I:t ce n'est point la fl;ilterie
Qui vous joint à ces noms brillants
Dans le temple de Polymnie;
Détestant le fade jargon
De la basse cajolerie,
.'e ne chante que la raison ,
',a vertu, l'âme, le génie;
Et je ne donne rien au nom,
A qui la foule sacrifie.
Oui, pi vous n'aviez à mes yeux
Que les rangs, les titres nombreux
Des ducs, des pairs, des connéUiblcs,
Mes hommages indépendants
N'inscriroient pas vos noms durables
Dans les fastes vainqueurs des temps;
Des esprits vrais et raisonnables.
Pensant par eux, invariables,
Malgré les phosphores divers
Et tous les pompons méprisables
Qui coiffent ce plat univers;
Des grands sans bassesse et sans airs.
Instruits sans cesser d'être aimables;
Des cœurs toujours irréprochables
Dans un séjour faux et pervers •
Voilà les héros véritables
Et de mon âme et de mes vers.
E ben sa Roma che Tonor piimiero >i nostre muse è lo splendor ciel vero. Glidi.
EPITRE SEIZlhME.
A M. DE TOURNEHEM
OIRECTEOR ET aRDONNATEUR GÉNÉRAL DES BATIMENTS DU EOI, SUR LA COLONNE DE l'HOTEL DB SOISSONS.
Vous à qui les enfants d'Apelle, De Phidias, de Praxitèle, Vont devoir des progrès nomeaux, Rendez à d'antiques travaux Une gloire toute nouvelle; Sauvez-les du sein des tombeaux Et qu'ils consacrent votre zèle.
Dans les ruines d'un palais Dont l'architecture grossière Ne pouvoit laisser de regrets En retombant dans la poussière, Vaste enceinte, informe carrière,
IG3 EPITRE seizième.
Qui n'offre plus que les débris Des murs qu'éleva Médicis; Il est un ouvrage durable, Que deux siècles ont respecté, Et dont notre âge est redevable Aux yeux de la postérité ; Cependant à son jour suprême Ce monument semble arrivé, Et peut-être en cet instant même Le fi r destructeur est levé.
Aux yeux d'un adjudicataire Qui calcule et ne pense pas, Cet ouvrage peu nécessaire N'est que du fer et qu'un amas De pierres qu'il vend à l'cnchcro :
Souffriroit-on ce trait honteux D'une gothique barbarie Dcins les jours les plus lumineux Des talents et de l'industrie?
Déjà cette ville chérie, Celte souveraine des arts Et des agréments de la vie.
Qui les verse de toutes parts Sur l'univers qui l'étudié Et tient sur elle ses regards; Paris, le temple du génie, Offre trop peu de monuments Oij Rome, Athène, Alexandrie, Consacroient les faiis éclatants, La puissance de la patrie, Et le témoignage des temps.
A M. DE TOURNEHEM. 189
Privés d'une magnificence
Si commune aux peuples divers
Qui régnèrent avant /a f'rnnce
Sur les arts et sur l'univers,
Verrions-nous dans notre indigence
Le vil intérêt, l'ignorance,
Prévonir les efforts des ans,
Et do nos embellissements
Précipiter la décadence
Dans ces mêmes jours si brillants
Oij l'heureuse Paix, l'Abondance,
Et tous les Plaisirs renaissants.
Vont ranimer d'intelligence
Tous les arts et tous les talent.-;?
Tandis qu'il en est temps enco:e.
Détournez d'odieuses mains,
Vous que l'archilecture implore
Contre leurs efforts inhumains;
Qu'échappée aux premiers outrages
Qui menacent ses fondements,
Cette colonne à tous les âges
Transmette d'illustres images
De la splendeur de notre temps,
Et pour de plus heureux usages
Reçoive d'autres ornements :
Car, dans mes craintes pour sa gloire,
Je ne regrette point ici
L'astrologique observatoire
Que Mcdicis avoil bâti
Pour le chimérique grimoire
De Gauric et de Ruggéri ;
Non, c'est déjà trop de l'iiistoiro Pour ces faits dignes de l'oubli, Sans que le ciseau doive aussi En éterniser la mémoire.
Qu'illustré, cliangé, rajeuni, Ce monument soit enriclii Des attributs de la victoire, Et que Lawfeit ou Fontenoi Y gravent l'immortelle gloire Et les travaux du plus grand roi.
La colonne qu'Apoliodore Jadis érigea pour Trajan De celle qui nous reste encore Nous d'cte l'usage et le plan; Rivale du cuUe héroïque Dont Rome honora les vertus, Que la COLONNE lodoïquk Oiïre d'aussi justes tributs.
TroD étranger dans l'apanage Et du Rrainante et du Rernin, Oserai-je de cet ouvrage Ébaucher un foible dessin?
C'est peut-ôtre une rêverie Que ma muse crayonnera; Mais c'est rêver pour la patrie.
Et l'objet me justifiera.
Au lieu de la sphère armillaire Que la colonne élève aux cieux, Flacons l'image auguste et chère D'un monarque victorieux, Et que ce phare lumineux
A M. DE TOURNEIIEM. 191
Au-dessus du rang ordinaire Des monuments de nos aVeux.
Sur le bronze et l'or, à nos yeux Présente l'astre tutélaire De tant de triomphes fameux.
Et tandis que ce noble hommage, Trophée unique en nos climats, El digne du goût de notre âge, Peindra les héros des combats, Qu'ailleurs une place immortelle S'élève au héros de la paix , Monument brillant et fidèle De l'amour, du respect, du zèle Et des talents de ses sujets; Les ministres de Calliope Y graveront le nom sacré D'un monarque, heureux, adoré.
Et le bieniaiteiir de i liurcue.