‹ Œuvres choisiesChapitre 360 sur 507 · Matoise. Lex. 5. Ésope, ôs · texte numérisé non relu

Matoise. Lex. 5. Ésope, ôs

De se pendre, et finir * lui-même sa misère.

Puisque aussi bien sans lui la faim le viendrait faire :

Genre de mort qui ne duit ^ pas A gens peu curieux de goûter le trépas. Dans celte intention, une vieille masure Fut la scène où devait se passer l'aventure 11 y porte une corde, et veut avec un clou Au haut d'un certain mur attacher le licou'.

La muraille, vieille et peu forte, S'ébranle aux premiers coups, tombe avec un trésor. Notre désespéré le ramasse et l'emporte, Laisse là le licou, s'en retourne avec l'or. Sans compter: ronde ou non, la sonime plut au sire. Tandis que le galant* à grands pas se relire, L'homme au trésor arrive, el trouve son argent

Al)sent.

'( Quoi, dit-il. sans mourir je perdrai celte somme? Je ne me pendrai pas? Et vraiment si ^ ferai,

Ou de corde je manquerai. »

Le lacs ^ était tout prêt; il n'y manquait qu'un homme : Celui-ci se l'attache, et se pend bien et beau.

Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût pour lui fait les frais du cordeau. Aussi bien que l'argent le licou trouva maître.

L'avare rarement finit ses jours sans pleurs : Il a le moins d& part au trésor qu'il enserre,

Thésaurisant pour les voleurs.

Pour ses parents, ou pour la terre.

^L'iis que dire du troc' que la Fortune fit? Ce sont là de ses traits; elle s'en divertit. Plus le tour est bizarre, et plus elle est contente.

Cette déesse inconstante

Se mit alors en l'esprit

De voir un homme se pendre ;

Et celui qui se pendit

S'y devait le moins attendre.

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