Phèdre, IV
Et la dernière main que met à sa beauté
Une femme allant en conquête, .
C'est un ajustement des mouches emprunté *.
Puis allez-moi * rompre la tête
De vos greniers ! — Avez-vous dit ?
Lui répliqua la ménagère.
\'ous hantez les palais ; mais on vous y maudt.
Et quant à g-oûter la première
De ce qu'on sert devant les dieux,
Croyez-vous qu'il ^ en vaille mieux ?
Si vous entrez partout, aussi font les profanes *. Sur la tête des rois et sur celle des ânes Vous allez vous planter, je n'en disconviens pas ;
Et je sais que d'un prompt trépas Cette importunité bien souvent est punie. Certain ajustement, dites-vous, rend jolie ; J'en conviens ; il est noir ainsi que vous et moi. Je veux qu'il ait nom mouche: est-ce un sujet pourquoi^
Vous fassiez sonner vos mérites ?
Nomme-t-on pas" aussi mouches les parasites ? Cessez donc de tenir un langage si vain ;
N'ayez plus ces hautes pensées.
Les mouches de cour' sont chassées ; Les mouchards sont pendus ; et vous mourrez de faim,
De froid, de lang-ueur, de misère.
Quand Phébus régnera sur un autre hémisphère. Alors je jouirai du fruit de mes travaux :
Je n'irai par monts ni par vaux
M'exposer au vent, à la pluie ;
Je vivrai sans mélancolie :
Le soin que j'aurai pris de soin * m'exemptera.
Je vous enseignerai par là
1. Des mouchea emprunté. Les 4. Profanes. Les gens du comfemmes mettaient sur leur visage mun font de même. Aussi. Lex. des petits morceaux de taiïetas Font. Lex.
noir, de la grandeur d'une aile de . Pourquoi. Lex.
mouche, pour faire ressortir la ■'
blanclieur de leur teint. C Nonime-t^on pas. Grammaire,