Les Gr.icfit lacrdi'nmnicnnrs. domaine
Les Lacédémoniens se piquaient C. l'Jn rapporte. Dans\(i Phédon*
tion de l'arrêt à cause de certaines fêtes ^Cébès * l'alla voir le jour de sa mort. Socrate lui dit que les Dieux l'avaient averti plusieurs fois, pendant son sommeil, qu'il devait s'appliquer à la musique^ avant qu'il mourût. Il n'avait pas entendu d'abord ce que ce songe signifiait : car, comme la musique ne rend pas l'iiomme meilleur, à quoi bon s'y attacher? Il fallait qu'il y eût du mystère làdessous : d'autant plus que les Dieux ne se lassaient point de lui envoyer la même inspiration. Elle lui était encore venue une de ces fêtes. Si bien qu'en songeant aux choses que le Ciel pouvait exiger de lui, il s'était avisé que la musique et la poésie ont tant de rapport, que possible* était-ce de la dernière qu'il s'agissait: il n'y a point de bonne poésie sans harmonie ; mais il n'y en a point non plus sans fiction; et Socrate ne savait que dire la vérité. Enfin il avait trouvé un tempérament ^ : c'était de choisir des fables qui continssent quelque chose de véritable, telles que sont celles d'Ésope. Il employa donc à les mettre en vers les derniers moments de sa vie.
Socrate n'est pas le seul qui ait considéré comme sœurs la poésie et nos fables. Phèdre a témoigné qu'il était de ce sentiment; et par l'excellence de son ouvrage, nous pouvons juger de celui du prince des philosophes. Après Phèdre, Aviénus® a traité le même sujet. Enfin les modernes les ont suivis. Nous en avons des exemples, non seulement chez les étrangers, mais chez nous. Il est vrai que. lorsque nos gens y ont travaillé, la langue était si différente de ce qu'elle est, qu'on ne les doit considérer que comme étrangers. Gela ne m'a point détourné de mon entreprise : au contraire, je me
1. A cause de certaines fêtes- c'est l'ensemljle des arts auxquels
C'était le moment de l'année où président les Muses. La Fontaine
l'on envoyait au temple d'Apollon, va prendre ce mot dans son sens
à Délos, une << théorie » ou ani- le plus restreint ; mais Soci'ate ne
iîassade solennelle ; on ne pouvait, s'y était pas trompé,
pendant son absence, exécuter un 4. Possible. Lex.
condamné. o. Un tenipt'ramcnt. Une conciliation.
Cebès. Disciple de Socrate a voir, Grammaire, place di om