés , Moins révérend qu'aimable père, Vous dont res[)rit, le caractère, Et les airs ne sont point montés Sur le ton sottement austère De cent tristes paternités, Qui, manquant du talent de phiiro Et de toute légèreté.

Pour dissimuler la misère D'un esprit sans aménité, D'une sagesse minaudière Affichent la sévérité , Et ne sortent de leur tanière Que sous la lugubre bannière De la grave formalité • Vous, dis-je, ce père vanté, Vous, ce philosophe tranquille.

De Minerve l'heureux pupille, Et l'enfant de la liberté.

Comment donc avez-vous quitté Les délices de cet asile Pour aller reprendre à la ville Les chaînes de la gravité?

Amant et favori des Muses, Et paresseux conséquemmenl, Je ne vous trouve point d'excuses Pour avoir fui si promptemen' .

Le désir des bords de la Seine Soudain vous auroit-il repris?

AU P. BOUGEANT. III

Non, aux lieux d'où je vous écria

Je me persuade sans peine

Qu'on peut se passer de Paris.

Héritier de l'antique enclume

De quelque pédant ignoré,

Et, pour reforger maint volume

Aux antres latins enterré,

Iriez-vous. comme les Saumaiscs,

Immolant aux doctes fadaises

L'esprit et la félicité,

Partager avec privilège

Des patriarches du collège

L'ennuyeuse immortalité?

Non, l'esprit des aimables sages

N'est point né pour les gros ouvrages

Souvent publics incognito;

Le dieu- du goût et du grnie

A rarement eu la manie

Des honneurs de Vin-folio.

Quoi! sur votre philosophie,

Que les rayons de l'enjoûment

Faisoient briller d'un feu charmant.

La profane mélancolie

Auroit-elle, malgré les jeux,

Porté ses nuages affreux?

Martyr de la misanthropie ,

Fuiriez-vous ce peu d'agréments

Qui nous fait supporter la vie.

Les entretiens oià tout se plie

Au naturel des sentiments ,

Les doux transports de l'harmonie j

ut EPITRE CINQUIEME.

Et les jeux de la poésie, Enfin tous les enchantements De la meilleure compagnie?

Et par quelle bizarrerie, A:i chorète casanier, Pour aller encore essuyer L'éternité du vin de Brie, Auriez-vous quitté le nectar D'Aï, d'Arbois, et de Pomar?

Non, vous tenez de la nature Un jugement trop lumineux ; Vous avez trop cette tournure Qui fait et le sage et l'heureux, Pour vous condamner au silence.

Loin de ces biens et de ces jeux, Dont la tranquille jouissance, i'roscrite chez le peuple sot. Distingue le mortel qui pense De l'automate et du cagot :

Et quand l'esprit mélancolique Pourroit des ennuis ténébreux Dans une âme philosophique Verser le poison léthargique, Ce n'eût point été dans ces lieux, Dans un temple de l'allégresse.

Que le bandeau de la tristesse Se fût répandu sur vos yeux.

Mais pourquoi donner au mystère, Pourquoi reprocher au hasard \)Z ce prompt et triste départ La cause trop involontaire?

AU P. BOUGEANT. •»'

Oui, VOUS seriez encore à nous Si vous étiez vous-même à vous.

Si j'écrivois à quelque belle , Je lui dirois peut-être aussi Que depuis sa fuite cruelle Les oiseaux languissent ici; Que tous les amours avec elle Ont fui nos champs à tire-d'aile; Qu'on n'entend plus les chalumeaux ; Qu'on ne connoit plus les échos; EnQn la longue kyrielle De tout le phébus ancien :

Kt sans doute il n'en seroit rien ; Tous nos moineaux à l'ordinaire Vaqueroient à leurs fonctions; Sans chagrines réflexions

Les amours songeroient à plaire,

Myrtile, toujours plus heureux,

Uniroit son chiffre amoureux

Avec celui de sa bergère;

Et les ruisseaux apparemment

Entre les fleurs et la fougère

N'en iroient pas plus lentement :

Mais, sans ces f.ideurs de l'idyllo,

Je vous dirai fort simplement

Que jamais ce séjour tranquille

N'a vu l'automne plus charmant;

Loin du tumulte qu'il abhorre,

Le plaisir avec chaque aurore

Renaît sur ces vallons chéris;

Des guirlandes do la Jeunessa

U4 ÉPlTRE CINQUIÈME.

Les IJis couronnent la Sagesse, La Sagesse enchaîne les Ris; Et, pour mieux varier sans cesse L'uniformité du loisir, Un goût guidé par la finesse Vient unir les arts au plaisir, Les arts que permet la paresse.

Ces arts inventés seulement Pour occuper l'amusement.

Tour à tour, d'une main facile, On tient le crayon, le compas.

Les fuseaux, le pinceau docile, Avec l'aiguille de Pallas; Et pendant tout ce badinage.

Qu'on honore du nom d'emploi, D'autres paresseux avec moi Font un sermon contre l'ouvrage ; Ou, sans projet, sans autre loi Que les erreurs d'un goût volage.

Sages ou fous à l'unisson Joignent la flûte à la trompette, Le brodequin à la houlette, Et le sublime à la chanson.

Hors la louange et la satire, Tout s'écrit ici, tout nous pluîf Depuis les accords de la lyre Jusqu'aux soupirs du flageolet, Et depuis la langue divine De Slaiebranche et de Racine Jusqu'iiu folâtre triolet.

Que l'insipide symétrie

AU P. BOUGEANT. Ho

Règle la ville qu'elle ennuie Que les temps y soient concerta Et les plaisirs même comptés, La mode, la cérémonie, Et l'ordre et la monotonie, Ne sont point les dieux des lianiea >;: Au poids de la frisle satire On n'y pèse point tous les mots, Et si l'on doit blâmer ou rire, Tout ce qui plaît vient à propos; Tout y fait des plaisirs nouveaux, Le hasard, l'instant les décide :

Sans regretter l'heure rapide Qui naît, qui s'envole soudain.

Et sans prévoir le lendemain, Dans ce siience solitaire.

Sous l'empire de l'agrément.

Nous ne nous doutons nullement Que déjà le nuir Sagittaire, Couronné de tristes frimas, Vient bannir Flore désolée.

Et qu'avec Pomone exilée L'iistre du jour fuit nos climats.

Oui, malgré ces métamorphoses, Nos bois semblent cncor naissants; Zéphyr n'a point (piilté nos champs, Nos jardins ont encor des roses; Où régnent les amusements Il est toujours des fleurs écloses, Et les plaisirs font le printemps-. Échappé de votre ermitage,

Et sur ce fortuné rivage Porté par les songes légers, Voyez la nouvelle parure Dont s'embellissont ces vergers', Élève ici de la Nature, L'Art, lui prêtant ses soins brillants, Y forme un temple de verdure A. la Déesse des talents.

Sortez du sein des violettes, Croissez, feuillages fortunés, Couronnez ces belles roirailos, Ces détours, ces routes secrètes.

Aux plus doux accords destincsl Ma muso, jîoi.r vous attendrie, D'une cliaa'ijdnle rêverie Subit déjà î'aimable loi; Les bois., ^es vallons, les montagnes.

Toute la scène des campagnes Prend une âme, et s'orne pour moi.

Aux yeux de l'ignare vulgaire Tout est mort, (oui est solitaire, Un bois n'est qu'un sombre réduit, Un ruisseau n'est qu'une onde claire, Les zéphyrs ne sont que du bruit • Aux yeux que Calliope éclaire Tout brille, tout pense, tout vit; Ces ondes tendres et plaintives, Ce sont des nymphes fugitives

1. Bosquet de Minerve, récemment ajouté an jardin de C*, dessiné par le célobre Le Nôtre.

AU p. BOUGEANT.

Oui cherchent à se dé.u'ager De Jupiter pour un ber.ger; Ces fougères sont animées.

Ces fleurs qui les parent toujours, Ce sont des belles transformées; Ces pn pillons sont des Amours.

Biais pourquoi ma raison oisive, D'une musc qui la captive Suivant les caprices légers, ( herche-t-elle sur cette rive Des objets au sage étrangers.

Sans fixer sa vue attentive Sur l'exemple de ces bergers?

Si dans l'imposture éternelle De nos mensonges enchanteurs Il reste encor quelque étincelle De la nature dans nos cœurs.

Sauvés du séjour des prestiges, Et cherchant ici les vestiges De l'an'.ique simplicité, Sans adorer de vains fantômes.

Décidons si ce que nous sommes Vaut ce que nous avons été; Et si, malgré leur douceur pure.

Ces biens pour toujours sont perdus, Voyons-en du moins la figure.

Comme on aime à voir la peinture De quelque belle qui n'est plus.

Oui, chez ces bergers, sous ces liè.jo^, J'ai vu dans la frugalité Les dépositaires, les maîtres

il^ ÉPITRE CINQUIÈME.

D3 la douce félicilc ;

TcTÎ vu, dans les fêtes champêtres,

î'ai vu la pure Volupté

Descenrlre ici sur les cabanes,

Y répandre un air de gai té,

De douceur et de vérité,

Que n'ont [loint les plaisirs profanes

Du luxe et de la dignité.

Parmi le faste et les grimaces Qu'entraînent les fêtes des cours, Tliémirc, dans ses plus beaux jours, Avec de l'esprit et des grâces, S'ennuie au milieu des Amours :

Ici j'ai vu la tendre Lise, A peine en son quinzième été, Sans autre esprit que la franchise, Sans parure que la beauté.

Plus heureuse, plus satisfaite D'unir avec agilité Ses pas au son d'une musette, Et, parmi les plus simples jeux, Portant le plaisir dans ses yeux Écrit des mains de la nature Avec de plus aimables feux Que n'en peut prêter l'imposture A l'œil trompeur et concerté D'une coquette fastueuse, Oui, par un sourire emprunté.

Dans l'ennui veut paroitre heureuse, Et jouer la vivacité.

Qu'on censure ou qu'on favorise

AU P. BOUGEANT. 119

Ce goût d'un bonlieur innocent; Pour répondre à qui le nié[)rise, Qu'il nous suffise que souvent, Pour fuir un tumulte brillant, Thémire voudrolt être Lise, Et voler du sein des grandeurs Sur un lit de mousse et de fleurs.

Feuillage antique et vénérable.

Temple des bergers de ces lieux, Orme heureux, monument durable De la pauvreté respectable.

Et des amours de leurs aïeux; 0 toi qui, depuis la durée De trenle lustres révolus, Couvres de ton ombre sacrée Leurs danses, leurs jeux ingénus, Sur ces bords, depuis ta jeunesse Jusqu'à cette verte vieillesse, Vis-tu jamais changer les mœurs, Et la félicité première Fuir devant la fausse lumière De mille brillantes erreurs?

Non ; chez cette race fidèle Tu vois encor ce pur flambeau Do l'innocence naturelle Que tu voyois briller chez elle Lorsque tu n'étois qu'arbrisseau ; Et, pour bien peindre la mémoire De ces mortels qui t'ont planté, Tu nous offres pour leur histoire Les mœurs de leur postérité.

Triomphe, règne sur les âges; Échappe toujours aux ravages D'Éole, du fer, et des ans; Fleuris jusqu'au dernier printemps, Et dure autant que ces rivages; Au cl;ôn?, au cèdre faslucux Laisse les tristes avantages D'orner des pahiis somptueux • Les lambris couvrent les faux sages, Tes rameaux couvrent les heureux.

Tandis qu'instruit par la droiture Et par la smiple vérité, Mon esprit, toujours enchante, Pénètre au sein de la nature, Et s'y plonge avec volupté; Hélas! par une loi trop dure, Poussés vers l'éternelle nuit.

Le plaisir vole, le temps fuit, Et bientôt sous sa faux raj)idc, Ainsi que les jardins d'Annidc, Ce lieu pour nous sera détruit.

Trop tôt, hélas! les soins pénibles. Les bienséances inflexibles, Revendiquant leurs tristes droits, N'iendronl; profciner cet asile.

Et, nous arrachant de ces bois.

Nous replongeront pour six mois Dans l'affreux chaos de la ville, Et dans cet éternel fracas De riens pompeux et d'embarras.

Qui, pour tout esprit raisonnable

Au P. BOUGEANT 121

Sujets de gène et de pilié, Ne sont que le jeu misérable D'un ennui diversifié!

Mais outre ces peines communes Qui nous attendent au retour, Outre les cliaines importunes Et de la ville et de la cour, Il est un fatal apanage De dégoûts cncor plus nombreux.

Qu'au retour des champêtres lieux Le funeste Apollon ménage A ses élevés malheureux.

Au milieu d'un monde frivole, Dont les nouveautés sont l'idole.

Déjà je me vois revenu, Et, pour le malheur de ma vie, l'ar l'importune poésie malgré moi-même un peu connu, Déjà j'entends les périodes, Lt les questions incommodes De ces furets de vers nouveaux, De ces copistes généraux, Qui, persuadés que l'étude I\Ie tient absent depuis trois mois, Vont s'imaginer que je dois Le tribut de ma solitude A l'oisiveté de leur voix.

« Hé bien! » me dit l'un, dont l'idylle Ench;inte l'esprit doucereux, « Sans doute, élève de Virgile, « Sur des pipeaux harmonieux,

« De Lycidas et d'Amaryle « Vous aurez soupiré les feux?

a Vous aurez chanté les beaux veux, a Les premiers soupirs de Sylvie, « Et des bouquets de la prairie « Vous aurez orné ses cheveux ? »

a Qu'apportez-vous? point de mystère, J> Me vient dire avec un souris Quelque suivant de beaux esprits, Insecte et tyran du parterre, '( L'ouvrage est-il pour Thomassin, « Pour l'élissier, ou pour Gaussin? »

Je fuis, j'échapp'^ à la poursuite De ces colporteurs trop communs.

Suis-je plus heureux dans ma fuite?

D'autres lieux, d'autres importuns!

« Enfin, dit-on, de votre absence, « Revenez-vous un peu changé ?

« Du sommeil de la négligence « Votre esprit enfin dégagé « Immolera-t-il l'indolence « Aux succès d'un travail rangé ? t Ainsi déclame sans justesse Contre les droits de la paresse Un froid censeur, qui ne sent pas Que sans cet air de douce aisance JSfes vers perdroient le peu d'appas Oui leur a gagné l'indulgence Des voluptueux délicats.

Des meilleurs paresseux de France, Les seuls juges dont je fais cas.

AU P. BOUGEANT

Par l'étude, par l'art suprême, Sur un froid pupitre amaigris, D'autre? orneront leurs écrits :

Pour moi, dans cette gêne extrême, Je verrois mourir mes esprits.

On n'est jamais bien que soi-même ; Et me voilà tel que je suis.

Imprimés, affichés sans cesse, Et s'entre-chassant de la presse, Mille autres nous inonderont D'un déluge d'écrits stériles.

Et d'opuscules puériles.

Auxquels sans doute ils survivront A cette abondance cruelle Je veux toujours, en vérité.

Et de La Fare et de Chapelle Préférer la stérilité :

J'aime bien moins ce chêne énorme Dont la tige toujours informe S'épuise en rameaux superflus.

Que ce myrte tendre et docile , Qui, croissant sous l'œil de Vénus, îs"a pas une feuille inutile.

S'épanouit négligemment.

Et se couronne lentement.

Il est vrai qu'en quittant la ville J'avois promis que, plus tranquille, Et dans moi-même enseveli, Je sauro^^ disciple d'Horace, Unir les nymi'hes du Parnasse Aux bergères de Tivoli.

J'avois promis : mais tu t'abuses Si tu comptes sur nos discours; Cher ami, les serments des Muscs Ressemblent à ceux des Amours.

Dans la tranquillité profonde Du philosophe et du berger Trois mois j'ai vécu, sans songer Qu'Apollon fût encore au monde ; Et je t'avoue ingénument Que très-peu fait à voir l'aurore, Que j'aperçois dans ce moment, Je ne la verrois point éclore Dans ce champêtre éioignement, Si des volontés que j'adore, Pour me faire rimer encore, Ne valoient mieux que mon sermej.t.

Toi, dont la sagesse riante Souffre et seconde nos chansons, Ami, sur ta lyre brillante Prépare-nous les plus doux sons Dès qu'entraînés par l'habitude Au séjour de la multitude, Nous aurons quitté ce canton, Chez un élève d'Uranie, Entre les fleurs et l'ambroislo, Entre Démocrite et Platon, De ta vertu toujours unie Nous irons prendre des leçons, Et t'en donner de la folie.

Que la bonne philosophie Pcrmot à ses vrais nourrissons.

AU P. BOUGEANT

Celte anacréonlique orgie,

Livrée à la vive énergie

Du génie et du sentiment,

Ne sera point assurément

De ces fûtes sombres et graves

Où périt la vivacité,

Oij les agréments sont esclaves

Et s'endorment dans les entraves

De la pesante autorité;

Nous n'y choisirons point pour gui-lo

Cette raison froide et timide

Qui toise impitoyablement

Et la pensée et le langage,

Et qui sur les pas de l'usage

Rampe géométriquement.

Loin du mystère et de la gône,

Pensant tout haut et sans efTort,

Admettant la raison sans peine,

Et la saillie avec transport,

D'uue ville tumultueuse

Nous adoucirons le dégoût.

La raison est partout heureuso,

Le bonheur du sage est partout '

Et, puisqu'il faut du ton sloïque

Égayer la sévérité,

La ville, malgré ma critique.

Et l'éloge du sort rustique ,

Rcverra mon cœur enchanté.

Dans ses caprices agréables,

Et dans son brillant le plus t.ir.x,

Paris a des charm.cs semblables

lîS

i*P ÉPIT RE CINQUIEME.

A ces coquettes adorables

Qu'on aime avec tous leurs défauts.

Mais quoi! tandis que ma pensée.

Plus légère que le Zéphyr, Folâtre à la fois et sensée, Vole sur l'aile du Plaisir, Dieux! quelle nouvelle seméo Subitement dans l'univers Vient glacer mon âme alarmée, Et quelle main de feux année Lance la foudre sur mes vers?

Sur un char funèbre portée, Des Grâces en deuil escortée, La Renommée en ce moment M'apprend que la Parque inhumaine, Sur les tristes bords de la Seine, Vient de plonger au monument Des mortels le plus adorable *, L'ami de tout heureux talent Et de tout ce qui vit d'aimable, Le dieu même du sentiment.

Et l'oracle de l'agrément.

0 toi! mon guide et mon modèle, Durable objet de ma douleur, Toi qui, malgré la mort cruelle, Respires encor dans mon cœur, Illustre Ariste, ombre immortelle, Ah! si du séjour de nos dieux.

Si, de ces brillantes retraites

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